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Les Aratars
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Dior
Modérateur général


Sexe: Inscrit le: 10 Aoû 2004 Messages: 3475 Localisation: Menegroth, deep under the sea
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Posté le: 14 Jan 2007 18:04 Sujet du message: [Article court] Aragorn : quand l'Estel rencontre la Mort |
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Aragorn : quand l’Estel rencontre la Mort
Le choix des noms des personnages du Légendaire tolkienien est rarement neutre, en ce qu’ils illustrent bien souvent une facette de ces personnages. Parmi ceux-ci, il en est un dont un des nombreux surnoms nous en apprend non seulement sur le personnage lui-même, mais également sur la mort, don d’Ilúvatar aux Hommes, à savoir Aragorn.
1. Estel, ou l’un des epessi d’Aragorn
Commençons donc avec cet autre nom d’Aragorn, Estel.Mais Ivorwen, sa femme, qui avait aussi le don de prévision, répondit : « La hâte n’en est que plus nécessaire ! Les jours s’assombrissent avant l’orage, et de grands événements vont venir. Si ces deux se marient maintenant, l’espoir peut naître pour notre peuple; mais s’ils attendent, il est possible qu’il ne vienne pas au cours de cet âge. »
[...]
Aragorn, à présent Héritier d’Isildur, fut alors emmené vivre avec sa mère dans la maison d’Elrond; et Elrond remplaça son père et vint à l’aimer comme son propre fils. Mais il fut appelé Estel, c’est-à-dire « L’Espoir », et ses véritables nom et lignage furent tenus secrets sur les instances d’Elrond; car le Sage savait alors que l’Ennemi cherchait à découvrir l’Héritier d’Isildur, s’il en restait un sur terre.
[...]
Et Arwen dit : « Noire est l’Ombre, et pourtant mon cœur se réjouit; car vous, Estel, vous serez parmi les grands dont la vaillance la détruira. »
Mais Aragorn répondit : « Hélas ! je ne puis le prévoir, et comment cela peut arriver m’est caché. Mais avec votre espoir, j’espérerai. Et l’Ombre, je la rejette entièrement. Mais le Crépuscule, Dame, n’est pas non plus pour moi; car je suis mortel, et si vous voulez vous attacher à moi, Étoile du Soir, au Crépuscule aussi, il vous faudra renoncer. »
Le Conte d’Aragorn et Arwen. Cet epessë n’est d’ailleurs pas sans rappeler les paroles prophétiques de la mère d’Aragorn :« Il peut encore y avoir de la lumière au-delà des ténèbres; et dans ce cas, je voudrais que tu la voies et sois heureuse. »
Mais elle ne répondit que par ce linnod :
Ónen i-Estel Edain, ú-chebin estel anim.*
[note de bas de page] « J’ai donné l’Espoir aux Dúnedain, je n’ai gardé aucun espoir pour moi-même. »
Ibid. 2. Estel ? Espoir ?
Quelle est cette lumière au-delà des ténèbres ? Quelle est cette raison pour laquelle le cœur se réjouit quand noire est l’Ombre ? Quel espoir y a-t-il lorsque les jours s’assombrissent avant l’orage ? est-ce juste :« Une attente du bien, qui, bien qu'incertaine, se fonde sur ce qui est connu ? Alors nous n'en avons pas. »
« C'est là une chose que les Hommes appellent ‘espoir’, » dit Finrod. « Amdir l'appelons-nous, ‘expectation’... »
Athrabeth Finrod ah Andreth. Il ne s’agit manifestement pas de ce genre d’espoir, étant donné que la situation des Dúnedain est vraiment désespérée et qu’Aragorn ne peut imaginer comment détruire l’Ombre. Non, il s’agit, comme cet autre nom d’Aragorn l’illustre, de l’Estel :« Mais il y a autre chose de plus profond. Estel l'appelons-nous, c’est-à-dire ‘confiance’. Il n'est pas défait par les manières du monde, car il ne vient pas de l'expérience, mais de notre nature et de notre être premier. Si nous sommes en effet les Eruhin, les Enfants de l'Unique, alors Il ne souffrira pas Lui-même d'être privé de Son bien, par quelque Ennemi que ce soit, même pas par nous-mêmes. Là est l'ultime fondation de l'Estel, que nous gardons même quand nous contemplons la Fin : de tous Ses desseins l'issue doit être au bénéfice la joie de Ses Enfants. »
Ibid. Tolkien s’est étendu plus longuement sur cette notion capitale de son Légendaire :Par conséquent, en fin de compte, les Elfes furent obligés de s'appuyer sur un « estel nu » (comme ils disaient) : la confiance en Eru, dans le fait que, quoi qu'Il ait imaginé au-delà de la Fin, ce serait reconnu par chaque fëa comme entièrement satisfaisant (au moins).
[...]
Plus probablement, ils n'étaient pas informés de la volonté ou du dessein d'Eru, qui paraît dans la tradition elfe demander deux choses de Ses Enfants (des deux Peuples) : foi en Lui, et en découlant, espérance ou confiance en Lui (appelée par les Eldar estel).
Commentaire sur l’Athrabeth. Espoir au-delà de l’espoir, en effet :Les années s’avancèrent ainsi vers la Guerre de l’Anneau, dont il est traité davantage ailleurs : comment fut révélé le moyen imprévu d’abattre Sauron et comment se réalisa un espoir au-delà de tout espoir.
Le Conte d’Aragorn et Arwen. Résumons donc : au sein du Légendaire, il est une distinction entre amdir et Estel, ce dernier étant « Espoir au-delà de l’espoir », « confiance en Eru ». Et dans une période très sombre, alors que le désespoir est si proche, quelqu’un reçoit le nom « Estel ». Il est donc « Espoir au-delà de l’espoir » et « confiance en Eru ».
3. Aragorn et l’acceptation de la Mort
Tournons-nous à présent vers l’acceptation de la mort par Aragorn. Ses ancêtres, les Númenóréens, ne pouvaient accepter la mort :Mais la peur de la mort grandissait en eux et ils la retardaient par tous les moyens possibles. Ils se mirent à construire pour leurs morts de grandes maisons où des savants travaillaient sans relâche à découvrir le moyen de les ramener à la vie ou au moins de prolonger les jours des Humains. Ils trouvèrent seulement l'art de préserver intacte la chair morte des hommes ; et ils remplirent le pays de tombes silencieuses où l'idée de la mort était enchâssée par la nuit.
Akallabêth. Cette peur est une erreur, clairement reliée à l’Estel :Pour ces raisons, on s'attendait à ce que les Elfes soient moins bien disposés que les Hommes envers le manque d'espérance (ou estel) des Hommes confrontés à la mort.
Commentaire sur l’Athrabeth. Aragorn ne redoute pas la mort, le Don des Hommes. Il sait que sa fin approche :Comme Reine des Elfes et des Hommes, elle demeura avec Aragorn durant cent vingt années de grande gloire et félicité; mais il ressentit enfin l’approche du grand âge, et il sut que les jours de sa vie touchaient à leur fin, si longs qu’ils eussent été.
Le Conte d’Aragorn et Arwen. Et il connaît les conséquences du refus de ce fait :« Pas avant mon temps, répondit-il. Car, si je ne pars pas maintenant, il me faudra le faire bientôt par nécessité. Et notre fils Eldarion est un homme tout à fait mûr pour la royauté. »
Ibid. Il a eu une vie exceptionnelle, a défait avec d’autres le Seigneur Ténébreux, a régné en « grande gloire et félicité », et il sait que c’est la fin, qu’il est temps de payer l’addition :« Enfin, Dame Étoile du Soir, la plus belle en ce monde et la plus aimée, mon monde s’évanouit. Voyez ! nous avons récolté, nous avons dépensé, et maintenant le moment du paiement approche. »
Ibid. Il comprend même l’erreur de ses ancêtres, et sa chance :Non, Madame, je suis le dernier des Númenoréens et le plus récent Roi du Temps des Anciens; et il m’a été donné non seulement de vivre trois fois plus longtemps que les Hommes de la Terre du Milieu, mais aussi la grâce d’aller à ma guise et de rendre le don. Je vais donc maintenant m’endormir.
Ibid. Comment peut-il ainsi accepter la mort ?« C’est ce qu’il semble, dit-il. Mais ne nous laissons pas abattre à l’épreuve finale, nous qui avons renoncé autrefois à l’Ombre et à l’Anneau. Nous devons partir dans la tristesse, mais non dans le désespoir. Voyez ! nous ne sommes pas liés à jamais aux cercles du monde et, au-delà, il y a plus que le souvenir. Adieu ! »
Ibid. La réponse réside donc dans l’espoir. Lequel ? Amdir ou Estel ? Concernant la mort, il ne peut reposer sur une « attente du bien, qui, bien qu'incertaine, se fonde sur ce qui est connu », donc il doit s’agir de l’Estel, « Espoir au-delà de l’espoir », « confiance en Eru ». Là est la clef de la compréhension de l’acceptation de la mort par Aragorn : Aragorn ne craint pas la mort parce qu’il a l’Estel, il est même Estel lui-même, et il a confiance en Eru. Quoi que soit la mort, Aragorn sait qu’il ne s’agit pas de quelque chose de mauvais.
4. Tolkien confirme-t-il ceci ?
Peut-on trouver dans d’autres écrits de Tolkien une confirmation externe de cette analyse interne ? La réponse est définitivement positive.
Sur la crainte de la mort en tant que manque d’Estel, et sur l’attitude d’Aragorn :Selon la conception des Elfes également (et des Númenóréens non corrompus), un Homme « bon » mourrait ou devrait mourir volontairement, en s’abandonnant avec confiance avant d’être contraint (comme l’a fait Aragorn).
Lettres, n° 212.
Dans sa lettre inédite à Eileen Elgar, commencée le 22 septembre 1963, il dit que, bien que nul ne connaissait les desseins de l’Unique vis-à-vis des Hommes au-delà de la fin du monde, ou au-delà de leur mort, Aragorn avait confiance en le fait qu’ils étaient bons, et que si lui et Arwen se tenaient en obédience à cette confiance, ils resteraient unis.
The Lord of the Rings : A Reader's Companion. Sur l’intention de Tolkien ici :Ici, je ne m’intéresse qu’à la Mort en tant que partie de la nature, physique et spirituelle, de l’Homme, ainsi qu’à l’Espoir en l’absence de certitudes. C’est pour cette raison que je considère le récit sur Arwen et Aragorn comme le plus important des Appendices : il appartient à l’histoire centrale, et n’est placé là que parce qu’il ne pouvait être inséré dans le récit principal sans détruire sa structure; ce dernier étant envisagé comme « hobbito-centrique », c’est-à-dire, principalement, comme une étude de l’ennoblissement (ou sanctification) des humbles.
Lettres, n° 181. On peut enfin se pencher sur la date de rédaction des deux principaux textes cités ici. Bien que rien ne le prouve de manière certaine, il semblerait que l’apparition du nom « Estel » dans Le Conte d’Aragorn et Arwen (apparition très tardive, d’après les dires de Christopher Tolkien dans HoMe XII) soit contemporaine des premiers brouillons de l’Athrabeth Finrod ah Andreth (lesquels, toujours selon Christopher Tolkien, pourraient remonter à 1955).
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N'hésitez pas à poster vos commentaires ou questions ici-même  _________________ En Beleriand en ces jours, les Elfes pérégrinaient, et les rivières coulaient sous les étoiles, et les fleurs nocturnes épanchaient leurs parfums ... |
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Malaelin
Membre

Sexe: Inscrit le: 16 Mar 2006 Messages: 108
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Posté le: 14 Jan 2007 19:58 Sujet du message: |
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Très intéressant, comme d'hab.
Première bizzarerie dont je me rends compte : pourquoi Tolkien a-t-il traduit les deux "estel" différement dans les paroles de Gilraen, alors qu'amdir représentait précisément le deuxième "estel" ?
Le fait d'avoir fait une exception pour inclure une analyse externe à la fin de ton étude est judicieux puisqu'il donne du crédit à ce que tu dis. Pourtant, il y a une chose que Tolkien ne confirme pas et que tu avances, et qui me tracasse, personnellement :
Qu'Aragorn soit un Homme plein d'estel, oui, bien sûr, qu'on l'appelle comme cela pour cette raison, oui, encore une fois. Mais tu dis : "il est même Estel lui-même" et là, je suis moyennement d'accord.
Je pense que c'est aller trop loin. Je vais tenter de m'expliquer :
Qu'Aragorn ramène les Númenóréens sur le trône de Gondor, pour moi, c'est de l'amdir, pas de l'estel. Car le mal subsistera assurément pendant ou après Aragorn (c'est une évidence, mais pour preuve on a The New Shadow). Peut-être, dans sa bonté extrême et l'estel qu'il possède, est-il un signe de la victiore finale d'Eru, mais il n'est pas l'Estel. _________________ Univers Fantasy |
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Dior
Modérateur général


Sexe: Inscrit le: 10 Aoû 2004 Messages: 3475 Localisation: Menegroth, deep under the sea
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Posté le: 14 Jan 2007 20:20 Sujet du message: |
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| Malaelin a écrit : |
| Première bizzarerie dont je me rends compte : pourquoi Tolkien a-t-il traduit les deux "estel" différement dans les paroles de Gilraen, alors qu'amdir représentait précisément le deuxième "estel" ? |
Je ne comprends pas ...
| Citation : |
| Qu'Aragorn soit un Homme plein d'estel, oui, bien sûr, qu'on l'appelle comme cela pour cette raison, oui, encore une fois. Mais tu dis : "il est même Estel lui-même" et là, je suis moyennement d'accord. |
Je n'ai pas dit qu'il est l'Estel mais qu'il est Estel. C'est son nom
| Citation : |
| Qu'Aragorn ramène les Númenóréens sur le trône de Gondor, pour moi, c'est de l'amdir, pas de l'estel. Car le mal subsistera assurément pendant ou après Aragorn (c'est une évidence, mais pour preuve on a The New Shadow). |
Je ne comprends pas ce lien que tu fais avec l'éradication finale du mal. _________________ En Beleriand en ces jours, les Elfes pérégrinaient, et les rivières coulaient sous les étoiles, et les fleurs nocturnes épanchaient leurs parfums ... |
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Malaelin
Membre

Sexe: Inscrit le: 16 Mar 2006 Messages: 108
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Posté le: 14 Jan 2007 20:50 Sujet du message: |
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Hmmm désolé, j'avoue que pour moi "il est Estel" est une phrase qui signifie "il est l'Estel".
Je reprends ta phrase :
"Aragorn ne craint pas la mort parce qu’il a l’Estel, il est même Estel lui-même"
Quand je lis ça, je ne me dis pas que tu as simplement voulu dire qu'Aragorn s'appelle Estel.
Que doit-on alors déduire de cette phrase ? Qu'il incarne l'estel ? Qu'il est l'estel ? Que sans lui, il n'y a plus d'estel ?
A moins que tu aies voulu dire qu'Aragorn a tellement d'estel que c'est ainsi qu'on l'a nommé. Pourtant tout semble indiquer que son nom "Estel" est en rapport avec le fait qu'il est l'héritier d'Isildur. C'est là que j'avoue être un peu dépassé et donc j'explicite ma position à propos de la victoire finale d'Eru.
L'estel, dans la mesure où il représente l'Espoir, l'espérance, la "confiance en Eru" implique forcément le dessein final d'Eru. C'est ça justement "l'inconnu" que décrit Finrod, ce dessein final, non ? Voilà pourquoi, à ce titre, je ne comprends pas comment Aragorn peut incarner l'estel... pour moi il incarne l'amdir...
Et sinon, à propos de ma première phrase qui était pas claire : dans la réplique de Gilraen :
"Ónen i-Estel Edain, ú-chebin estel anim."
Il y a une majuscule au premier "estel", et pas au deuxième, visiblement. Pourquoi donc ?  _________________ Univers Fantasy |
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Dior
Modérateur général


Sexe: Inscrit le: 10 Aoû 2004 Messages: 3475 Localisation: Menegroth, deep under the sea
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Posté le: 14 Jan 2007 21:08 Sujet du message: |
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| Malaelin a écrit : |
Quand je lis ça, je ne me dis pas que tu as simplement voulu dire qu'Aragorn s'appelle Estel.
Que doit-on alors déduire de cette phrase ? Qu'il incarne l'estel ? Qu'il est l'estel ? Que sans lui, il n'y a plus d'estel ?  |
Tout simplement qu'il est _une_ personnification de l'estel de son époque
| Citation : |
| L'estel, dans la mesure où il représente l'Espoir, l'espérance, la "confiance en Eru" implique forcément le dessein final d'Eru. |
Oui, mais pas que cela : si tu relis la définition donnée dans l'extrait de l'Athrabeth, cette espérance en une victoire finale est la base ultime, mais pas le tout
Et on peut aussi dire que cette victoire d'Aragorn (and co) est un pas vers le dessein final, la défaite de la 1ère personnification du mal que les Hommes doivent combattre seuls (cf. texte VII de Mythes transformés).
| Citation : |
| Voilà pourquoi, à ce titre, je ne comprends pas comment Aragorn peut incarner l'estel... pour moi il incarne l'amdir... |
Là je ne suis pas d'accord. Il a accompli tout ce qu'il a fait alors qu'il n'y avait strictement aucun amdir. Rien de logique ne pouvait lui laisser espérer qu'il allait y arriver.
| Citation : |
Il y a une majuscule au premier "estel", et pas au deuxième, visiblement. Pourquoi donc ?  |
J'ai l'impression que Tolkien joue sur la relation généralisation - particulier, simplement  _________________ En Beleriand en ces jours, les Elfes pérégrinaient, et les rivières coulaient sous les étoiles, et les fleurs nocturnes épanchaient leurs parfums ... |
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Malaelin
Membre

Sexe: Inscrit le: 16 Mar 2006 Messages: 108
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Posté le: 14 Jan 2007 21:41 Sujet du message: |
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| Dior a écrit : |
| Et on peut aussi dire que cette victoire d'Aragorn (and co) est un pas vers le dessein final, la défaite de la 1ère personnification du mal que les Hommes doivent combattre seuls (cf. texte VII de Mythes transformés). |
J'ai regardé Myths Tranformed et je tombe sur ceci (ce qui est différent de ce que tu dis,k tu en conviendras) : "Sauron, however, was a problem that Men had to deal with finally : the first of the many concentrations of Evil into definite power-points they would have to combat [...]"
C'est ce que je voulais dire quand je parlais d'un signe de la victoire finale d'Eru. Mais il y a une nuance, car un signe n'est pas un pas.
Dans une des Letters, Tolkien affirme que selon lui l'Histoire n'est qu'une longue dégénérescence, même si l'on pouvait apercevoir des éléments de la victoire finale. Pour moi, il s'agit précisément de cela : Aragorn et sa victoire sur Sauron, sont un signe de la victoire finale, mais qui n'empêchera pas la dégénerescence. Et quant au dessein final d'Eru, m'étonnerait que Tolkien ait donné des éléments sûrs, puisque personne n'est sensé le connaître.
Je reprends donc mon raisonnement à propos d'Aragorn. S'il représente l'estel, il y a action d'Eru, puisqu'avoir confiance en Eru, c'est, justement, l'estel. Lorsque l'on dit d'Aragorn qu'il est l'estel des Dúnedain, on implique, de façon incontestable, Eru. Et c'est précisément ce lien entre Aragorn et Eru que je parviens pas à saisir. _________________ Univers Fantasy |
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aravanessë
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Sexe: Inscrit le: 18 Aoû 2005 Messages: 189
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Posté le: 14 Jan 2007 21:45 Sujet du message: |
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Boarf, passionant, bien documenté, florilège de citations,... enfin bon encore un article que je vais consulter régulièrement.
Je constate que si Tolkien reprend selon un mimétisme quasi-total la tradition chrétienne, il associe la mort à la tristesse, alors que l'espérance en ce qui suit devrait apporter la joie :
Romains:
Que le Dieu de l’espérance vous remplisse de toute joie et de toute paix dans la
foi, pour que vous abondiez en espérance, par la puissance du Saint–Esprit !
Désir du Temple de Dieu:
Pèlerins ici-bas, aux prises avec le mal et la souffrance, nous avons la certitude que le terme de l’histoire n’est pas le néant de la mort, mais la rencontre joyeuse et salvifique avec Dieu
Thessalon:
Je ne veux pas que vous ignoriez, mes frères, au sujet de ceux qui dorment, que vous ne devez pas vous affliger comme ceux qui n'ont pas d'espérance.
Choix délibéré ou petit oubli/raté théologique ?
aravanessë |
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Malaelin
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Sexe: Inscrit le: 16 Mar 2006 Messages: 108
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Posté le: 14 Jan 2007 21:56 Sujet du message: |
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| aravanessë a écrit : |
Je constate que si Tolkien reprend selon un mimétisme quasi-total la tradition chrétienne, il associe la mort à la tristesse, alors que l'espérance en ce qui suit devrait apporter la joie :
Romains:
Que le Dieu de l’espérance vous remplisse de toute joie et de toute paix dans la
foi, pour que vous abondiez en espérance, par la puissance du Saint–Esprit !
Désir du Temple de Dieu:
Pèlerins ici-bas, aux prises avec le mal et la souffrance, nous avons la certitude que le terme de l’histoire n’est pas le néant de la mort, mais la rencontre joyeuse et salvifique avec Dieu
Thessalon:
Je ne veux pas que vous ignoriez, mes frères, au sujet de ceux qui dorment, que vous ne devez pas vous affliger comme ceux qui n'ont pas d'espérance.
Choix délibéré ou petit oubli/raté théologique ? |
Ben, non, je crois qu'il n'y a pas d'oubli :
| Finrod a écrit : |
| Là est l'ultime fondation de l'Estel, que nous gardons même quand nous contemplons la Fin : de tous Ses desseins l'issue doit être au bénéfice la joie de Ses Enfants. |
_________________ Univers Fantasy |
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aravanessë
Membre


Sexe: Inscrit le: 18 Aoû 2005 Messages: 189
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Posté le: 14 Jan 2007 22:31 Sujet du message: |
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Effectivement, mais je faisais plutôt référence à cette citation :
| Citation : |
| C’est ce qu’il semble, dit-il. Mais ne nous laissons pas abattre à l’épreuve finale, nous qui avons renoncé autrefois à l’Ombre et à l’Anneau. Nous devons partir dans la tristesse, mais non dans le désespoir. Voyez ! nous ne sommes pas liés à jamais aux cercles du monde et, au-delà, il y a plus que le souvenir. Adieu ! |
aravanessë |
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Dior
Modérateur général


Sexe: Inscrit le: 10 Aoû 2004 Messages: 3475 Localisation: Menegroth, deep under the sea
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Posté le: 14 Jan 2007 23:13 Sujet du message: |
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| Malaelin a écrit : |
| J'ai regardé Myths Tranformed et je tombe sur ceci (ce qui est différent de ce que tu dis,k tu en conviendras) : "Sauron, however, was a problem that Men had to deal with finally : the first of the many concentrations of Evil into definite power-points they would have to combat [...]" |
Si ce n'est dans la nuance, je ne vois guère la différence
| Citation : |
| C'est ce que je voulais dire quand je parlais d'un signe de la victoire finale d'Eru. Mais il y a une nuance, car un signe n'est pas un pas. |
Quand je parlais de pas, c'était dans la logique "un mal produit toujours un plus grand bien".
| Citation : |
| Dans une des Letters, Tolkien affirme que selon lui l'Histoire n'est qu'une longue dégénérescence, même si l'on pouvait apercevoir des éléments de la victoire finale. Pour moi, il s'agit précisément de cela : Aragorn et sa victoire sur Sauron, sont un signe de la victoire finale, mais qui n'empêchera pas la dégénerescence. |
Oui, mais avec espérance qu'au final, le résultat sera bon. C'est là la différence avec la théorie du courage.
| Citation : |
| Et quant au dessein final d'Eru, m'étonnerait que Tolkien ait donné des éléments sûrs, puisque personne n'est sensé le connaître. |
C'est justement là que réside l'estel ultime : un résultat bon, avec Arda Envinyanta.
| Citation : |
| Et c'est précisément ce lien entre Aragorn et Eru que je parviens pas à saisir. |
Et qui dit que l'action d'Eru se concentre sur Aragorn ? Nous ne connaissons pas le plan général
Pour la remarque d'Ara : d'accord avec Mala. La tristesse est celle de la séparation temporaire. _________________ En Beleriand en ces jours, les Elfes pérégrinaient, et les rivières coulaient sous les étoiles, et les fleurs nocturnes épanchaient leurs parfums ... |
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Malaelin
Membre

Sexe: Inscrit le: 16 Mar 2006 Messages: 108
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Posté le: 15 Jan 2007 0:25 Sujet du message: |
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| Dior a écrit : |
| Malaelin a écrit : |
| J'ai regardé Myths Tranformed et je tombe sur ceci (ce qui est différent de ce que tu dis,k tu en conviendras) : "Sauron, however, was a problem that Men had to deal with finally : the first of the many concentrations of Evil into definite power-points they would have to combat [...]" |
Si ce n'est dans la nuance, je ne vois guère la différence  |
On peut considérer que Tolkien veut dire que les Hommes doivent se concentrer à Sauron parce que de toute façon Sauron les attaquera. Les Hommes ne peuvent pas faire comme s'ils ne l'avaient pas vu. Quant à la deuxième phrase, elle signifie que les Hommes auront d'autres combats à mener. Ce qui ne veut pas dire pour autant que cela fait partie du dessein d'Eru, à mon sens.
Je pense que la confusion vient du fait que nous n'avons pas la même "vision" du dessein d'Eru. Moi, j'entends par là la finalité, toi - j'ai l'impression - les moyens, enfin je crois .
Je crois que le combat d'Aragorn (and co) rentre le dessein d'Eru, en effet, en tant que moyen. Mais à ce moment-là, tout ne fait que servir le dessein d'Eru, de toute façon. Mais je pense que cela ne nous renseigne pas sur la "solution", sur le "pourquoi", sur cet "inconnu" justement dont parle Finrod.
| Citation : |
| Quand je parlais de pas, c'était dans la logique "un mal produit toujours un plus grand bien". |
Mais quel est le mal ici ? Ce qui me dérange dans cette assimilation d'Aragorn à l'estel, c'est qu'on a l'impression que c'est lui qui donnera la victoire finale.
| Citation : |
| Oui, mais avec espérance qu'au final, le résultat sera bon. C'est là la différence avec la théorie du courage. |
J'ai compris ce qu'était l'estel ; ce que je cherche, c'est en quoi Aragorn a un rapport avec ce "résultat bon" final (je reprends tes termes pour pas m'embrouiller ^^).
| Citation : |
| C'est justement là que réside l'estel ultime : un résultat bon, avec Arda Envinyanta. |
J'ai bien compris cela
| Citation : |
Et qui dit que l'action d'Eru se concentre sur Aragorn ? Nous ne connaissons pas le plan général  |
Tout à fait d'accord ! C'est justement là que le lien entre l'Estel et Aragorn me paraît étrange.
D'ailleurs, comprenons-nous bien : je débats avec toi d'un point de Tolkien qui me reste obscur, je ne dis pas que tu fais mentir Tolkien !  _________________ Univers Fantasy |
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Dior
Modérateur général


Sexe: Inscrit le: 10 Aoû 2004 Messages: 3475 Localisation: Menegroth, deep under the sea
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Posté le: 15 Jan 2007 0:51 Sujet du message: |
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| Malaelin a écrit : |
| On peut considérer que Tolkien veut dire que les Hommes doivent se concentrer à Sauron parce que de toute façon Sauron les attaquera. Les Hommes ne peuvent pas faire comme s'ils ne l'avaient pas vu. Quant à la deuxième phrase, elle signifie que les Hommes auront d'autres combats à mener. Ce qui ne veut pas dire pour autant que cela fait partie du dessein d'Eru, à mon sens. |
Et que fais-tu du contexte ?
| Citation : |
| Il est très raisonnable de supposer que Manwë savait qu'avant longtemps (de la façon dont il voyait le « temps ») la Domination des Hommes devait commencer, et le déroulement de l'histoire devrait leur être commis : pour leur lutte contre le Mal, des arrangements particuliers avaient été pris ! Manwë connaissait Sauron, bien sûr. Il avait ordonné à Sauron de se présenter devant lui pour être jugé, mais avait laissé le champ libre pour le repentir et l'ultime réhabilitation. Sauron avait refusé et avait fui se cacher. Sauron était cependant un problème dont les Hommes devraient finalement s'occuper : ils devraient combattre la première des nombreuses concentrations du Mal dans des points de pouvoir définis, tout comme il s'agissait aussi de la dernière de ces concentrations dans une forme « mythologique » personnifiée (mais non-humaine). |
Il y a aussi :
| Citation : |
| Il doit avoir compris de façon très claire ce que nous ne percevons qu'indistinctement : que le mode essentiel de progression de « l'histoire » en Arda était la montée constante du mal, et que de lui un nouveau bien vienne constamment. |
Si on résume : montée constante du mal + domination des Hommes + Sauron. Je ne vois pas où est le blème.
| Citation : |
Je pense que la confusion vient du fait que nous n'avons pas la même "vision" du dessein d'Eru. Moi, j'entends par là la finalité, toi - j'ai l'impression - les moyens, enfin je crois . |
Non, je ne me base pas sur les moyens, mais sur l'idée que ceux qui sont fidèles à Eru accomplissent ses desseins de par leur comportement au jour le jour, en vue de l'accomplissement du dessein "final", même s'ils n'en ont pas connaissance. Après tout, on parle d'espérance, de confiance.
| Citation : |
| Je crois que le combat d'Aragorn (and co) rentre le dessein d'Eru, en effet, en tant que moyen. Mais à ce moment-là, tout ne fait que servir le dessein d'Eru, de toute façon. |
C'est bien ce qu'Eru dit à Melkor dans l'Ainulindalë
| Citation : |
| Mais je pense que cela ne nous renseigne pas sur la "solution", sur le "pourquoi", sur cet "inconnu" justement dont parle Finrod. |
Entièrement d'accord, les voies d'Eru sont impénétrables
| Citation : |
| Mais quel est le mal ici ? Ce qui me dérange dans cette assimilation d'Aragorn à l'estel, c'est qu'on a l'impression que c'est lui qui donnera la victoire finale. |
Le mal à ce moment, c'est Sauron, cf. la citation de Mythes transformés.
Je partage toutefois ton appréhension, ce qui peut expliquer certaines formules alambiquées à certains endroits de mes commentaires, d'ailleurs. (En y réfléchissant, en fait, nul autre n'aurait pu porter ce nom, si ce n'est Gandalf.)
Mais l'élément important est la jonction des deux types d'estel : celui des Dúnedain et l'Estel face à la mort. Aragorn était, il me semble, le parfait candidat
| Citation : |
| J'ai compris ce qu'était l'estel ; ce que je cherche, c'est en quoi Aragorn a un rapport avec ce "résultat bon" final (je reprends tes termes pour pas m'embrouiller ^^). |
Cf. ce que je dis plus haut dans ce texte : le sens du Conte d'Arda est l'avènement de la domination des Hommes et la progression constante du mal - à combattre.
| Citation : |
| Tout à fait d'accord ! C'est justement là que le lien entre l'Estel et Aragorn me paraît étrange. |
Pour moi, c'est le résultat de la théorie du courage à la sauce estel Shippey en parle assez bien.
| Citation : |
D'ailleurs, comprenons-nous bien : je débats avec toi d'un point de Tolkien qui me reste obscur, je ne dis pas que tu fais mentir Tolkien !  |
[mode blagueur on] J'espère bien [mode blagueur off] _________________ En Beleriand en ces jours, les Elfes pérégrinaient, et les rivières coulaient sous les étoiles, et les fleurs nocturnes épanchaient leurs parfums ... |
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Malaelin
Membre

Sexe: Inscrit le: 16 Mar 2006 Messages: 108
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Posté le: 16 Jan 2007 20:35 Sujet du message: |
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Difficile de s'y remettre après deux jours avec la tête ailleurs
| Dior a écrit : |
Et que fais-tu du contexte ?  |
Puis
| Dior a écrit : |
Il y a aussi :
| Citation : |
| Il doit avoir compris de façon très claire ce que nous ne percevons qu'indistinctement : que le mode essentiel de progression de « l'histoire » en Arda était la montée constante du mal, et que de lui un nouveau bien vienne constamment. |
Si on résume : montée constante du mal + domination des Hommes + Sauron. Je ne vois pas où est le blème. |
En effet, mais cela, c'est le sens de l'histoire, non ? Ce "bien" qu'incarne Aragorn suite au mal engendré par "Sauron, n'est pas final mais fait partie d'un cycle qui se répètera de façon incessante jusqu'au "bien" final, si j'ose dire, à savoir Arda Envinyanta.
Tiens ! Avais-tu remarqué qu'un autre des surnoms d'Aragorn était également Envinyantar ? Cela ne pourrait-il pas coller avec ce quen tu dis pour Estel ?
Alors, pour reprendre, Aragorn serait l'Espoir d'un bien nouveau, après un mal, mais qui de toute façon ne durera pas, puisqu'ainsi est fait le Conte d'Arda ?
L'enchainement des faits invite les Hommes et les Elfes à l'Estel car à la fin, oui, il y aura Arda Envinyanta. Aragorn est certainement celui qui a le plus d'Estel à son époque, parmi les Hommes. Peut-il représenter pourtant à lui tout seul l'Estel ? Je doute encore. Pour moi cela implique un amalgame trop fort entre les actions d'Aragor et celles d'Eru.
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| Non, je ne me base pas sur les moyens, mais sur l'idée que ceux qui sont fidèles à Eru accomplissent ses desseins de par leur comportement au jour le jour, en vue de l'accomplissement du dessein "final", même s'ils n'en ont pas connaissance. Après tout, on parle d'espérance, de confiance. |
Mais justement, là, est-ce qu'on parle du comportement des Hommes en vue du dessein "final" d'Eru, ou de ce dessein final ?
Ne faudrait-il pas justement deux termes différents là ? Car il me semble bien qu'il y a nuance entre l'enchaînement des faits qui sert le dessein d'Eru, et le dessein d'Eru, en tant que tel.
Surtout qu'après nous sommes d'accord sur le fait que tout servira au dessein d'Eru, qu'il s'agisse du bien, du mal, de toutes les actions de Ses Enfants. En quoi, alors, l'exemple d'Aragorn représente-t-il tant l'accomplissement du dessein d'Eru ?
| Citation : |
| Le mal à ce moment, c'est Sauron, cf. la citation de Mythes transformés. |
Ok.
| Citation : |
Mais l'élément important est la jonction des deux types d'estel : celui des Dúnedain et l'Estel face à la mort. Aragorn était, il me semble, le parfait candidat  |
On a donc deux choses : Aragorn représentait bien l'Estel face à la Mort en ce sens que lui ne craignait pas la mort.
Mais en parlant de l'estel des Dúnedain, je considère que celui-ci n'a aucun lien avec Eru.
Le fait que les Dúnedain placent leur Estel en Aragorn me dérange profondément car, là encore, j'y vois une assimilation à Eru. _________________ Univers Fantasy |
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Dior
Modérateur général


Sexe: Inscrit le: 10 Aoû 2004 Messages: 3475 Localisation: Menegroth, deep under the sea
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Posté le: 16 Jan 2007 23:18 Sujet du message: |
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Tiens ! Avais-tu remarqué qu'un autre des surnoms d'Aragorn était également Envinyantar ? Cela ne pourrait-il pas coller avec ce quen tu dis pour Estel ?  |
Si tu regardes l'article MDD pour Envinyatar (pas de 3ème n), tu verras que je l'avais remarqué
Mais j'estime que s'il s'agit là de deux thématiques fortement liées, elles sont néanmoins distinctes. Et je voulais me focaliser sur Aragorn - Estel pour le moment.
| Citation : |
| Alors, pour reprendre, Aragorn serait l'Espoir d'un bien nouveau, après un mal, mais qui de toute façon ne durera pas, puisqu'ainsi est fait le Conte d'Arda ? |
Yep, mais il y a "enrichissement" des Hommes à chaque étape, car c'est aussi le sens du Conte d'Arda (cf. le même texte), même si le Conte n'est qu'une longue lutte contre l'Ombre ponctuée de défaites.
| Citation : |
| L'enchainement des faits invite les Hommes et les Elfes à l'Estel car à la fin, oui, il y aura Arda Envinyanta. Aragorn est certainement celui qui a le plus d'Estel à son époque, parmi les Hommes. Peut-il représenter pourtant à lui tout seul l'Estel ? Je doute encore. Pour moi cela implique un amalgame trop fort entre les actions d'Aragor et celles d'Eru. |
C'est là que je ne te comprends pas. L'estel n'est pas Eru, c'est une attitude par rapport à Eru. À ce titre, n'importe qui peut personnifier l'estel de par son comportement.
| Citation : |
Mais justement, là, est-ce qu'on parle du comportement des Hommes en vue du dessein "final" d'Eru, ou de ce dessein final ?
Ne faudrait-il pas justement deux termes différents là ? Car il me semble bien qu'il y a nuance entre l'enchaînement des faits qui sert le dessein d'Eru, et le dessein d'Eru, en tant que tel. |
Certes, et je me répète, l'estel est une attitude, un comportement, une ligne de conduite
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| Surtout qu'après nous sommes d'accord sur le fait que tout servira au dessein d'Eru, qu'il s'agisse du bien, du mal, de toutes les actions de Ses Enfants. En quoi, alors, l'exemple d'Aragorn représente-t-il tant l'accomplissement du dessein d'Eru ? |
Là je crois que seul Eru a la réponse
Néanmoins, il semble assez certain qu'Eru voulait la défaite de Sauron (cf. la providence, la chance, le hasard dans le SdA). Donc, ipso facto la victoire d'Aragorn (and co). _________________ En Beleriand en ces jours, les Elfes pérégrinaient, et les rivières coulaient sous les étoiles, et les fleurs nocturnes épanchaient leurs parfums ... |
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