Les Aratars : Voir le sujet - [Traduction] Poèmes de Tolkien
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[Traduction] Poèmes de Tolkien

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Squall-Estel

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MessagePosté le: 17 Fév 2006 20:22     Sujet du message: [Traduction] Poèmes de Tolkien Répondre en citant

Voici la premières de mes traductions versifiées de poèmes du SdA. Je les ai déjà postées sur le forum de Tolkiendil: Je vous les propose maintenant, ca a l'air de coller avec ce que vous faites ici...

(Note: je l'ai même mis en musique et enregistré Très content )


Thibaud Mercier - Chanson de l'éveil de Dúrin


Quand le monde était jeune et les montagnes vertes,
Et dans une contrée immobile et déserte,
Quand nulle tache encore ne ternissait la Lune,
Et qu'encore aucun être n'avait tracé de runes,
Lors Dùrin s'éveilla et marcha solitaire.
Il foula et nomma les montagnes, les pierres,
Et les cobes sans nom. Puis il but la vierge eau,
La limpide eau des puits et des vivants ruisseaux ;
Il regarda enfin dans le lac du Miroir
Et vit une couronne d'étoiles dans le noir
Belles comme des gemmes sur un long fil d'argent,
Sur l'ombre de sa tête, comme un pur ornement.

Ah ! le monde était beau, les montagnes altières,
Aux glorieux jours anciens et aux temps millénaires
D'avant la triste chute de bien des puissants rois,
De justes seigneurs des Royaumes d'Autrefois,
Nargothrond, Gondolïn, ceux là, qui, maintenant,
Au-delà de la Mer, de la Mer d'Occident,
Sont passés à jamais ! Nargothrond, Gondolïn !
Que le monde était beau en l'Ere de Durin !

Son trône était brillant, finement ciselé,
Dans de superbes salles aux mille piliers,
Tapissées par l'argent et recouvertes d'or
Et fermées par des portes aux merveilleux décors,
Les Runes du pouvoir du grand Roi. Et là-bas,
La glorieuse Lumière répandait son éclat :
La lueur de la Lune, du Soleil, des étoiles,
Dans de brillantes lampes de limpide cristal,
Jamais voilées par l'ombre ou les nuages blancs
Là-bas étincelait, belle, éternellement.

Là, tombait le marteau sur l'enclume de Fer.
Là, gravait le graveur sur les plus dures pierres ;
Là, l'on accumulait le béryl et l'opale,
Les diamants plus brillants que des milliers d'étoiles,
Les corselets brillants et les belles armures,
Les boucliers d'argent aux dessins de dorure,
Là, se forgeaient les lames et les perçantes lances,
Plus belles et plus fortes que des armées immenses.

Le peuple de Dùrin était lors inlassable,
Car au coeur des montagnes la Musique insatiable
S'éveillait, et comblait leurs labeurs ; et là-bas,
La harpe était pincée et diffusait la joie,
Les trompettes chantaient et emplissaient les coeurs :
La musique vibrait comme une rare Fleur !

Hélas, le monde est gris, les montagnes sont vieilles,
Plus aucune musique n'enchante les oreilles,
Et le feu de la forge est d'un gris froid de cendre ;
Les sales de Dùrin sentent l'Ombre s'étendre
Jusque sur son tombeau ; Au cour de son royaume,
Les ténèbres ont grandi. Maintenant Elle trône,
La Mort, en la Moria, à Khazad-Dum. Pourtant,
Encore de nos jours le étoiles d'Antan
Apparaissent noyées dans le Lac du Miroir,
Et là gît sa couronne en un signe d'espoir,
Aux sinistres lueurs d'un malheureux Soleil,
Jusqu'à ce qu'à nouveau le roi Dùrin s'éveille.
The world was young, the mountains green,
No stain yet on the Moon was seen,
No words were laid on stream or stone
When Durin woke and walked alone.
He named the nameless hills and dells;
He drank from yet untasted wells;
He stooped and looked in Mirrormere,
And saw a crown of stars appear,
As gems upon a silver thread,
Above the shadow of his head.



The world was fair, the mountains tall,
In Elder Days before the fall
Of mighty kings in Nargothrond
And Gondolin, who now beyond
The Western Seas have passed away:
The world was fair in Durin's Day.



A king he was on carven throne
In many-pillared halls of stone
With golden roof and silver floor,
And runes of power upon the door.
The light of sun and star and moon
In shining lamps of crystal hewn
Undimmed by cloud or shade of night
There shone for ever fair and bright.



There hammer on the anvil smote,
There chisel clove, and graver wrote;
There forged was blade, and bound was hilt;
The delver mined, the mason built.
There beryl, pearl, and opal pale,
And metal wrought like fishes' mail,
Buckler and corslet, axe and sword,
And shining spears were laid in hoard.

Unwearied then were Durin's folk
Beneath the mountains music woke:
The harpers harped, the minstrels sang,
And at the gates the trumpets rang.



The world is grey, the mountains old,
The forge's fire is ashen-cold
No harp is wrung, no hammer falls:
The darkness dwells in Durin's halls
The shadow lies upon his tomb
In Moria, in Khazad-dûm.
But still the sunken stars appear
In dark and windless Mirrormere;
There lies his crown in water deep,
Till Durin wakes again from sleep.




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MessagePosté le: 18 Fév 2006 13:23     Sujet du message: [Traduction]Thibaud Mercier - Chanson de Beren et Tinúviel Répondre en citant

Thibaud Mercier - Chanson de Beren et Tinúviel


Les feuilles étaient longues, l'herbe était printamnière,
Les ombelles de cigüe paisibles et belles,
Et dans la clairière se voyait la lumière
D'étoiles dans les ombres scintillant doucement.
Et comme un vent béni dansait Tinuviel
Sur l'invisible chant d'une flûte légère
Et la claire lumière des étoiles du ciel
Etait dans ses cheveux et ses doux vêtements.

Là, vint alors Beren des montagnes arides,
Et perdu, malheureux, il erra sous les feuilles,
Et là où s'écoulait, murmurante, rapide,
La Rivière des Elfes, il marchait seul au vent.
Il regarda parmi les aulnes, les glaïeuls,
Et vit, tout étonné, mille fleurs d'or limpide
Sur la mante et les manches de la vierge, en son oeil
Et ses cheveux pareils à une ombre suivant.

Le doux enchantement ranima ses pieds las
Sur les tristes collines condamnés à errer.
Il poussa en avant voulant voir tout cela,
Atteindre les rayons de lune étincelants.
Par le lacis des bois de ses vertes contrées,
Elle s'enfuit, légère, sur ses pieds délicats,
Le laissant, solitaire, errer, encore errer
Dans la vive forêt à nouveau écoutant.

Il entendit là-bas souvent le son flottant
Des pas aussi légers que la feuille de rose,
Ou la sourdre musique sous la terre trillant,
Joyeuse mélodie assourdie et teintée.
Les feuilles de cigüe à présent gisaient, closes,
Flétries, et une à une, soupirant doucement,
Tombaient les feuilles d'or, sussurantes, moroses,
Dans le bois hivernal par le vent agitées.

Il la cherchait toujours, errant encore au loin
Où les feuilles des ans formaient un doux tapis;
A la lune luisante aux rayons argentins,
A la pluie des étoiles dans les cieux frissonnants,
La mante de la vierge magnifique et jolie
Miroitait comme les neiges dans le lointain;
Elle dansait encore, et ses pieds, sur un lit
Fait de brume, scintillaient, frémissants.

Quand l'hiver fut passé, elle revint; alors,
Son chant soudainement libéra le Printemps,
Pareil à l'Alouette qui s'envole, au trésor
De la neige fondante qui s'écoule, légère.
Il vit les fleurs elfiques jaillir magiquement
A ses pieds, et charmé, réconforté encore,
Il brûla de danser , et merveilleusement
Auprès d'elle chanter sur l'herbe printamnière.

De nouveau s'enfuit-elle, mais vivement il vint.
Tinuviel! Tinuviel! il l'appela
Par son elfique nom; alors elle revint,
Pour enfin s'arrêter et rester un moment
A écouter la voix. Lors, elle se tint là,
Et la voix exerça sur elle un charme plein.
Beren vint; le destin sur Tinuviel tomba;
Elle s'abandonna dans ses bras forts et grands.

Quand Beren regarda dans les yeux de la vierge,
Parmi ses cheveux d'ombre, il vit là scintiller
Comme en un doux miroir -lumière qui émerge,
La tremblante lueur des étoiles d'argent.
La douce Tinuviel, troublée, émerveillée,
La plus belle des elfes, l'immortelle vierge
Sur Beren répandit ses cheveux étoilés,
L'enserrant dans ses bras faits d'argent miroitant.

Long fut le chemin que leur traca le Destin;
Par dessus les montagnes rocheuses, et bien pire:
Par les salles de fer et les portes d'airain,
Et des forêts de Nuit sans jour et sans jeunesse.
Les mers séparatrices entre eux deux s'étendirent,
Et pourtant, à nouveau ensembles à la fin,
Il y a bien longtemps, superbes, ils partirent,
Dans la forêt chantant sans peur et sans tristesse.
The leaves were long, the grass was green,
The hemlock-umbels tall and fair,
And in the glade a light was seen
Of stars in shadow shimmering.
Tinúviel was dancing there
To music of a pipe unseen,
And light of stars was in her hair,
And in her raiment glimmering.

There Beren came from mountains cold,
And lost he wandered under leaves,
And where the Elven-river rolled
He walked alone and sorrowing.
He peered between the hemlock-leaves
And saw in wander flowers of gold
Upon her mantle and her sleeves,
And her hair like shadow following.

Enchantment healed his weary feet
That over hills were doomed to roam;
And forth he hastened, strong and fleet,
And grasped at moonbeams glistening.
Through woven woods in Elvenhome
She tightly fled on dancing feet,
And left him lonely still to roam
In the silent forest listening.

He heard there oft the flying sound
Of feet as light as linden-leaves,
Or music welling underground,
In hidden hollows quavering.
Now withered lay the hemlock-sheaves,
And one by one with sighing sound
Whispering fell the beechen leaves
In the wintry woodland wavering.

He sought her ever, wandering far
Where leaves of years were thickly strewn,
By light of moon and ray of star
In frosty heavens shivering.
Her mantle glinted in the moon,
As on a hill-top high and far
She danced, and at her feet was strewn
A mist of silver quivering.

When winter passed, she came again,
And her song released the sudden spring,
Like rising lark, and falling rain,
And melting water bubbling.
He saw the elven-flowers spring
About her feet, and healed again
He longed by her to dance and sing
Upon the grass untroubling.

Again she fled, but swift he came.
Tinúviel! Tinúviel!
He called her by her elvish name;
And there she halted listening.
One moment stood she, and a spell
His voice laid on her: Beren came,
And doom fell on Tinúviel
That in his arms lay glistening.

As Beren looked into her eyes
Within the shadows of her hair,
The trembling starlight of the skies
He saw there mirrored shimmering.
Tinúviel the elven-fair,
Immortal maiden elven-wise,
About him cast her shadowy hair
And arms like silver glimmering.

Long was the way that fate them bore,
O'er stony mountains cold and grey,
Through halls of iron and darkling door,
And woods of nightshade morrowless.
The Sundering Seas between them lay,
And yet at last they met once more,
And long ago they passed away
In the forest singing sorrowless.



Ca n'a pas été simple de respecter la structure des rimes... ce n'est pas mon meilleur Confus

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MessagePosté le: 18 Fév 2006 16:43     Sujet du message: Répondre en citant

Bon, là c'est une traduction que j'ai faite de "The Last Ship", le dernier conte de Tom Bombadil. Clin d'oeil


Le Dernier Vaisseau (The Last Ship)


A trois heures Firiel regarda au-dehors :
le gris de la nuit s’estompait ;
au loin un coq au plumage d’or
chantait clair et haut perché.
Les arbres étaient sombres, l’aube pâle,
des oiseaux pépiaient, s’éveillant,
un vent se leva, frais et frêle
dans les épais feuillages dansant.

De sa fenêtre le soleil levant elle observa,
ses longs fils d’or allant chatoyer
sur le sol et les feuillages ; sur l’herbe en bas
scintillait une rosée argentée.
Sur le sol ondulèrent ses pieds immaculés,
descendant les marches ils papillonnèrent,
parcourant l’herbe ils se mirent à danser
tout saupoudrés de perles éphémères.

De joyaux sa longue robe se bordait
comme vers la rivière elle courait,
et se penchant sur un rameau d’osier,
elle regarda l’eau qui frémissait.
Un martin-pêcheur plongea tel une pierre
Dans un éclair bleu se précipitant,
Courbant légèrement les roseaux de son air
Et les pétales des lis éparpillant.

Une musique vint à elle soudainement,
comme elle se tenait là resplendissante,
ses cheveux allant, flottant librement
sur ses épaules dans la lueur naissante.
Il y avait des flûtes et des harpes jouaient,
Et une rumeur de chants arrivait,
des voix portées par le vent, jeunes et gaies,
et au loin des clochettes tintaient.

Un vaisseau au bec et aux ailes d’or
et au plumage blanc arriva voguant ;
des cygnes glissèrent, venant d’abord,
précédant sa grande proue et la guidant.
Du pays des Elfes des belles gens
s’en venaient ramant dans le gris-argent,
et elle en vît trois, se tenant devant
parés de couronnes, cheveux clairs au vent.

La harpe à la main, ils entamèrent un chant
au doux rythme du battement des ailes :
« Le pays est vert, les feuillages luxuriants,
et les oiseaux offrent leurs ritournelles.
Bien des jours verront une aube dorée
venir cette terre illuminer,
Bien des fleurs se seront éveillées,
quand blanchiront les champs de blé ».

« Alors, où va donc ce bel équipage,
sur la rivière ainsi naviguant ?
vers la nuit et un secret ermitage
dans la grande forêt se dissimulant ?
Vers des îles au Nord et des rivages de pierre
filant sur les ailes de cygnes puissants,
par de froides lames, seuls sur terre
avec les mouettes blanches au cri strident ? »

« Non ! » répondirent-ils. « Loin devant
sur la dernière route nous avançant,
quittant les Havres Gris de l’Occident,
sur les mers de l’ombre nous risquant,
nous retournons là où nous vécûmes,
en ce lieu où pousse l’Arbre Blanc,
et où l’Etoile fait briller l’écume
sur le dernier rivage flottant. »

« Au champs des mortels adieu disant,
la Terre du Milieu nous abandonnons !
en Valinor, d’une cloche d’argent
dans la haute tour résonne le carillon.
L’herbe et les feuilles sont ici temporelles,
et le soleil et la lune s’évanouissent,
et nous avons entendu le distant appel
qui vers une route lointaine nous pousse ».

Les rames se figèrent. Il se tournèrent :
« Entends-tu l’appel, fille de la Terre ?
Firiel ! Firiel ! » l’appelant ils crièrent.
« Notre nef n’est pas chargée entière.
Seul un de plus nous pouvons embarquer.
Viens ! Car tes jours vont s’accélérant.
Viens ! Fille de la Terre à l’elfique beauté
à notre dernier appel répondant ».

De la rive Firiel les regarda,
osant un premier pas en avant ;
mais pris dans l’argile son pied s’enfonça,
et elle resta là, son regard se figeant.
Le vaisseau elfique doucement fila
sur les flots comme un chuchotement :
« Je ne peux vous suivre ! » elle leur cria.
« Je suis de la Terre, car née de son sang ! ».

De joyaux sa robe n’était plus bordée,
comme à travers champs elle revenait
vers son toit et sa porte noire de jais,
vers l’ombre dont sa maison s’emplissait.
Son sarrau roussâtre elle revêtit,
ses cheveux en nattes elle coiffa
et vers son travail elle repartit.
Bientôt la lumière du jour déclina.

Les années succèdent aux années,
le long des Sept Rivières elles glissent ;
le soleil brille, le nuage passé,
le roseau et le saule frémissent
au matin et le soir, mais plus jamais
vers l’ouest des bateaux ne voyagèrent
par les eaux mortelles comme cela était,
et leurs chants pour toujours s’éteignirent.

Firiel looked out at three o’clock :
the grey night was going ;
far away a golden cock
clear and shrill was crowing.
The trees were dark, and the dawn pale,
waking birds were cheeping,
a wind moved cool and frail
through dim leaves creeping.

She watched the gleam at window grow,
till the long light was shimmering
on land and leaf ; on grass below
grey dew was glimmering.
Over the floor her white feet crept,
down the stairs they twinkled,
through the grass they dancing stepped
all with dew besprinkled.

Her gown had jewels upon its hem,
as she ran down to the river,
and leaned upon a willow-stem,
and watched the water quiver.
A kingfisher plunged down like a stone
in a blue flash falling,
bending reeds were softy blown,
lily-leaves were sprawling.

A sudden music to her came,
as she stood there gleaming
with free hair in the morning’s flame
On her shoulders streaming.
flutes there were, and harps were wrung,
and there was sound of singing,
like wind-voices keen and young
and far bells ringing.

A ship with golden beak and oar
and timbers white came gliding ;
swans went sailing on before,
her tall prow guiding.
Fair Folk out of Elvenland
in silver-grey were rowing,
and three with crowns she saw there stand
with bright hair flowing

With harp in hand they sang their song
to the slow oars swinging :
“Green is the land, the leaves are long,
and the birds are singing.
Many a day with dawn of gold
this earth will lighten,
many a flower will yet unfold,
ere the cornfields whiten.”

When whither go ye, boatmen fair,
down the river gliding ?
to twilight and to secret lair
in the great forest hiding ?
To Northern isles and shores of stone
on strong swans flying,
by cold waves to dwell alone
with the white gulls crying ?”

“Nay !” they answered. “Far away
on the last road faring,
leaving western havens grey,
the seas of shadow daring,
we go back to Elvenhome,
where the White Tree is growing,
and the Star shines upon the foam
on the last shore flowing.”

“To mortal fields say farewell,
Middle-earth forsaking !
In Elvenhome a clear bell
in the high tower is shaking.
Here grass fades and leaves fall,
and sun and moon wither,
and we have heard the far call
that bids us journey thither”.

The oars were stayed. They turned aside :
“Do you hear the call, Earth-maiden ?
Firiel ! Firiel !” they cried.
“Our ship is not full-laden.
One more only we may bear.
Come ! For your days are speeding.
Come ! Earth-maiden elven-fair,
our last call heeding.”

Firiel looked from the river-bank,
one step daring ;
then deep in clay her feet sank,
and she halted staring.
Slowly the elven-ship went by
whispering through the water :
“ I cannot come !” they heard her cry.
“I was born Earth’s daughter !”

No jewels bright het gown bore,
as she walked back from the meadow
under roof and dark door,
under the house-shadow.
She donned her smock of russet brown,
her long hair braided,
and to her work came stepping down.
Soon the sunlight faded.

Year still after year flows
down the Seven Rivers ;
cloud passes, sunlight grows,
reed and willow quivers
at morn and eve, but never more
westward ships have waded
in mortel waters as before,
and their song has faded.


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Dernière édition par Eru le 20 Fév 2006 14:41; édité 9 fois
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MessagePosté le: 08 Mar 2006 21:10     Sujet du message: Répondre en citant

Thibaud Mercier – Chanson funéraire pour Boromir


Aragorn :

Au travers du Rohan, par les champs, les marais,
Et les brillantes fleurs des prés,
Le Vent d'Ouest se promène et effleure les murs,
Apportant tout ce qu'il murmure.
« As-tu vu Boromir le Grand et le Royal
A la lumière des étoiles ? »
« Je l'ai vu chevaucher dans les terres désertes
Et dans les ombres disparaître.
Le vent du Nord a pu ouïr chanter le cor
Du vaillant fils de Denethor. »
« O Boromir ! Du haut des murs de l'Ouest, longtemps,
Je regardais à l'Occident,
Mais tu ne revins pas de ces terres désertes,
Si ténébreuses et inertes. »




Legolas :

Des bouches de la Mer vole le Vent du sud,
Comme un harmonieux prélude,
Il porte les plaintifs sanglots des goélands
Et à la porte il se répand.
« Quelles nouvelles du Sud, O vent doux et chaud ?
Où donc est Boromir le Beau ? »
« Ne me demande pas l'endroit où il demeure,
Tant d'os gisent là en cette heure ;
Tant sur les blanches rives que les sombres cieux d'orage,
Tant d'êtres sont passés sur l'Anduin amer
Pour trouver la mouvante Mer ;
Demande au Vent du Nord les nouvelles qu'il a. »
« O Boromir ! tu ne vins pas
De la Route du Sud et de la grise Mer
Avec les goélands amers ! »



Aragorn :

De la porte des Rois coule le vent du Nord
Et il passe sur les chutes d'Or,
Et autour de la fière et blanche tour des Rois
Retentit son cor clair et froid.
« O puissant Vent du Nord, qu'apportes-tu ce jour
Pour la claire et brillante Tour ?
Quelles nouvelles de Boromir le hardi ?
Car il est bien longtemps parti. »
« Là-bas, sous Amon Hen, j'ai entendu son cri ;
Mains ennemis il combattit ;
Son bouclier fendu et son épée brisée,
A l'eau ils les ont apportés ;
Ses membres si puissants et sa tête si fière,
Sur les flots ils les disposèrent.
Et Rauros, magnifique et serein,
Rauros le porta sur son sein. »

« O Boromir ! La tour de Garde du Gondor
Toujours contemplera au Nord
Rauros, les chutes d'Or du Rauros scintillant
Grondant jusqu'à la fin des temps ! De Ta claire lumière sur les Mers d'Occident !»


Through Rohan over fen and field where the long grass grows
The West Wind comes walking, and about the walls it goes.
'What news from the West, O wandering wind, do you bring to me tonight?
Have you seen Boromir the Tall by moon or by starlight?'
'I saw him ride over seven streams, over waters wide and grey;
I saw him walk in empty lands, until he passed away
Into the shadows of the North. I saw him then no more. The North Wind may have heard the horn of the son of Denethor.'
'O Boromir! From the high walls westward I looked afar,
But you came not from the empty lands where no men are.'


From the mouths of the Sea the South Wind flies, from the sandhills and the stones;
The wailing of the gulls it bears, and at the gate it moans.
'What news from the South, O sighing wind, do you bring to me at eve?
Where now is Boromir the Fair? He tarries and I grieve.'
'Ask not of me where he doth dwell-so many bones there lie
On the white shores and the dark shores under the stormy sky;
So many have passed down Anduin to find the flowing Sea.
Ask of the North Wind news of them the North Wind sends to me!'
'O Boromir! Beyond the gate the seaward road runs south,
But you came not with the wailing gulls from the grey sea's mouth.'

From the Gate of Kings the North Wind rides, and past the roaring falls;
And clear and cold about the tower its loud horn calls.
'What news from the North, O mighty wind, do you bring to me today?
What news of Boromir the Bold? For he is long away.'
'Beneath Amon Hen I heard his cry. There many foes he fought.
His cloven shield, his broken sword, they to the water brought.
His head so proud, his face so fair, his limbs they laid to rest;
And Rauros, golden Rauros-falls, bore him upon its breast.'

'O Boromir! The Tower of Guard shall ever northward gaze
To Rauros, golden Rauros-falls, until the end of days.'



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MessagePosté le: 09 Mar 2006 15:58     Sujet du message: Répondre en citant

Bon, puisqu'il ne le fait pas lui-même, je me permets de poster cette traduction de poème que Squall-Estel m'a envoyée Sourire


Thibaud Mercier – Chant des Elfes à Elbereth


O Blanche-Neige ! O Blanche-Neige ! O claire Dame!
O reine d'Au-delà des Mers Occidentales!
O Lumière pour nous et nos errantes âmes,
Exilées loin de Toi sous tes douces étoiles !

Gilthoniel, O Elbereth, Dame sereine!
Combien vifs sont Tes yeux et claire Ton haleine!
O Blanche-Neige ! O Blanche-Neige! Nous chantons
Dans une terre loin de Tes doux horizons !

O étoiles, vous qui dans l'Année sans Soleil
Par Sa main lumineuse fûtes ainsi semées,
Dans ces champs balayés par un vent sans sommeil
Nous voyons votre belle floraison argentée !

O Elbereth ! Gilthoniel ! Dame bénie !
Encore aujourd'hui nous nous souvenons ici,
Dans cette terre loin de Tes enchantements,
De Ta claire lumière sur les Mers d'Occident !
Snow-white! Snow-white! O Lady clear!
O Queen beyond the Western Seas!
O Light to us that wander here
Amid the world of woven trees!

Gilthoniel! O Elbereth!
Clear are thy eyes and bright thy breath!
Snow-white! Snow-white! We sing to thee
In a far land beyond the Sea.

O stars that in the Sunless Year
With shining hand by her were sawn,
In windy fields now bright and clear
We see your silver blossom blown!

O Elbereth! Gilthoniel!
We still remember, we who dwell
In this far land beneath the trees,
Thy starlight on the Western Seas.


Pour les commentaires, c'est par Sourire
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En Beleriand en ces jours, les Elfes pérégrinaient, et les rivières coulaient sous les étoiles, et les fleurs nocturnes épanchaient leurs parfums ...
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