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Les Aratars Forum créé par les Gremlin's
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Dior
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Sexe: Inscrit le: 10 Aoû 2004 Messages: 3450 Localisation: Menegroth, deep under the sea
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Posté le: 14 Nov 2005 20:28 Sujet du message: [Traduction - HoMe X] Mythes transformés |
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Durant la dernière partie de sa vie, Tolkien entreprit de révolutionner quelques-unes des principales bases du Légendaire. Les textes expliquant ces changements ont été rassemblés par Christopher Tolkien dans la dernière partie du dixième volume de la série HoMe, Morgoth's Ring (pp. 369 et suivantes, Ed. HarperCollins, 2002), sous le titre Myths Transfomed (Mythes transformés).
Ce qui suit est donc la traduction intégrale officieuse des Mythes transformés par Nowhere Man et Dior. Pour plus de facilités, le texte a été divisé, sur la base des essais le composant :
N.B. : - Le texte en taille normale est le texte de Tolkien, celui en taille petite est de Christopher Tolkien (sauf pour l'introduction qui suit). Les notes sont de Christopher Tolkien sauf si autrement précisé.
- Les numéros de pages donnés sont ceux donnés par Christopher Tolkien et renvoient aux éditions en sa possession (donc la plupart du temps aux éditions originales anglaises).
- Une différence de choix de traduction explique que l'anglais Orcs est traduit par "Orques" dans les textes traduits par Nowhere Man et par "Orcs" dans les textes traduits par votre serviteur.
- Les pages indiquées sans référence à un livre renvoient aux pages de HoMe X, le volume contenant ce texte.
- Les autres volumes des HoMes sont référencés par de simples chiffres romains, les pages l'étant par des chiffres arabes (ex. : XI.226 renvoie à HoMe XI, p. 226).
Pour tout commentaire ou toute question, rendez-vous là  |
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Dior
Modérateur général


Sexe: Inscrit le: 10 Aoû 2004 Messages: 3450 Localisation: Menegroth, deep under the sea
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Posté le: 14 Nov 2005 20:55 Sujet du message: |
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MYTHES TRANSFORMÉS
Introduction
Je présente dans cette dernière partie de ce livre une série d'écrits tardifs de mon père, de nature variée mais concernant en gros la réinterprétation d'éléments centraux de la "mythologie" (ou Légendaire, comme mon père l'appelait) en fonction des impératifs d'une conception sous-jacente grandement modifiée. Certains d'entre eux (il y a des exceptions notables) présentent une difficulté exceptionnelle : fluidité des idées, expressions ambiguës et allusives, passages illisibles. Mais le plus grand problème est qu'il n'y a que très peu d'indications fermes de dates externes ou relatives : les ordonner dans un ordre même approximatif de composition semble impossible (bien que je pense que pratiquement tous viennent des années qui virent la rédaction de Lois et Coutumes parmi les Eldar, de l'Athrabeth, et les dernières révisions de parties du Quenta Silmarillion - la fin des années cinquante, au lendemain de la publication du Seigneur des Anneaux).
On peut lire dans ces écrits le récit d'un débat intérieur prolongé. Des années avant sont apparus les premiers signes d'idées émergentes qui, si poursuivies, causeraient des dérangements massifs dans Le Silmarillion : j'ai montré que lorsque mon père commença pour la première fois à réviser et à réécrire les récits des Jours anciens existants, avant que Le Seigneur des Anneaux ne fût achevé, il écrivit une version de l'Ainulindalë qui introduisait une transformation radicale du mythe astronomique, mais qu'à cette époque, il retint sa main (pp. 3-6, 43). Mais à présent, comme on le verra dans beaucoup des essais et notes qui suivent, il en était venu à croire qu'un bouleversement aussi vaste était une nécessité, que le cosmos du vieux mythe n'était plus valide; et en même temps, il était poussé à essayer de construire une base plus "théorique" ou "systématique" pour les éléments du Légendaire qui ne devaient pas disparaître. De par leurs questionnements, leurs certitudes qui laissent place au doute, leurs solutions contradictoires, ces écrits doivent être lus avec un sens de l'effort intellectuel et imaginatif au regard d'un tel démantèlement et d'une telle reconstitution, perçus comme étant une nécessité inéluctable, mais jamais achevés.
Les textes, présentés dans un ordre "thématique" assez large, sont numérotés à l'aide de chiffres romains. Presque tous ont reçu de mineurs changements d'édition (en terme de ponctuation, d'insertion de mots omis, etc.). Des notes numérotées (non présentes dans tous les cas) suivent chaque texte. |
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Dior
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Sexe: Inscrit le: 10 Aoû 2004 Messages: 3450 Localisation: Menegroth, deep under the sea
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Posté le: 15 Nov 2005 16:09 Sujet du message: |
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I
Je présente en premier un texte court écrit sur deux feuillets agrafés à l'un des tapuscrits des Annales d'Aman, ce qui le ferait dater de 1958 ou plus tard (si mes conclusions générales sur la datation sont correctes, p. 300).
Ceci découle des formes les plus anciennes de la mythologie - alors qu'elle n'était voulue que comme une autre mythologie primaire, bien que plus cohérente et moins "sauvage". C'était par conséquent une cosmogonie "Terre plate" (bien plus simple à traiter) : le cas de Númenor n'avait pas encore été conçu.
Il est maintenant clair pour moi que, dans tous les cas, la Mythologie doive en fait être une chose "humaine". (Les Hommes ne sont réellement intéressés que par les Hommes et par leurs idées et visions.) Les Hauts Eldar vivants et recevant l'instruction des êtres démiurgiques devaient savoir, ou à tout le moins leurs écrivains et leurs savants, la "vérité" (à la mesure de leur degré de compréhension). Ce que nous avons dans le Silmarillion etc. sont des traditions (spécialement personnalisées, et centrées sur des acteurs, tel Fëanor) transmises par des Hommes à Númenor et par après en Terre du Milieu (Arnor et Gondor); mais déjà depuis longtemps - depuis la première association des Dúnedain et des amis des Elfes avec les Eldar en Beleriand - mélangées et embrouillées avec leurs propres mythes et idées cosmiques humains.
À ce moment (en repensant aux premières parties cosmogoniques), j'avais tendance à maintenir la Terre plate et l'histoire absurde sur le plan astronomique de la création du Soleil et de la Lune. Mais vous pouvez écrire des histoires de ce genre quand vous vivez parmi des gens qui ont le même substrat général d'imagination, quand le Soleil se lève "réellement" à l'Est et se couche à l'Ouest , etc. Quand, cependant (peu importe le peu que la plupart des gens savent ou pensent de l'astronomie), il est une croyance générale que nous vivons sur une île "sphérique" dans l'"espace", vous ne pouvez plus faire de même.
On perd, évidemment, l'impact dramatique de choses telles que l'éveil des premiers "incarnés" dans un monde éclairé par les étoiles - ou l'arrivée des Hauts Elfes en Terre du Milieu et le déploiement de leurs bannières au premier lever de la Lune.
J'ai présenté ce texte en premier car - bien que griffonné rapidement - il s'agit d'une expression explicite des vues de mon père à cette époque, à trois égards majeurs. Les mythes astronomiques des Jours anciens ne peuvent pas être considérés comme la trace écrite des croyances traditionnelles des Eldar sous quelque forme que ce soit, car les Hauts Elfes d'Aman ne pouvaient pas avoir été si ignorants, et les éléments cosmologiques dans le Silmarillion sont essentiellement la trace écrite d'idées mythologiques, d'origine complexe, prévalant parmi les Hommes.1 Dans ce texte, cependant, mon père semble avoir accepté que ces idées ne conduisent pas nécessairement en soi à un grand bouleversement de la "structure du monde" fondamentale du Silmarillion, mais qu'au contraire, elles fournissent une base pour sa préservation ("À ce moment …, j'avais tendance à maintenir la Terre plate"). La conclusion de ce bref écrit semble alors être un pas sans connexion de plus : le mythe cosmologique du Silmarillion était une "erreur créative" de la part de son auteur, vu qu'il ne pourrait avoir aucune vérité imaginative pour des gens qui savent très bien qu'une telle "astronomie" est illusoire.
Comme il le déclare, cela peut sembler être un argument de la nature la plus douteuse, soulevant en effet la question, pourquoi le mythe des deux Arbres (que, d'après tous ses écrits, il ne montra jamais d'intention d'abandonner) est plus acceptable que celui de la création du Soleil et de la Lune à partir du dernier fruit et de la dernière fleur produits par les Arbres alors qu'ils mouraient ? Ou en fait, si c'est vrai, comment peut-il être acceptable que l'Étoile du soir soit le Silmaril pris par Beren de la couronne de Morgoth ?
Il est en tout cas clair, car il le déclare de manière suffisamment non ambiguë, qu'il en était arrivé à croire que l'art du "Sub-créateur" ne peut pas, ou ne devrait pas essayer de, s'étendre à la révélation "mythique" d'une conception de la forme de la Terre et de l'origine des lumières du ciel qui va à l'encontre des vérités physiques connues de son propre temps : "Vous ne pouvez plus faire de même". Et cette opinion est rendue plus complexe et difficile à discuter par la montée en puissance des "savants" eldarins d'Aman, dont les réalisations intellectuelles et les connaissances doivent exclure l'idée même qu'une astronomie "fausse" puisse avoir prévalu chez eux. Il me semble qu'il était en train de créer - de l'intérieur - une arme effroyable contre sa propre création.
Dans ce court texte, il écrivit avec dédain sur " l'histoire absurde sur le plan astronomique de la création du Soleil et de la Lune". Je pense qu'il est possible que ce soit la nature réelle de ce mythe qui le conduisit finalement à l'abandonner. Il est, en conception, beau et pas absurde; mais il est excessivement "primaire". Au sujet de l'originel "Conte du Soleil et de la Lune" dans Le Livre des contes perdus, j'ai écrit (I.201) :"Le caractère complet et l’intensité de cette description résultent en ceci que le Soleil et la Lune qui trouvent leur origine dans le dernier fruit et la dernière fleur des Arbres présentent moins de mystère que dans le langage succinct et très beau du Silmarillion. Mais aussi, beaucoup de choses sont dites ici qui accentuent la grande taille du "Fruit de Midi" et l’accroissement de la chaleur et de la luminosité du Navire-Soleil après son lancement ; ainsi la réflexion vient moins aisément à l’esprit que, si le Soleil qui illumina si brillamment la Terre entière ne fut qu’un fruit de Laurelin, alors Valinor dut être douloureusement brillant et brûlant durant les jours des Arbres. Lors de la première histoire, les derniers épanchements de vie des Arbres agonisants sont totalement étranges et "énormes", ceux de Laurelin sont prodigieux, voire même de mauvaise augure ; le Soleil est incroyablement brillant et chaud, même pour les Valar, qui sont stupéfaits et troublés par ce qui a été fait (les Dieux se rendent compte "qu’ils avaient fait une plus grande chose qu’ils ne le surent au premier abord") ; enfin la colère et la détresse de certains parmi les Valar devant la lumière brûlante du Soleil vient renforcer l’impression qu’avec le dernier fruit de Laurelin un pouvoir terrible et imprévu a été libéré. "
Avec l'évolution et le changement du Quenta Silmarillion, le mythe fut diminué dans l'échelle et la puissance de sa présentation; en effet, dans la forme finale du chapitre, et dans les Annales d'Aman, la description de l'origine réelle du Soleil et de la Lune est réduite à quelques lignes."Et alors même que l'espoir faiblissait et que son chant hésitait, voyez ! Telperion produisit enfin sur une branche sans feuille une grande fleur d'argent, et Laurelin un unique fruit d'or.
Yavanna les cueillit, et ensuite les Arbres moururent, et leurs racines sans vie se trouvent toujours en Valinor, un mémorial de joie disparue. Mais la fleur et le fruit, Yavanna les donna à Aulë, et Manwë les consacra; et Aulë et son peuple firent des vaisseaux pour les maintenir et préserver leur éclat, comme il est dit dans le Narsilion, le Chant du Soleil et de la Lune. Ces vaisseaux, les dieux les donnèrent à Varda, afin qu'ils puissent devenir des lampes célestes, surpassant les anciennes étoiles ..."
Ces mots graves et sereins ne peuvent entièrement supprimer un sentiment qu'il émerge là comme un affleurement non érodé d'une phase plus ancienne, plus fantastique, plus bizarre. Comme c'est en effet le cas: telle était la nature de l'œuvre, ayant évolué durant tant d'années. Mais cela ne figurait pas dans l'œuvre comme un mythe isolé, un élément à présent gratuit qui pourrait être excisé; car lié à lui était le mythe des deux Arbres ("les anciens Soleil et Lune"), dispensant la lumière à travers de longs âges aux terres de Valinor, alors que la Terre du Milieu était dans les ténèbres, illuminée seulement par les étoiles du firmament d'Arda. Dans ces ténèbres les Elfes, le Peuple des Etoiles, s'éveillèrent; et après la mort des Arbres, la Lumière ancienne ne fut préservée que dans les Silmarils. En 1951, mon père écrivait (Lettres n° 131, p. 148) :"Il y avait la Lumière de Valinor rendue visible dans les deux Arbres d'Argent et d'Or. Ceux-ci ont été abattus par l'Ennemi par pure malveillance, plongeant Valinor dans les ténèbres, bien qu'on en ait tiré les lumières du Soleil et de la Lune, avant qu'ils ne meurent complètement. (Une différence marquée ici, entre ces légendes et la plupart des autres, est que le Soleil n'est pas un symbole divin, mais un substitut, et que la "lumière du Soleil" - le monde sous le soleil - désigne alors un monde déchu et une vision imparfaite et sans unité.)"
Mais : "Vous ne pouvez plus faire de même". On verra dans les pages suivantes comment, conduit par cette conviction, il essaya de défaire ce qu'il avait fait, mais en conservant ce qu'il pouvait. Il est remarquable qu'il ne paraît jamais, à ce moment, avoir ressenti que ce qu'il disait dans le présent texte fournissait une solution au problème qu'il croyait exister :"Ce que nous avons dans le Silmarillion etc. sont des traditions … transmises par des Hommes à Númenor et par après en Terre du Milieu (Arnor et Gondor); mais déjà depuis longtemps - depuis la première association des Dúnedain et des amis des Elfes avec les Eldar en Beleriand - mélangées et embrouillées avec leurs propres mythes et idées cosmiques humains."
Il est tentant de supposer que, quand mon père écrivit que, "en repensant aux premières parties cosmogoniques", il avait "tendance à maintenir la Terre plate et l'histoire absurde sur le plan astronomique de la création du Soleil et de la Lune", il se référait à l'Ainulindalë C et aux Annales d'Aman. S'il en était ainsi, cela pourrait justifier les développements dans l'Ainulindalë C discutés en pp. 27-9, où Arda devient un petit monde dans l'immensité d'Eä - mais garde les caractéristiques "Terre plate" d'Ilu de l'Ambarkanta et d'avant.
En lien avec l'affirmation de mon père que les légendes du Silmarillion étaient des traditions transmises par les Hommes à Númenor et par après dans les royaumes númenóréens de la Terre du Milieu, voici l'endroit approprié pour reproduire une note complètement isolée et soigneusement tapée (mais pas sur sa dernière machine à écrire) sur une petite fiche et intitulée "Memorandum".
Les trois grands Contes doivent être númenóréens, et dériver de choses préservées en Gondor. Ils faisaient partie de l'Atanatárion (ou le Légendaire des Pères des Hommes). ?Sindarin Nern in Edenedair (ou In Adanath).
Il s'agit (1) du Narn Beren ion Barahir, aussi appelé Narn e•Dinúviel (Conte du Rossignol), (2) du Narn e•mbar Hador, contenant (a) le Narn i•Chîn Húrin (ou Narn e•'Rach Morgoth, Conte de la Malédiction de Morgoth); et (b) Narn en•Êl (ou Narn e•Dant Gondolin ar Orthad en•Êl).
Ne devraient-ils pas être donnés en Appendices au Silmarillion ?
Dans la question finale, mon père faisait probablement la distinction entre des formes longues et courtes de ces contes. Deux notes supplémentaires sur cette fiche, tapées à la même époque, se réfèrent au "Conte de Túrin" et suggèrent qu'il y travaillait à ce moment.2 Je n'ai connaissance d'aucun signe de datation du grand développement de la "Saga de Túrin", mais il appartient certainement à une période antérieure à celle des écrits présentés dans la dernière partie de ce livre.
L'idée que les légendes des Jours anciens sont issues d'une tradition númenóréenne apparaît aussi dans le tapuscrit abandonné (AAm*) des Annales d'Aman réalisé par [Tolkien] lui-même (p. 64).3 Dans ce texte, le préambule déclare :"Ici commencent les 'Annales d'Aman'. Rúmil les rédigea dans les Jours anciens, et elle furent conservées par les Exilés. Ces parties que nous avons apprises et retenues furent donc consignées en Númenor avant que l'Ombre ne la recouvre."
Notes :
1 Des remarques très similaires sont faites dans la Note 2 du Commentaire de l'Athrabeth (p. 337) :Physiquement, Arda était ce que nous appellerions le Système solaire. On peut présumer que les Eldar pouvaient avoir eu autant d'informations aussi précises le concernant, sa structure, son origine, et sa relation au reste d'Eä, qu'ils pouvaient le comprendre. Un peu plus loin dans cette même Note, il est dit :Les traditions auxquelles on se réfère ici sont venues des Eldar du Premier Âge, via les Elfes qui ne furent jamais directement en compagnie des Valar, et via les Hommes qui reçurent ce "savoir" des Elfes, mais qui avaient des mythes et des légendes cosmogoniques, et hypothèses astronomiques propres. Il n'y a cependant rien en elles qui contredise sérieusement les présentes notions humaines de Système solaire, de sa taille et de sa position dans l'Univers. La phrase que j'ai italicisée suggère un engagement garanti, au moins, d'une re-formation de la vieille cosmologie. - Pour des références dans le Commentaire de l'Athrabeth à la part númenóréenne dans la transmission des légendes des Jours anciens, voir pp. 342, 344, 360.
2 Il s'agit d'une proposition selon laquelle Níniel (Nienor) devrait "dans son allure et ses manières" rappeler Lalaeth à Túrin, sa sœur qui mourut dans l'enfance (Voir Contes et Légendes inachevés, p. 147 note 7), et d'une autre, marquée d'un point d'interrogation, selon laquelle Túrin devrait penser aux paroles de Saeros, l'Elfe de Doriath, quand il trouve Níniel nue à la lisière de la Forêt de Brethil (Contes et Légendes inachevés, pp. 80, 122).
Au dos de cette fiche, mon père écrivit (dans un gribouillis frénétique au stylo à bille) :"Les mythes cosmogoniques sont númenóréens, mélangeant le savoir elfe au mythe humain et à l'imagination. Il devrait y avoir une note disant que les Sages de Númenor mentionnaient qu'il n'en allait pas ainsi de la création des étoiles, ni de celle du Soleil et de la Lune. Car le Soleil et les étoiles étaient tous plus anciens qu'Arda. Mais le placement d'Arda parmi les étoiles et sous la [?garde] du Soleil était dû à Manwë et à Varda, avant l'assaut de Melkor." Je comprends les mots " les Sages de Númenor mentionnaient qu'il n'en allait pas ainsi de la création des étoiles, ni de celle du Soleil et de la Lune" comme signifiant que la création du Soleil, de la Lune et des étoiles ne venait pas du "savoir elfe". Il est à noter que Arda ici signifie "la Terre", et non "le Système solaire".
3 J'ai dit (p. 64) qu'il était enclin à situer AAm* avec l'écriture du manuscrit original des Annales plutôt qu'à une période ultérieure, mais il ne s'agit que d'une estimation.
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Dior
Modérateur général


Sexe: Inscrit le: 10 Aoû 2004 Messages: 3450 Localisation: Menegroth, deep under the sea
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Posté le: 15 Nov 2005 16:13 Sujet du message: |
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II
Il s'agit d'un texte de nature très problématique, un manuscrit à l'encre divisé en deux parties qui sont pleinement et étroitement associées : une discussion, avec des propositions pour la "régénération" de la mythologie; et une narration abandonnée. Aucune n'a de titre ou d'entête.
La Création du Soleil et de la Lune doit avoir lieu longtemps avant l'arrivée des Elfes, et ne peut pas avoir lieu après la mort des Deux Arbres - si elle survient de quelque manière que ce soit en connexion avec le séjour des Noldor en Valinor. La période permise est trop courte. De même, il ne pourrait y avoir de forêts et fleurs etc. sur terre, s'il n'y avait pas eu de lumière depuis le renversement des Lampes !1
Mais comment les Eldar peuvent-ils alors être appelés le "Peuple des Étoiles" ?
Vu que les Eldar sont supposés être plus sages et avoir des connaissances plus exactes de l'histoire et de la nature de la Terre que les Hommes (ou que les Elfes sauvages), leurs légendes devraient avoir une relation plus proche avec les connaissances que nous possédons maintenant d'au moins la forme du Système solaire (= Royaume d'Arda);2 bien qu'il ne soit pas nécessaire, évidemment, qu'elles suivent aucune théorie "scientifique" de sa création ou de son développement.
Il semble par conséquent clair que la mythologie cosmogonique devrait représenter Arda comme elle est, plus ou moins : une île dans le vide "parmi les étoiles innombrables". Le Soleil devrait être contemporain de la Terre, bien que sa taille relative n'a pas besoin d'être considérée, tandis que la révolution apparente du Soleil autour de la Terre serait acceptée.*
Les Étoiles, par conséquent, seront en général d'autres parties plus éloignées du Grand conte d'Eä, qui ne concernent pas les Valar d'Arda. Pourtant, même si de manière non explicite, il sera une assomption sous-jacente que le Royaume d'Arda est d'une importance centrale, choisi parmi toute l'immensité immesurable d'Eä comme la scène du drame principal du conflit de Melkor avec Ilúvatar, et les Enfants d'Eru. Melkor est l'esprit suprême de l'Orgueil et de la Révolte, pas seulement le premier Vala de la Terre, qui s'est tourné vers le mal.3
Par conséquent, Varda, en tant qu'une des Grands Valar d'Arda, ne peut pas être dite avoir "enflammé" les étoiles , en tant qu'acte subcréatif original - en tout cas pas les étoiles en général.4
L'histoire, semble-t-il, devrait suivre la ligne suivante. L'entrée des Valar en Eä au début du Temps. Le choix du Royaume d'Arda en tant que leur principal lieu de résidence (? par les plus hauts et les plus nobles des Ainur,5 à qui Ilúvatar avait eu l'intention de confier le soin des Eruhíni). Manwë et ses compagnons échappent à Melkor et commencent l'agencement d'Arda, mais Melkor les cherche et finit par trouver Arda,6 et en conteste la royauté à Manwë.
Cette période correspondra, à peu près, aux époques primitives supposées avant que la Terre ne devienne habitable. Une époque de feu et de cataclysme. Melkor semait la confusion avec le Soleil de telle sorte que, par moments, il était trop chaud, et, à d'autres, trop froid. Que ce soit dû à l'état du Soleil, ou à des altérations de l'orbite de la Terre, cela ne doit pas être précisé : les deux sont possibles.
Mais après une bataille, Melkor est chassé de la Terre même. (La Première Bataille?) Il découvre qu'il ne peut s'y rendre qu'en grand secret. À ce moment, il commence pour la première fois à se tourner le plus vers le froid et l'obscurité. Son premier désir (et arme) était le feu et la chaleur. Ce fut par le maniement des flammes que Tulkas (? originellement Vala du Soleil) le défit lors de la Première Bataille. Par conséquent, Melkor vient principalement pendant la nuit et spécialement au Nord en hiver. (Ce fut après la Première Bataille que Varda posa certaines étoiles en tant que signes de présage à être vus par les habitants d'Arda.)
Les Valar, en réaction, créent la Lune. Avec de la substance terrestre ou solaire ? Il doit s'agir d'une lumière subsidiaire pour atténuer la nuit** (telle que Melkor l'avait faite), et aussi d'un "vaisseau de surveillance et d'alerte" tournant autour du monde.7 Mais Melkor a rassemblé dans le Vide des esprits du froid, etc... et l'a soudainement assaillie, chassant le Vala Tilion.8 La Lune fut par après longtemps sans gouvernail et vagabonde et appelée Rana (neutre).9
[Si Tulkas vint du Soleil, alors Tulkas fut la forme que ce Vala adopta sur Terre, étant à l'origine Auron (masculin). Mais le Soleil est féminin; et il est mieux que le Vala soit Áren, une demoiselle dont Melkor s'efforça de faire sa compagne (ou viola);10 elle s'éleva en une flamme de colère et d'angoisse et son esprit fut libéré d'Eä, mais Melkor en fut noirci et brûlé, et sa forme fut par après sombre, et il se mit à l'obscurité. (Le Soleil lui-même était Anar neutre ou Úr, cf. Rana, Ithil.)]
Le Soleil resta un Feu solitaire, profané par Melkor, mais après la mort des Deux Arbres, Tilion retourna sur la Lune, qui resta dès lors une ennemie de Melkor et de ses serviteurs et créatures de la nuit - et donc aimée des Elfes plus tard etc.
Après la prise de la Lune, Melkor commence à être à nouveau plus hardi. Il établit des bases permanentes dans le Nord, loin sous terre. De là vient la corruption secrète qui pervertit les travaux des Valar (spécialement ceux d'Aulë et de Yavanna).
Les Valar se lassent. Enfin, découvrant Melkor et sa résidence, ils cherchent à nouveau à le chasser, mais Utumno se révèle trop forte.
Varda a préservé un peu de la Lumière primordiale (sa préoccupation principale dans le Grand Conte). Les Deux Arbres sont créés. Les Valar créent leur lieu de repos et leurs résidences en Valinor dans l'Ouest.
Maintenant, l'un des objets des Arbres (tout comme, plus tard, des Joyaux) était la guérison des blessures de Melkor, mais cela pouvait aisément avoir un aspect égoïste : l'arrêt de l'histoire - ne pas continuer avec le Conte. Il eut cet effet sur les Valar. Ils devinrent de plus en plus épris de Valinor, et y allèrent plus souvent, et y restèrent plus longtemps. La Terre du Milieu était laissée trop peu surveillée, et trop peu protégée contre Melkor.
Vers la fin des Jours de Félicité, les Valar voient que la situation s'est renversée. Ils sont chassés de la Terre du Milieu par Melkor et ses esprits maléfiques et ses monstres; et ils peuvent seulement eux-mêmes s'y rendre secrètement et brièvement (Oromë et Yavanna principalement).
Cette période doit être brève. Les deux côtés savent que l'arrivée des Enfants de Dieu est imminente. Melkor désire les dominer dès le départ par la crainte et l'obscurité, et les asservir. Il obscurcit le monde [ajouté dans la marge : pendant sept ans ?] en coupant toute vision du ciel aussi loin qu'il le peut, et bien que dans l'extrême-Sud (est-il dit) cela ne fût pas effectif. De l'extrême-Nord (où [ils sont] denses) au milieu (Endor),11 de grands nuages couvent. La Lune et les étoiles sont invisibles. Le jour est seulement un faible crépuscule au mieux. Seule la lumière [est] en Valinor.
Varda s'élève dans sa puissance, et Manwë des Vents, et ils combattent contre le Nuage d'Invisibilité. Mais aussi vite qu'il est déchiré, Melkor referme le voile à nouveau - au moins sur la Terre du Milieu. Alors vint le Grand Vent de Manwë, et le voile fut déchiré. Les étoiles brillent clairement même dans le Nord (Valakirka), et, après la longue obscurité, paraissent terriblement vives.
C'est dans l'obscurité juste avant que les Elfes s'éveillent. Les premières choses qu'ils voient dans le noir sont les étoiles. Mais Melkor amène des ténèbres de l'Est, et les étoiles disparaissent à l'Ouest. D'où ils pensent depuis le début à la lumière et à la beauté de l'Ouest.
La Venue d'Oromë.
La Troisième Bataille et la captivité de Melkor. Les Eldar vont en Valinor. Les nuages se dispersent lentement après la capture de Melkor bien qu'Utumno en crache toujours. Il fait le plus sombre à l'Est, au plus loin du souffle de Manwë.
La Marche des Eldar sous de grandes Pluies ?
Les Hommes s'éveillent sur une Île au milieu des flots et par conséquent accueillent le Soleil qui semble venir de l'Est. Seulement quand le monde est plus sec quittent-ils l'Île et se répandent-ils ailleurs.
C'est seulement les Hommes qui ont rencontré des Elfes et entendu les rumeurs de l'Ouest qui y vont. Car les Elfes ont dit : "si vous trouvez de la joie dans le Soleil, vous marcherez sur le chemin qu'il prend."
La venue des Hommes doit donc avoir lieu bien plus tôt.12 Ce sera mieux; car environ 400 ans est assez inadéquat pour produire la variété, et l'avancement (e.g. des Edain) à l'époque de Felagund.13
Les Hommes doivent s’éveiller tandis que Melkor est encore en Arda ? - à cause de leur Chute.14 Donc à un moment donné au cours de la Grande Marche .
Ce texte s'arrête là. Suit à présent la narration associée, identique en apparence à la discussion précédente (les deux éléments sont écrits de la même écriture assez inhabituelle).
Après que les Valar, qui avant étaient les Ainur de la Grande Chanson, furent entrés en Eä, ceux qui étaient les plus nobles parmi eux et qui comprirent le mieux l'esprit d'Ilúvatar cherchèrent parmi les régions incommensurables du Commencement cet endroit où ils devraient établir le Royaume d'Arda dans les temps à venir. Et quand ils eurent choisi où devraient être ce point et cette région, ils commencèrent les travaux qui étaient nécessaires. Il y en eut d'autres, innombrables à notre pensée mais connus chacun et numérotés dans l'esprit d'Ilúvatar, dont les travaux se déroulèrent ailleurs et dans d'autres régions et histoires du Grand Conte, parmi les étoiles lointaines et les mondes en dehors de la portée de la pensée la plus éloignée. Mais de ces autres nous ne savons rien et ne pouvons pas savoir, bien que les Valar d'Arda, peut-être, se souviennent d'eux tous.
Le Principal des Valar d'Arda était celui que les Elfes nommèrent par après Manwë, le Béni : l'Ancien Roi, vu qu'il était le premier de tous les rois en [Arda >] Eä. Son frère était Melkor, le Puissant, et il était, comme il a été dit, tombé dans l'orgueil et le désir de sa propre domination. Par conséquent, les Valar l'évitèrent, et commencèrent la construction et l'ordonnancement d'Arda sans lui. Raison pour laquelle il est dit que, bien qu'il existe à présent un grand mal en Arda et que beaucoup de choses y sont en discorde, de telle sorte que le bien de l'un semble être le mal de l'autre, néanmoins les fondations de ce monde sont bonnes, et il se tourne par nature vers le bien, se guérissant lui-même de l'intérieur par le pouvoir qui fut mis en lui à sa création; et le mal en Arda échouerait et disparaîtrait s'il n'était pas renouvelé de l'extérieur : c'est-à-dire : qui vient de volontés et d'êtres [sic] qui sont autres qu'Arda elle-même.
Et, comme il est bien connu, le premier parmi eux est Melkor. Sans mesure comme l'étaient les régions d'Eä, déjà au Commencement, alors qu'il aurait pu être Maître de tout ce qui était fait - car il y avait beaucoup d'Ainur de la Chanson désirant le suivre et le servir, s'il appelait -, il n'était toujours pas satisfait. Et il chercha sans cesse Arda et Manwë, son frère, lui reprochant le royaume, aussi petit qu'il puisse sembler à son désir et sa puissance; car il savait qu'à ce royaume Ilúvatar entendait donner la plus haute royauté en Eä, et sous le gouvernement de ce trône placer les Enfants de Dieu. Et en cette pensée qui le trompait, car le menteur se mentira à lui-même, il croyait que sur les Enfants, il pourrait exercer une emprise absolue et être pour eux le seul seigneur et maître, comme il ne pouvait l'être pour les esprits de son espèce, même ceux qui étaient serviles envers lui. Car ils savaient que l'Unique est, et devaient consentir à la rébellion de Melkor de leur propre choix; alors qu'il projetait de retenir cette connaissance des Enfants et être à jamais une ombre entre eux et la lumière.
Melkor ne se concevait pas lui-même comme une ombre alors. Car à ses débuts, il aimait et désirait la lumière, et la forme qu'il prit était excessivement brillante; et il disait en son cœur : "Sur une brillance telle que la mienne, les Enfants supporteront difficilement de porter le regard; par conséquent, connaître n'importe quoi d'autre ou allant au-delà, ou même fatiguer leurs petits esprits à le concevoir ne serait pas pour leur bien." Mais la brillance moindre qui se tient devant une plus grande devient une obscurité. Et Melkor était donc jaloux de toutes les autres brillances, et souhaitait prendre toute la lumière pour lui-même. Par conséquent, Ilúvatar, lors de l'entrée des Valar en Eä, ajouta un thème à la Grande Chanson qui n'y était pas lorsqu'elle fut entonnée la première fois, et il appela un des Ainur à lui. Maintenant, il s'agissait de cet Esprit qui devint plus tard Varda (et, prenant une forme féminine, devint la compagne de Manwë). À Varda Ilúvatar dit : "Je te donnerai un cadeau d'au revoir. Tu emporteras en Eä une lumière qui est sacrée, venant nouvelle de Moi, non souillée par les pensées et la convoitise de Melkor, et avec toi elle entrera en Eä, et sera en Eä, mais pas d'Eä." C'est pourquoi Varda est le plus sacrée et révérée de tous les Valar, et ceux qui nomment la lumière de Varda nomment l'amour d'Eru pour Eä, et ils en sont effrayés, seulement moins que de nommer l'Unique. Néanmoins, ce don d'Ilúvatar aux Valar emporte son propre péril, comme pour tous ses dons gratuits : qui n'est à la fin rien d'autre que de dire qu'ils jouent un rôle dans le Grand Conte afin qu'il soit complet; car sans péril, ils seraient sans pouvoir, et l'acte de donner serait nul.
Quand donc enfin Melkor découvrit le lieu de résidence de Manwë et de ses amis, il y vint en grande hâte, comme un feu étincelant. Et découvrant que de grands travaux avaient déjà été achevés sans son avis, il devint furieux, et désira défaire ce qui était fait ou l'altérer selon sa propre idée.
Mais cela, Manwë ne le souffrirait pas, et il y eut par conséquent la guerre en Arda. Mais, comme il est écrit ailleurs, Melkor fut en ces temps défait avec l'aide de Tulkas (qui n'était pas l'un de ceux qui commencèrent la création d'Eä) et chassé à nouveau dans le Vide entourant Arda. Cela est appelé la Première Bataille; et bien que Manwë eût la victoire, de grands dommages furent causés à l'œuvre des Valar; et le pire des faits de la colère de Melkor fut vu dans le Soleil. Et maintenant, le Soleil était sensé être le cœur d'Arda, et les Valar avaient pour intention qu'il donnât la lumière à tout ce Royaume, sans cesse et sans lassitude ou diminution, et que de sa lumière le monde reçût la santé et la vie et la croissance. Par conséquent, Varda y mit le plus ardent et le plus beau de tous ces esprits qui entrèrent avec elle en Eä, et elle s'appelait Ār(i),15 et Varda remit en sa garde une portion du don d'Ilúvatar afin que le Soleil puisse endurer et être béni et bénir. Le Soleil, nous disent les savants, était en ce commencement appelé Âs (qui est, d'aussi près qu'on le puisse, interprété comme Chaleur, à laquelle sont joints Lumière et Réconfort), et l'esprit fut par conséquent appelé Āzië (ou plus tard Ārië).
Mais Melkor, comme il a été dit, convoitait toute lumière, la désirant jalousement pour lui-même. De plus, il perçut tôt qu'en Âs était une lumière qui lui avait été dissimulée, et qui avait un pouvoir auquel il n'avait pas pensé. Par conséquent, enflammé d'un coup de désir et de colère, il vint à Âs [écrit par dessus : Asa], et il parla à Árië, lui disant : "Je t'ai choisie, et tu seras ma compagne, tout comme Varda l'est pour Manwë, et ensemble nous exercerons toute splendeur et toute maîtrise. Alors le royaume d'Arda sera mien en fait comme en droit, et tu seras la partenaire de ma gloire."
Mais Árië rejeta Melkor et lui fit des reproches, disant : "Ne parle pas de droit, que tu as oublié depuis longtemps. Ni pour toi ni par toi seul ne fut faite Eä; et tu ne seras pas Roi d'Arda. Prends garde dès lors; car il y a au cœur d'Ás une lumière dans laquelle tu n'as aucune part, et un feu qui ne te servira pas. N'y porte pas la main. Car bien que ta puissance puisse le détruire, il te brûlera et ta brillance deviendra obscurité."
Melkor n'accorda pas d'attention à son avertissement, mais cria dans sa colère : "Le don qui est retenu, je le prends !" et il viola Árië, désirant à la fois l'avilir et lui prendre ses pouvoirs. Alors l'esprit d'Árië s'éleva telle une flamme d'angoisse et de colère, et quitta Arda*** à jamais; et le Soleil fut dépossédé de la Lumière de Varda, et fut souillé par l'assaut de Melkor. Et étant pour un long moment sans gouvernement, il brûla d'une chaleur excessive ou devint trop froid, de telle sorte que de graves dommages furent causés en Arda et l'agencement du monde fut marri et retardé, avant que les Valar n'instaurassent laborieusement un nouvel ordre.§ Mais même comme Árië l'avait prédit, Melkor fut brûlé et sa brillance s'assombrit, et il n'émit plus de lumière, mais la lumière le blessait excessivement et il la haït.
Néanmoins, Melkor ne laisserait pas Arda en paix; et par dessus tout, il reprochait aux Valar leur résidence sur Terre, et désirait y endommager leurs travaux, ou les anéantir, s'il le pouvait. Par conséquent, il retourna sur Terre, mais par crainte de la puissance des Valar et de Tulkas plus que tout, il y vint alors en secret. Et dans sa haine du Soleil, il vint au Nord la nuit en hiver. Au début, il partait quand le long jour de l'été arrivait; mais après un temps, devenant à nouveau plus hardi, et désirant une résidence à lui, il commença le creusement souterrain de sa grande forteresse dans l'extrême-Nord, qui fut appelée par après Utumno (ou Udûn).
Les Valar, donc, quand ils devinrent conscients, de par les signes du mal qui étaient vus sur Terre, que Melkor était revenu secrètement, le recherchèrent en vain, bien que Tulcas et Oromë parcoururent en long et en large la Terre du Milieu même jusqu'à l'extrême-Est. Quand ils perçurent que Melkor tournait à présent l'obscurité et la nuit à son avantage, comme il avait auparavant cherché à manier la flamme, ils furent peinés; car c'était une partie de leur intention qu'il dût y avoir du changement et de l'altération sur Terre, et ni jour perpétuel ni nuit sans fin.§§ Car par la Nuit les Enfants d'Arda devraient connaître le Jour, et percevoir et aimer la Lumière; et la Nuit aussi devrait être dans son genre bonne et bénie, étant un temps de repos, et de réflexion intérieure; et une vision aussi de choses hautes et belles qui sont au delà d'Arda, mais sont voilées par la splendeur d'Anar. Mais Melkor en ferait un temps de péril invisible, de crainte sans forme, une veille non aisée; ou un rêve hanté, menant via le désespoir à l'ombre de la Mort.
Par conséquent, Manwë consulta Varda, et ils appelèrent Aulë à l'aide. Et ils se résolurent à modifier l'agencement d'Arda et de la Terre, et dans leur réflexion ils imaginèrent Ithil, la Lune. De quelle manière et par quels travaux créèrent-ils en fait ce grand produit de leur réflexion, qui le dira : car qui des Enfants a vu les Valar dans le soulèvement de leur force ou écouté leurs conseils dans la fleur de leur jeunesse ? Qui a observé leur travail lorsqu'ils travaillaient, qui a vu la nouveauté du nouveau ?
Certains disent que c'est de la Terre16 elle-même qu'Ithil fut faite, et donc qu'Ambar17 fut diminuée; d'autres disent que la Lune fut faite de choses semblables à la Terre et de ce qui est Eä même, comme il fut fait dans le Conte.18
À présent, quand la Lune fut terminée, elle fut posée au-dessus d'Ambar, et dirigée pour tourner à jamais autour, amenant la lumière aux lieux sombres d'où le Soleil était parti. Mais c'était une lumière moindre, de telle sorte que la lumière lunaire n'était pas la même que la lumière solaire, et qu'il y avait toujours un changement de lumière sur la Terre; de plus, il y avait toujours aussi la lumière des étoiles, car la Lune et le Soleil étaient à certaines périodes et saisons absents.
Ceci enfin est ce qu'il advint après par cette sentence prononcée par Ilúvatar ..... le mal de Melkor devrait en son propre dépit produire des choses encore plus belles que la production de son ..... Car certains ont considérés que la Lune fut au départ embrasée, mais fut plus tard faite [?forte] et la vie ..... : plus tard mais alors qu'Arda était inagencée et toujours dans les troubles de Melkor.
Tant est connu par les Sages, que Tilion - [sic] et que Melkor fut rempli d'une nouvelle colère au lever de la Lune. Par conséquent, pendant un temps, il quitta à nouveau Ambar et s'en alla dans la Nuit Extérieure, et appela à lui certains de ces esprits qui répondraient à son appel.
Une page de notes rudimentaires et non connectées précédait apparemment ce texte, mais doit appartenir à la même période : des idées trouvées dans la discussion et le synopsis précédant la narration se retrouvent aussi ici, telle que la "grande obscurité d'ombre" créée par Melkor et qui masqua le Soleil. Dans ces notes, mon père se demandait toujours s'il devait "garder la vieille histoire mythologique de la création du Soleil et de la Lune, ou modifier l'arrière-plan vers une version 'terre ronde'", et observant que dans ce dernier cas la Lune serait une œuvre de Melkor lui fournissant "une retraite sûre" - donc retournant à l'idée de l'origine de la Lune trouvée des années auparavant dans le texte C* de l'Ainulindalë (p. 41, §31). Le doute et un manque de direction certaine en ressortent très fortement, alors qu'il était en prise avec les problèmes insolubles posés par la présence du Soleil dans le ciel sous lequel les Elfes s'éveillèrent, qui n'était illuminé que par les étoiles.19
Il y a des particularités dans le présent texte qui l'associent clairement au Commentaire sur l'Athrabeth (voir les notes 2 et 3 ici), parmi elles l'emploi du nom Arda pour le Système solaire; mais alors que la Terre elle-même est dans le Commentaire appelée Imbar, elle a ici le nom plus vieux Ambar (voir note 17). Il ne peut y avoir de doute, je pense, sur le fait que le présent texte est le plus ancien des deux. D'un autre côté, on ne trouve plus de présentation finie ou complète des nouvelles conceptions en gros, la "nouvelle mythologie"; et il semble en tout cas possible d'avancer qu'alors qu'engagé en esprit à abandonner le vieux mythe de l'origine du Soleil et de la Lune, mon père laissa en suspens la formulation et l'expression du nouveau. Il se peut, bien que je n'aie pas de preuve dans un sens ou dans l'autre, qu'il vint à percevoir par des écrits expérimentaux tels que ce texte que la vieille structure était trop globale, trop imbriquée dans toute ses parties, en fait ses racines trop profondes, pour résister à une telle chirurgie dévastatrice.
Notes
1 Dans AAm §15 (p. 52) "les arbres et les herbes crurent, et les bêtes et les oiseaux apparurent "dans la lumière des Lampes : c'était le Printemps d'Arda. Mais après la destruction des Lampes, Yavanna "plongea dans le sommeil beaucoup des belles choses qui s'étaient éveillées en ce Printemps, à la fois arbre et herbe et bête et oiseau, afin qu'ils ne vieillissent pas mais qu'ils attendissent le moment du réveil qui devait pourtant arriver." (§30, p. 70).
2 Sur les connaissances astronomiques présumées chez les Hauts Elfes, cf. la Note 2 du Commentaire sur l'Athrabeth ([HoMe X,] p. 337) - où, comme ici, Arda équivaut au Système solaire - et le texte I (p. 370).
* [Note de Tolkien, en marge] C'est ou ce serait en tout cas un "fait de la vie" pour toute intelligence choisissant la Terre en tant que lieu de vie et de travail. [Il n'y a pas d'indication quant à où ceci doit aller, mais nulle autre place sur la page ne semble convenir.]
3 L'idée de ce paragraphe trouve un équivalent proche dans la Note 2 du Commentaire sur l'Athrabeth (p. 337), et la phrase finale est très semblable à ce qui est dit dans le Commentaire même, p. 334 ("Melkor n'était pas juste un Mal local sur Terre...").
4 Dans AAm §24 ([p. 54), il est dit qu'après la Chute des Lampes, "la Terre du Milieu restait dans la pénombre sous les étoiles que Varda avait créées au cours des âges oubliés de ses travaux en Ëa", et en §34 ([p. 71), que Varda regardait depuis le Taniquetil "et considéra l'obscurité de la Terre sous les étoiles innombrables, pâles et lointaines", avant qu'elle ne commençât la création de nouvelles étoiles plus brillantes; de même ainsi dans le Quenta Silmarillion révisé ([p. 159, §19) : "Alors Varda ... fit de nouvelles étoiles, plus brillantes, pour la venue des Premiers-Nés. Depuis lors, celle qui s'appelait Tintallë depuis les temps reculés où Eä avait été créée, l'Enflammeuse, fut appelée par les Elfes Elentári, Reine des Étoiles." Mais si elle peut toujours peut-être être appelée Elentári, elle ne peut plus être appelée Tintallë (voir cependant p. 388 et note 3 [NdTr : texte IV]).
Dans une altération tardive du texte final D de l'Ainulindalë (p. 34, §36), les mots concernant Varda "ce fut elle qui ouvra les Étoiles" furent changés en " ce fut elle qui ouvra les Grandes Étoiles"; et il semble possible que ce fut fait à la lumière des idées présentées ici.
5 Cf. la Note 2 du Commentaire sur l'Athrabeth (p. 337), avec la note 13 de ce passage.
6 Ceci est évidemment complètement différent de la forme de la légende dans l'Ainulindalë (p. 14, §23) : "Mais Melkor était également là depuis le début, et il interféra dans tout ce qui était fait", alors que dans le texte C* (p. 40) Melkor entre en Arda avant les autres Ainur.
** [Note de Tolkien, en marge] Mais pas pour la chasser. Il était nécessaire d'avoir une alternance, "parce qu'en Eä, en accord avec le Conte, rien ne peut durer sans fin sans fatigue ni corruption."
7 La Légende dans l'Ainulindalë C* selon laquelle Melkor lui-même fit la Lune pour qu'il "[puisse] observer tout ce qui se passait en dessous" (p. 41, §31) avait été abandonnée (mais voir p. 383).
8 Dans AAm (p. 131, §172) et dans QS (§75), Tilion n'était pas un Vala, mais "un jeune chasseur de la compagnie d'Oromë". Dans AAm §179 apparaît l'histoire selon laquelle Morgoth assaillit Tilion, "lui envoyant des esprits de l'ombre", mais en vain.
9 Sur les noms du Soleil et de la Lune, voir QS §75 et commentaire (V.241, 243) et la dernière révision du passage (p. 198); ainsi que AAm §171 et commentaire (pp. 130, 136).
10 Dans AAm (p. 133, §179), il est dit que "Arien, Morgoth la redoutait grandement, et n'osait pas s'en approcher".
11 Sur le nom Endor, voir AAm §38 (pp. 72, 76).
12 Voir p. 327 note 16 [de l'Athrabeth].
13 "à l'époque de Felagund" : i.e. à l'époque à laquelle Finrod Felagund rencontre les Hommes, le premier des Hauts Elfes à les avoir rencontrés (p. 307 [- Athrabeth]).
14 "Les Hommes doivent s'éveiller alors que Melkor est toujours en Arda ?" : "Arda" doit être une erreur pour "Terre du Milieu" (i.e. avant sa captivité en Aman).
15 Un s est écrit sur le r de Ār(i).
*** [Note de Tolkien, en marge] En fait certains disent qu'elle fut libérée d'Eä.
§ [Note de Tolkien, en marge] Certains des Sages ont aussi dit que l'ordonnancement d'Arda, pour le placement et les cours de ses parties, fut troublé par Melkor, de telle sorte que la Terre était par moment attirée trop près du Soleil, et à d'autres s'en éloignait trop.
§§ [Note de Tolkien, en bas de page] Car il est en effet dans la nature d'Eä et de la Grande Histoire que rien ne puisse rester inchangé dans le temps, et les choses qui le font, ou paraissent le faire, ou tentent de le faire, deviennent une lassitude, et ne sont plus aimées (ou, au mieux, ne sont plus prises en compte).
16 Par dessus Terre, mon père écrivit Ambar, puis le barra, et écrivit "Mar = Maison". Voir note suivante.
17 Dans la Note 2 du Commentaire sur l'Athrabeth (p. 337, et voir note 12 de ce passage) apparaît Imbar, traduit "l'Habitation", = la Terre, "la partie principale d'Arda" (= le Système solaire).
18 A partir de là, le manuscrit devient très rudimentaire, par endroits illisible, et s'arrête bientôt.
19 Dans d'autres notes gribouillées (écrites à la même époque que le texte II et constituant une part de ce manuscrit), mon pére écrivit que Varda donna la lumière sacrée reçue en don d'Ilúvatar (voir p. 380) non seulement au Soleil et aux Deux Arbres mais aussi aux "Étoiles significatives". Le sens de ceci n'est expliqué nulle part. Sur le côté, il écrivit Signifer, et plusieurs noms elfes expérimentaux, tels que Taengyl, Tengyl, Tannacoli ou Tankol, Tainacolli; ainsi qu'une racine verbale tana "montrer, indiquer"; tanna "signe"; et kolla "véhiculé, porté, spécialement un habit ou manteau", avec la note "Sindikoll-o est masculinisé".
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Dior
Modérateur général


Sexe: Inscrit le: 10 Aoû 2004 Messages: 3450 Localisation: Menegroth, deep under the sea
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Posté le: 15 Nov 2005 18:14 Sujet du message: |
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III
Ce passage très bref et rapide a été trouvé dans une petite collection de notes du même genre emballées dans un journal d'avril 1959. Il est écrit sur un morceau de papier déchiré d'une note de Merton College datée de juin 1955; une note similaire d'octobre 1955 a été utilisée pour un passage de brouillon pour l'Athrabeth (p. 352). [J'ai noté (p. 304) que l'emploi de tels documents de l'année 1955 peut suggérer que l'Athrabeth n'était pas le travail d'une seule période concentrée, bien que, si mon père avait préparé une réserve de telles feuilles pour des notes brèves ou des passages de brouillon ou autres, la date serait trompeuse.
Que se passa-t-il en Valinor après la Mort des Arbres ? Aman était "dévoilé" - il avait été couvert d'un dôme (fait par Varda) de brume ou de nuages qu'aucune vision ni lumière ne pouvait percer. Ce dôme était éclairé par des étoiles - en imitation du grand Firmament d'Eä. Ceci rendait à présent Valinor obscur, excepté pour la lumière des étoiles [i.e. après la mort des Arbres]. Il fut ôté et Aman fut éclairé par le Soleil - sa bénédiction fut donc ôtée. (La profanation du Soleil par Melkor doit donc précéder les Deux Arbres qui contenaient la lumière du Soleil et des Étoiles avant que Melkor ne les [?souillât] - ou les Arbres [?pourraient être ?seraient] allumés d'une lumière d'avant l'[?agitation] de Melkor.)
[Je ne me sens pas très certain de la signification de l'extrêmement elliptique phrase de conclusion entre parenthèse, mais elle devrait peut-être être interprétée ainsi - en tant que mise par écrit d'un problème découlant de ce qui avait été dit. Le Dôme de Varda devait avoir été inventé après le viol d'Árië par Melkor, de façon à rejeter la lumière polluée du Soleil;1 et Aman était éclairé sous le Dôme par les Deux Arbres. Mais de l'autre côté, il était une idée essentielle que la lumière des Arbres fut dérivée du Soleil avant qu'il ne fût "souillé". Une solution à ce conflit peut être trouvée (en lisant "pourrait être", pas "serait", dans la dernière phrase) dans l'idée que la lumière des Arbres était une lumière non profanée préservée par Varda de l'époque d'avant les assauts de Melkor.
Dans la discussion initiale du texte II, il est clair que le Soleil avait été profané avant la venue au monde des Deux Arbres : "Maintenant, l'un des objets des Arbres ... était la guérison des blessures de Melkor" (p. 377); mais il est aussi dit que " Varda a préservé un peu de la Lumière primordiale ... Les Deux Arbres sont créés." Cela paraît être la solution à laquelle mon père arriva dans le présent texte, suggérant ainsi qu'il précédait le texte II. D'un autre côté, il n'y a pas de suggestion du Dôme de Varda dans le texte II, et ce texte donne l'impression que mon père était en train de commencer une nouvelle histoire, l'élaborant au fur et à mesure. Il est probablement vain de tenter d'établir un ordre de composition clair à partir de ces papiers, vu qu'il aurait pu revenir au même problème et trouver ce qui semble être la même solution à des moments différents.
Il est un fait notable que le Dôme de Varda apparaisse dans le travail final de mon père sur le texte narratif du Quenta Silmarillion, chapitre 6 (p. 286, §57). Là où, dans AAm (p. 98, §108), il est dit que Melkor, avec Ungoliantë à ses côtés, regarda depuis le sommet du Mont Hyarantar et "vit au loin ... les dômes argentés de Valmar brillant sous le mélange des lumières de Telperion et de Laurelin", dans le Quenta Silmarillion, Ungoliantë (à présent, dans l'histoire modifiée, reposant seule sur le sommet) "vit les étoiles étincelantes du dôme de Varda et la radiance de Valmar dans le lointain". Donc, quand plus tard au cours de la réécriture finale ("Le Vol des Silmarils", p. 293, §1) il est dit qu'au-dessus des Valar assis dans le Cercle de Justice "les étoiles de Varda brillaient maintenant", cela doit être les étoiles du Dôme qui brillaient.2
Notes :
1 Mais dans le texte IV (p. 388), il est dit que le Dôme de Varda fut fait "pour maintenir à l'extérieur tout esprit ou espion de Melkor".
2 Dans le passage correspondant des Annales d'Aman (p. 106, §117), il est dit : "les dieux siégeaient dans l'ombre, car c'était la nuit. Mais à présent une nuit comme celle qui peut régner seulement dans certaines contrées du monde, quand les étoiles percent de manière intermittente à travers l'amas de grands nuages, et que des brumes froides dérivent d'un rivage menaçant de la mer." Dans le Silmarillion publié, le texte final ("les étoiles de Varda brillaient à présent") a été utilisé; il n'introduit en effet aucune difficulté dans la narration, mais je n'avais pas perçu à ce moment la signification des mots. |
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Dior
Modérateur général


Sexe: Inscrit le: 10 Aoû 2004 Messages: 3450 Localisation: Menegroth, deep under the sea
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Posté le: 16 Nov 2005 12:15 Sujet du message: |
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IV
Il y a un autre passage au sujet du Dôme de Varda dans un manuscrit auquel je me suis plusieurs fois référé (VI.466, VIII.20, IX.73), une analyse (du moins était-ce l'intention) de tous les fragments des autres langues trouvés dans Le Seigneur des Anneaux. Le passage que je cite cite ici provient d'une longue note sur la chanson à Elbereth à la fin du chapitre "Nombreuses rencontres". On peut mentionner incidemment que mon père nota à propos du mot menel : "les cieux, le dôme apparent du ciel. (Probablement un mot quenya introduit en sindarin. Il était opposé à kemen 'la Terre' en tant que sol plat apparent sous menel. Mais il s'agissait de mots 'picturaux', vu que la science des Eldar et des Númenóréens était fort étendue en astronomie.)"
Le passage concernant le Dôme découle de l'affirmation selon laquelle Elbereth contient le préfixe el- "étoile" (avec la note "mais vu que b n'est pas muté, le nom est probablement à rapporter à *elen-barathi > elmbereth").
L'association mythologique de Varda avec les étoiles a une double origine. Au cours de la "période démiurgique", avant l'établissement d'Arda "le Royaume", alors que les Valar en général (incluant une foule non nommée d'autres qui ne vinrent jamais en Arda)1 œuvraient à la construction globale d'Eä (le Monde ou Univers), Varda était dite, dans les légendes eldarines et númenóréennes, avoir conçu et fixé à leur place la plupart des principales étoiles; mais étant (par destinée et désir) la future Reine d'Arda, où sa fonction ultime réside, en particulier en tant qu'admiratrice et protectrice des Quendi, elle se souciait non seulement des grandes Étoiles en tant que telles, mais aussi de leurs relations à Arda, et de leur apparence depuis là (et de leur effet sur les Enfants à venir). De telles formes et de tels agencements, par conséquent, que nous appelons (par exemple) la Grande Ourse ou Orion, étaient dits relever de sa conception. Ainsi la Valacirca ou "Faucille des Dieux", qui était un des noms eldarins de la Grande Ourse, était, disait-on, sensée être plus tard un signe d'avertissement et de menace de vengeance au-dessus du Nord où Melkor établit ses quartiers (Varda était la plus presciente de tous les Valar, possédant le souvenir le plus clair de la Musique et de la Vision dans lesquelles elle avait joué un petit rôle en tant qu'actrice ou exécutrice, mais qu'elle avait écoutées très attentivement).2
Plus tard, lorsque les Valar se réfugièrent à l'abri de Melkor, et de la ruine imminente d'Arda, et fortifièrent Valinor en Aman, ce fut Varda qui créa le grand dôme au-dessus de Valinor, pour maintenir à l'extérieur tout esprit ou espion de Melkor. Il fut créé comme un simulacre du vrai firmament (Tar-menel), et les dispositions y furent répétées, mais avec des étoiles apparentes (ou "étincelles" : tinwi) d'une taille relative plus grande par rapport au total de l'espace visible. De telle sorte que le firmament inférieur de Valinor (Nur-menel) était très brillant.
En raison de cette œuvre (principalement : mais ces travaux démiurgiques originels étaient aussi inclus), elle fut appelée "Enflammeuse d'étoile". Il faut noter que √elen se réfère probablement aux vraies étoiles d'Eä (mais pourrait naturellement aussi être transféré vers leurs imagines [NdTr : de imago "représentation"]). Les mots tinwë, ñillë (√tin "étincelle", √ngil "reflet argenté") et en sindarin tim, gil se référaient à proprement parler aux imagines valinoriennes. D'où le quenya Tintallë de tinta "cause d'étincelle", mais aussi Elentári "Reine des Étoiles"; en sindarin Elbereth, mais aussi Gilthoniel.3
Cette note sur Elbereth se termine sur une affirmation légèrement embrouillée et obscure sur le fait que Gilthoniel est dérivé des racines √ngil et √thăn / thān "enflammer, allumer"; iel étant un suffixe féminin correspondant au masculin -we.
Ces remarques sur Varda semblent susciter de nouvelles questions. Dans le texte II (pp. 375-6), mon père déclarait que "la mythologie cosmogonique devrait représenté Arda comme elle est, plus ou moins : une île dans le vide 'parmi les étoiles innombrables'"; que "Les Étoiles, par conséquent, seront en général d'autres parties plus éloignées du Grand conte d'Eä, qui ne concernent pas les Valar d'Arda"; et que "par conséquent, Varda, en tant qu'une des Grands Valar d'Arda, ne peut pas être dite avoir 'enflammé' les étoiles , en tant qu'acte subcréatif original - en tout cas pas les étoiles en général". J'ai considéré que cela signifiait (p. 384, note 4) que la "création des étoiles" par Varda devait être limitée à (au maximum) la création des "Grandes Étoiles" avant l'Éveil des Elfes. Dans le présent texte, d'un autre côté, apparaît la remarquable conception que l'œuvre "démiurgique" de Varda fut la création et la disposition de certaines étoiles "principales", qui devaient, dans les âges à venir, après l'établissement de la Terre, être visibles en son ciel en tant que figures signifiantes de son histoire - le "centre dramatique" d'Eä.
Tandis que je pense qu'il est certain que ce texte date de la fin des années cinquante, il semble qu'il n'y ait pas moyen de le dater plus précisément, de manière externe ou en relation avec d'autres textes.
Notes :
1 Cf. le texte II (p. 378) : " Il y en eut d'autres, innombrables à notre pensée ..., dont les travaux se déroulèrent ailleurs et dans d'autres régions et histoires du Grand Conte, parmi les étoiles lointaines et les mondes en dehors de la portée de la pensée la plus éloignée."
2 Il est un point curieux que ce qui est dit ici du rôle de Varda dans la Musique des Ainur corresponde largement à ce qui est dit de Nienna dans le manuscrit "perdu" du début des Annales d'Aman (AAm*, p. 68, §26). Là, il est dit qu'elle "ne prit qu'une petite part" à la Musique, mais qu'elle "écouta attentivement tout ce qu'elle entendit. Par conséquent, elle était riche en souvenirs, et prévoyante, percevant comment les thèmes devraient se déployer dans le Conte d'Arda."
3 Il est intéressant de comparer ce qui est dit ici à propos des noms de Varda avec ce que mon père disait sur le sujet dans une note datée du 3 février 1938 (V.200) : "Tintallë Enflammeuse peut rester - mais tinwë en quenya = seulement étincelle (tinta- enflammer). D'où Tinwerína > Elerína, Tinwerontar > Elentári. |
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Dior
Modérateur général


Sexe: Inscrit le: 10 Aoû 2004 Messages: 3450 Localisation: Menegroth, deep under the sea
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Posté le: 01 Mar 2006 15:21 Sujet du message: |
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V
Ce bref commentaire, intitulé "Soleil Les Arbres Silmarils", figure sur une seule feuille, avec d'autres écrits plus substantiels mais similaires en apparence, préservée dans un journal plié datant de novembre 1958.
La création du Soleil après la Mort des Arbres n'est pas seulement une "mythologie" impossible à présent - spécialement parce que les Valar doivent être supposés connaître la vérité au sujet de la structure d'Eä (et ne pas faire de suppositions mythiques comme les Hommes) et l'avoir communiquée aux Eldar (et donc aux Númenóréens !) -, elle est aussi chronologiquement impossible dans la Narration.
Le Soleil existait en tant que partie du Royaume d'Arda. Dans la mesure où il y eut des ténèbres (et conséquemment diminution de la croissance en Arda) quand les Valar se retirèrent en Aman, ce fut dû aux obscurcissements créés par Melkor : nuages et fumées (une ère volcanique !).
Le Soleil était la source immédiate de la lumière d'Arda. La Bénédiction des Arbres (en comparaison avec d'autres choses ayant crû ultérieurement) était qu'ils furent allumés et illuminés par la lumière du Soleil et de la Lune avant que ceux-ci ne fussent souillés. L'attaque de Melkor sur le Soleil (et la Lune) doit dès lors être subséquente à l'établissement de Valinor, et être une tentative de Melkor pour produire de l'obscurité.
Vu que les Silmarils furent allumés à partir des Arbres après leur mort, cette "lumière du Soleil immarri" résidait seulement en eux.
Dans le texte III, dans la note de mon père sur le retrait du Dôme de Varda après la mort des Arbres, il était confronté au problème (si mon analyse de son intention est correcte, p. 386) que "la profanation du Soleil par Melkor doit précéder les Deux Arbres", alors que la lumière des Arbres provenait de la lumière non souillée du Soleil et de la Lune. Ici, il a conclu que "l'attaque de Melkor sur le Soleil (et la Lune) doit dès lors être subséquente à l'établissement de Valinor".
Le mot après, dans la phrase de conclusion, n'est rien d'autre qu'une glissade en une écriture extrêmement rapide. |
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Dior
Modérateur général


Sexe: Inscrit le: 10 Aoû 2004 Messages: 3450 Localisation: Menegroth, deep under the sea
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Posté le: 18 Avr 2006 14:59 Sujet du message: |
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VI
Ce texte, intitulé Melkor avec Morgoth écrit en dessous, fait partie du même groupe que le texte III (trouvé dans un journal d'avril 1959), et a été écrit sur quatre feuilles des mêmes documents de Merton College datés de juin 1955, comme le brouillon A de l'Athrabeth (pp. 350-2). La feuille sur laquelle le texte III est écrit contient aussi un brouillon préliminaire du présent essai sur Melkor.
Il est à noter que le texte VI commence avec une référence à "Finrod et Andreth", qui existait donc alors, en tout cas sous une certaine forme.
Melkor Morgoth
Melkor doit être rendu beaucoup plus puissant dans sa nature originelle (cf. "Finrod et Andreth"). La plus grande puissance sous Eru (c'est-à-dire la plus grande puissance créée).1 (Il devait faire / créer / commencer; Manwë (un petit peu moins puissant) devait améliorer, mettre en œuvre, achever.)
Plus tard, il ne doit pas être capable d'être contrôlé ou "enchaîné" par tous les Valar combinés. À noter que dans le premier âge d'Arda, il fut capable à lui seul de chasser les Valar de la Terre du Milieu.
La guerre contre Utumno fut uniquement entreprise par les Valar avec réticence, et sans espoir de vraie victoire, mais plutôt comme une action de protection ou une diversion, afin de leur permettre de placer les Quendi hors de sa sphère d'influence. Mais Melkor avait déjà progressé dans sa transformation en "le Morgoth, un tyran (ou tyrannie et volonté centrales), + ses agents".2 Seule la somme contenait l'ancienne puissance de Melkor entier; de telle sorte que si "le Morgoth" pouvait être atteint ou séparé de ses agents, il était bien plus contrôlable et sur le même niveau de puissance que les Valar. Les Valar réalisent qu'ils peuvent s'occuper de ses agents (c'est-à-dire armées, Balrogs, etc.) en plusieurs étapes. De telle sorte qu'ils arrivent enfin à Utumno même et découvrent que "le Morgoth" n'a à ce moment plus la "force" (dans tous les sens) suffisante pour se protéger d'un contact personnel direct. Manwë fait enfin à nouveau face à Melkor, comme il ne l'a plus fait depuis qu'il est entré en Arda. Tous deux sont stupéfaits : Manwë de percevoir l'affaiblissement en Melkor en tant que personne; Melkor de percevoir cela également de son propre point de vue : il a maintenant moins de force personnelle que Manwë, et ne peut plus le décourager du regard.
Soit Manwë doit le lui dire, soit il doit réaliser soudainement lui-même (ou les deux) que cela est arrivé : il est "dispersé". Mais le désir d'avoir des créatures sous lui, dominées, est devenu habituel et nécessaire à Melkor, de telle sorte que même si le processus était réversible (il l'était probablement uniquement par auto-mortification et repentance absolues et non feintes), il ne pourrait pas l'accepter.* Comme avec tous les autres personnages, il doit y avoir un moment de basculement quand il est dans la balance : il se repent presque - et ne se repent pas, et devient beaucoup plus mauvais, et plus stupide.
Probablement (et il pense que ça l'est), il pourrait à ce moment être humilié contre sa propre volonté et être "enchaîné" - si et avant que ses forces dispersées ne se rassemblent. Ainsi - aussitôt qu'il a rejeté mentalement la repentance - il (tout comme Sauron par après sur ce modèle) tourne en moquerie l'auto-mortification et la repentance. D'où il tire un genre de plaisir perverti, comme en profanant quelque chose de sacré - [car la simple considération de la possibilité de repentance véritable, si elle ne venait pas spécialement en tant que grâce directe d'Eru, était au moins une dernière lueur de sa vraie nature primordiale.]3 Il simule le remord et la repentance. Il s'agenouille en fait devant Manwë et capitule - en premier lieu pour éviter d'être enchaîné avec la Chaîne Angainor, dont il craint, une fois sur lui, de ne pas pouvoir se débarrasser. Mais aussi soudainement, il a l'idée de pénétrer la place forte vantée de Valinor, et de la ruiner. Ainsi offre-t-il de devenir "le moindre des Valar" et serviteur de chacun et de tous, d'aider (en conseil et savoir-faire) à réparer tous les maux et blessures qu'il a causés. C'est cette offre qui séduit ou trompe Manwë - Manwë doit être montré comme ayant sa propre faute inhérente (bien que pas un péché)** : il s'est retrouvé absorbé (en partie par pure crainte de Melkor, en partie par désir de le contrôler) en amendement, guérison, réarrangement - même par le fait de "préserver le status quo" - au détriment de tout pouvoir créatif et ce jusqu'à la faiblesse dans la gestion des situations difficiles et périlleuses. Contre l'avis de certains des Valar (tel que Tulkas), il accède à la prière de Melkor.
Melkor est ramené en Valinor en dernière position (excepté Tulkas*** qui suit, portant Angainor et la faisant tinter pour la rappeler à Melkor).
Mais au conseil, Melkor ne reçoit pas de liberté immédiate. Les Valar en assemblée ne le tolèreront pas. Melkor est envoyé en Mandos (pour y rester en "réclusion" et méditer, et achever sa repentance - et aussi ses plans de redressement).4
Alors il commence à douter de la sagesse de sa propre politique, et l'aurait rejetée et aurait éclaté en une rébellion ardente - mais il est à présent absolument isolé de ses agents et en territoire ennemi. Il ne peut pas. Par conséquent, il avale l'amère pilule (mais cela accroît grandement sa haine, et par après, il a toujours accusé Manwë d'être perfide).
Le reste de l'histoire, avec la libération de Melkor, et la permission d'assister au Conseil assis aux pieds de Manwë (d'après la manière des conseillers maléfiques dans des contes postérieurs, dont on pourrait dire qu'elle dérive de ce modèle primordial ?), peut alors se dérouler plus ou moins comme il est déjà prévu.
Dans ce court essai, on peut voir que dans ses réflexions sur la nature de Melkor, l'étendue de sa puissance originelle et sa dispersion, mon père en était arrivé à proposer certaines altérations importantes dans la narration des légendes exposées dans le Quenta Silmarillion (pp. 161, 186) et dans les Annales d'Aman ([HoMe X,] pp. 75, 80, 93). Dans la narration telle qu'elle existait, et telle qu'elle resta,5 il n'était pas suggéré que Melkor feignit la repentance quand (n'étant plus capable de "le décourager du regard") il fit face à Manwë en Utumno - élaborant déjà "l'idée de pénétrer la place forte vantée de Valinor, et de la ruiner". Au contraire, "Tulkas s'avança en tant que champion des Valar et lutta contre lui et le renversa sur son visage, et le lia avec la chaîne Angainor"6 (un ancien élément, remontant au récit richement picturial et "primitif" de l'histoire de "L'enchaînement de Melko" dans Le Livre des contes perdus, I.100-104). De plus, dans le présent texte, ce fut à ce moment, défait en Utumno, que Melkor offrit de devenir "le moindre des Valar", et de les aider dans le redressement de tous les maux qu'il avait causés, alors que dans les narrations il le fit quand il se présenta devant les Valar après avoir enduré les âges de son incarcération en Mandos et imploré leur pardon. De Manwë il était dit, quand Melkor fut autorisé d'aller à sa guise en Valinor, qu'il croyait que son côté mauvais avait été guéri : "car il était lui-même libre du mal et ne pouvait le comprendre". Nulle faille ou "faute inhérente" de Manwë tel qu'il est décrit dans cet essai n'était suggérée;7 bien qu'il fût dit qu'Ulmo, et Tulkas, doutaient de la sagesse d'une telle clémence (et ceci aussi est un élément qui remonte au Livre des contes perdus : "telle fut la décision de Manwë ... bien que Tulkas et Palúrien l'estimassent dangereusement miséricordieuse" (I.105)).
Notes :
1 Cf. les mots de Finrod dans l'Athrabeth (p. 322) : "il n'est pas de pouvoir concevable plus grand que Melkor excepté Eru".
2 La première référence à l'idée de la "dispersion" de la puissance originale de Melkor se trouve dans les Annales d'Aman § 179 (p. 133) : Car comme il croissait en malveillance, et répandait à partir de lui-même le mal qu'il concevait en mensonges et en créatures de vilenie, son pouvoir passait en eux et se dispersait, et lui-même devint toujours plus lié à la terre, ne voulant plus sortir de ses sombres forteresses. Cf. aussi les Annales §128 (p. 110). - L'expression "le Morgoth" est utilisée plusieurs fois par Finrod dans l'Athrabeth.
* [Note de J.R.R. Tolkien] Une des raisons de son auto-affaiblissement était qu'il avait donné à ses créatures, Orcs, Balrogs, etc. le pouvoir de récupération et de multiplication. De telle sorte qu'elles se rassembleront à nouveau sans ordres spécifiques ultérieurs. Une partie de son pouvoir créatif inné était partie dans la création d'une croissance maléfique indépendante et hors de son contrôle.
3 Les crochets furent ajoutés après la rédaction du passage.
** [Note de J.R.R. Tolkien] Chaque créature finie doit avoir une faiblesse : il s'agit d'une incapacité à gérer certaines situations. Ce n'est pas un péché quand ce n'est pas volontaire, et quand la créature fait de son mieux (même si ce n'est pas ce qui devrait être fait) comme elle le perçoit - avec l'intention consciente de servir Eru.
*** [Note de J.R.R. Tolkie | | |