 |
Les Aratars
Forum créé par les Gremlin's
|
| Voir le sujet précédent :: Voir le sujet suivant |
| Auteur |
Message |
Dior
Modérateur général


Sexe: Inscrit le: 10 Aoû 2004 Messages: 3475 Localisation: Menegroth, deep under the sea
|
Posté le: 25 Jan 2007 10:19 Sujet du message: [Traduction - HoMe XI] Quendi et Eldar |
|
|
|
Quendi et Eldar (en anglais Quendi and Eldar) constitue la Partie Quatre de HoMe XI, The War of the Jewels (HarperCollins, 2002, pp. 359-424).
Ce texte, qui, à première vue, peut sembler très difficile à aborder de par sa nature essentiellement linguistique, regorge d'informations historiques sur les différents peuples de la Terre du Milieu.
Ce qui suit en est la traduction intégrale officieuse. Pour plus de facilité, le texte a été divisé comme suit (selon les sections originales du texte) :
Pour toute question ou commentaire, rendez-vous ici
N.B. : - Le texte en taille normale est le texte de Tolkien, celui en taille petite est de Christopher Tolkien. Les notes sont de Christopher Tolkien sauf si autrement précisé.
- Les numéros de pages donnés sont ceux donnés par Christopher Tolkien et renvoient aux éditions en sa possession (donc la plupart du temps aux éditions originales anglaises).
- Les pages indiquées sans référence à un livre renvoient aux pages de HoMe XI, le volume contenant ce texte.
- Les autres volumes des HoMes sont référencés par de simples chiffres romains, les pages l'étant par des chiffres arabes (ex. : X.226 renvoie à HoMe X, p. 226).
- Outre les abréviations mentionnées en début de texte et relatives aux langues, le texte en contient quelques autres :
- adj. : adjectif
- cf. : confer (reportez-vous à)
- e.g. : exempli gratia (par exemple)
- etc. : et caetera : (et les autres)
- f : féminin(e)
- i.e. : id est (c'est-à-dire)
- m. : masculin(e)
- pl. : pluriel
- sc. : scilicet (à savoir)
- sg. : singulier
- v. : verbe
- vol. : volume
|
|
| Revenir en haut |
|
 |
Dior
Modérateur général


Sexe: Inscrit le: 10 Aoû 2004 Messages: 3475 Localisation: Menegroth, deep under the sea
|
Posté le: 25 Jan 2007 12:01 Sujet du message: |
|
|
|
QUENDI ET ELDAR
Le titre Quendi et Eldar appartient clairement et vraiment au long essai imprimé ici, bien que mon père l'utilisât aussi pour inclure deux autres travaux bien plus brefs, visiblement écrits à peu près à la même période; l'un d'eux, sur l'origine des Orcs, a été publié dans L’Anneau de Morgoth (voir X.415, où un compte-rendu plus détaillé est donné). Quendi et Eldar consiste en un tapuscrit avec copie carbone qui peut être assez certainement daté des années 1959-60 (ibid.); et les deux copies sont précédées d'une page manuscrite qui, en plus du préambule suivant, donne un titre parallèle, Essekenta Eldarinwa.Investigation sur les origines des noms elfes pour les Elfes et leurs variétés de clans et de divisions : avec des appendices sur leurs noms pour les autres Incarnés : Hommes, Nains et Orcs, et sur leur analyse de leur propre langue, le quenya : avec une note sur la 'Langue des Valar'. Mon père corrigea les deux copies avec soin et précisément de la même manière (excepté pour quelques modifications ultérieures au crayon). Le texte imprimé ici suit l'original de très près, excepté des changements très mineurs effectués dans un but de cohérence et de clarté, l'omission d'un passage de phonologie extrêmement complexe, et une réorganisation du texte relative aux notes. Comme souvent ailleurs dans ses écrits tardifs, mon père interrompit son texte principal avec des notes, dont certaines sont longues; et celles-là, je les ai numérotées et rassemblées à la fin, les distinguant de ses propres notes numérotées en se référant à elles dans le corps du texte en tant que Note 1, Note 2, etc., avec une référence à la page où elles peuvent être trouvées. Aussi, et plus radicalement, j'ai omis une section substantielle de l'appendice D (voir p. 396). Ceci fut fait avant tout pour des raisons d'espace, mais le passage en question est un compte-rendu quelque peu abstrait des théories phonologiques de savants linguistes antérieurs et des contributions de Fëanor, reposant plutôt par allusion sur des données phonologiques qui sont prises pour garanties : il se situe à part du contenu du travail dans son ensemble (et apparut, je le soupçonne, depuis le remue-méninges de mon père plutôt qu'en tant qu'un élément planifié du tout).
Également pour des raisons d'espace, mon commentaire s'en tient à un strict minimum. Les abréviations utilisées sont PQ (quendien primitif), CE (eldarin commun), CT (telerin commun), Q (quenya), T (telerin), Ñ (ñoldorin), S (sindarin), V (valarin).
QUENDI ET ELDAR
Origines et significations des mots elfes se référant aux Elfes et à leurs espèces. Avec des appendices sur leurs noms pour d'autres Incarnés.
A. Les principaux éléments linguistiques concernés
1. *KWENE.
(a) PQ *kwene 'une personne' (m. ou f.). CE *kwēn (-kwen), pl. *kwenī, 'une personne' (m. ou f.), 'un', '(quelqu')un', pl. 'personnes', '(quelques) gens'.
(b) PQ et CE *kwende, pl. *kwendī. Cette forme fut obtenue de *kwene par affermissement primitif du n > nd médian. Il fut probablement utilisé d'abord uniquement au pluriel, dans le sens 'des gens, les gens comme un tout', sc. embrassant les trois clans originels.
(c) *kwendjā adj. 'appartenant aux *kwendī, aux gens comme un tout'.
2. *ELE Selon la légende elfe, il s'agissait d'une exclamation primitive, 'ô !' 'voyez !' créée par les Elfes lorsqu'ils virent les étoiles pour la première fois. D'où :
(a) CE *el, *ele, *el-ā, 'ô !' 'regardez !' 'voyez !'
(b) CE *ēl, pl. *eli, ēli, 'étoile'.
(c) CE *elen, pl. *elenī, 'étoile', avec 'une base étendue'.
(d) CE *eldā, une formation adjectivale 'connecté aux ou concerné par les étoiles', utilisée en tant que description des *kwendī. Selon la légende, ce nom, et le suivant, étaient dus au Vala Oromë. Ils étaient donc au départ probablement utilisés seulement au pluriel, signifiant 'peuple-étoile'.
(e) CE *elenā, une forme adjectivale obtenue du radical étendu *elen, de même signification et usage que *eldā.
3. *DELE.
(a) Une base verbale *dele, aussi avec suffixe *del-ja, 'marcher, aller, avancer, voyager'.
(b) *edelō, une formation agentale de style primitif : 'quelqu'un qui va, un voyageur, un migrant'. Un nom créé au moment de la Séparation par ceux qui décidèrent de suivre Oromë.
(c) *awa-delo, *awā-delo, ?*wā-delō. Anciens composés avec l'élément *awa 'loin, au loin' (voir ci-dessous). Un nom créé en Beleriand pour ceux qui finalement quittèrent la Terre du Milieu.
4. *HEKE. Probablement pas à l'origine une base verbale, mais un élément adverbial 'à côté, à part, séparé'.
(a) PQ *heke 'à part, n'incluant pas'.
(b) PQ et CE dérivé verbal, transitif : *hek-tā 'mettre à côté, exclure, abandonner'.
(c) PQ *hekla 'quoi (ou qui) que ce soit mis à côté de, ou exclu de, sa compagnie normale'. Aussi en forme personnelle *heklō 'un abandonné ou exclu'; formes adjectivales *heklā et *hekelā.
L'élément *AWA, apparaissant en 3(c) ci-dessus, se réfère à un éloignement, vu du point de vue de la chose, de la personne ou du lieu quitté. Comme préfixe, il avait déjà probablement développé en CE la forme *au-. La forme *awā était originellement une forme adverbiale indépendante, mais semble aussi avoir été utilisée comme préfixe (en tant que forme intensive de *awa-, *au-). La forme *wā- était probablement originellement utilisée comme radical verbal, et peut-être aussi en composition avec des radicaux verbaux.
Dans les langues eldarines, cette racine entra en contact en forme avec d'autres éléments, distincts en origine et en sens. *ABA 'refuser', 'dire non (en refus ou dénégation)' : c'est la source du CE *abar, pl. *abarī 'quelqu'un qui refuse', quelqu'un qui refusa de suivre Oromë. *WO sous les formes *wō et *wo- (la dernière seulement en tant que préfixe) : c'était un adverbe duel 'ensemble', se référant à la jonction de deux choses, ou groupes, en une paire ou ensemble. L'équivalent pluriel était *jō, *jōm, et en tant que préfixe *jo, *jom. *HO sous les formes *hō et *ho : c'était un adverbe 'de, venant de', le point de vue se situant en dehors de la chose à laquelle il est fait référence.
Les principaux dérivés en forme (leur emploi est abordé ci-dessous) des mots CE donnés ci-dessus étaient les suivants :
*KWEN
QUENYA. 1(a) quēn, pl. queni; non accentué, en tant que pronom ou élément final dans un composé, quen.
1(b) Quendi. Le singulier quende (peu utilisé) fut formé en quenya à partir de Quendi, sur le modèle d'autres noms en -e, dont la majorité formaient leur pluriel en -i. Il y avait aussi deux anciens composés : Kalaquendi 'Elfes lumineux' et Moriquendi 'Elfes sombres'.
1(c) Quendya, qui survécut dans le dialecte vanyarin, mais qui en ñoldorin devint Quenya. Il était uniquement utilisé en référence à la langue.
TELERIN. 1(a) pen en tant que pronom, et -pen dans quelques vieux composés.
1(b) Pendi, au pluriel uniquement. Également dans les composés Calapendi et Moripendi.
1(c) Inusité.
SINDARIN. 1(a) pen, généralement muté ben, en tant que pronom. Également -ben, -phen dans quelques composés anciens.
1(b) Inusité. Les composés Calben (pl. Celbin) et Morben (pl. Moerbin, Morbin) devaient certainement descendre de la même source que ceux susmentionnés, mais leur élément final fut de toute évidence altéré pour s'accorder avec les composés de *kwen. Les dérivés inaltérés auraient été *Calbend, *Moerbend; mais bien que la finale -nd devînt finalement -n en sindarin, ce changement n'avait pas encore eu lieu dans les premières traces écrites, et on ne trouve aucun cas de -bend. En outre, la forme Morben (sans affection1 du o) indique soit une altération en *mora- pour mori-, d'après *kala-, ou plus probablement une substitution du S morn- de *mornā, la forme adjectivale usuelle S.
1(c) Inusité.
*EL
QUENYA. 2(a) ela ! exclamation impérative, dirigeant la vue vers un objet réellement visible.
2(b) ēl, pl. ēli, 'étoile' (mot poétique).
2(c) elen, pl. eleni (occasionnellement en vers eldi), 'étoile'. Le mot normal pour une étoile du firmament réel. La forme pl. eleni, sans syncope, est reformée d'après le singulier.
2(d) Elda uniquement utilisé en tant que nom, principalement au pl. Eldar. Voir aussi (quenya) 3(b) ci-dessous.
2(e) Elda comme ci-dessus. En tant qu'adjectif se référant aux étoiles, la forme utilisée était elenya.
TELERIN. 2(a) ela ! comme en quenya.
2(b) ēl, pl. ēli. Le mot ordinaire pour 'étoile'.
2(c) elen, pl. elni. Une variante archaïque ou poétique du précédent.
2(d) Ella. Une variante occasionnelle d'Ello, qui était la forme normale du mot. Ceci montre un contact avec les produits de *edelō : voir plus loin sous (telerin) 3.
2(e) Inusité. La forme aurait été *Elna.
SINDARIN. 2(a) elo ! Une exclamation d'émerveillement, d'admiration, de joie.
2(b) Inusité.
2(c) êl, pl. elin, pluriel de classe elenath. Un mot archaïque pour 'étoile', peu utilisé excepté en vers, en dehors de la forme elenath 'toute la troupe des étoiles du ciel'.
2(d) Ell-, uniquement utilisé dans les formes m. et f. Ellon, Elleth, Elfe-homme, Elfe-femme; le pluriel de classe El(d)rim; et la finale -el, pl. -il, dans quelques vieux composés : voir (sindarin) 3(b).
2(e) Elen, pl. Elin, avec le pluriel de classe Eledhrim, Elfe, Elfes. dhr est < n-r en contact secondaire. Sur l'emploi, voir plus loin ci-dessous.
*DEL
QUENYA. 3(a) lelya- 'aller, avancer (dans n'importe quelle direction), voyager', passé lende. Cette forme est due au changement précoce en Q de l'initiale d > l. Le changement était régulier à la fois dans les dialectes vanyarin et ñoldorin du quenya. Il apparaît occasionnellement aussi dans les langues telerines, bien que ceci puisse être plutôt dû à la variation d/l en PQ, dont il y a quelques signes. Un exemple notable étant de/le en tant qu'éléments pronominaux à la seconde personne.
En Q *del- semble être devenu *led, par dissimilation. La forme passée montre clairement *led, tandis que lelya pourrait aussi être dérivé de *ledja, étant donné que dj devint médialement ly en quenya.
3(b) Eldo. Une variante archaïque d'Elda, avec laquelle elle se fondit en forme et en sens. Eldo ne peut cependant pas être issu de *edelō. Sa forme est probablement due à un changement *edelo > eledo, suivant le changement dans le verbe. Le changement de l'initiale d > l se produisit tôt et pourrait avoir précédé la syncope, et la perte du sens des connections étymologiques du mot, qui résulta finalement dans la fusion des produits de 2 et 3. Inaltéré, *edelō aurait donné par syncope *eðlo > *ello (qui est inusité). Voir, cependant, sous sindarin pour des raisons de supposer qu'il pourrait y avoir eu une forme variante *edlō (avec perte de la sundóma) :2 ceci aurait pu produire une forme quenya *eldo, étant donné que la transposition de dl en contact primaire dans la séquence favorisée ld ne se rencontrait pas infréquemment dans la phase pré-écrite du quenya.
3(c) Aurel < *aw(a)delo. Oärel < *awādelo. En dialecte vanyarin, Auzel et Oäzel. Oärel (Oäzel) étaient les formes communément utilisées en Q. Les pluriels prenaient les formes -eldi. Ceci montre que la terminaison -el était associée au nom Elda. Ceci fut facilité par un développement normal en morphologie Q : un mot d'une telle forme, comme *eldā, lorsque utilisé en tant qu'élément final d'un composé de date ancienne, était réduit indépendamment en *elda, pl. *eldī > *eld, *eldī > Q historique -el, -eldi. En plus, oär était vraiment utilisé en Q en tant que forme adverbiale dérivée de *AWA (voir ci-dessous) : un fait qui compte aussi pour la sélection d'öarel, öazel.
TELERIN. 3(a) delia 'aller, avancer'. Passé delle.
3(b) Ello. La forme usuelle, préférée à Ella, dont, cependant, il ne différait pas en sens. *edelō et *edlō devinrent tous deux régulièrement ello en telerin.
3(c) Audel, pl. Audelli. Ceci montre la même association avec -el, la forme réduite en composition de ella, ello, comme celle observée en Q.
SINDARIN. 3(a) Inusité.
3(b) Edhel, pl. Edhil. Le mot le plus utilisé en sindarin; mais uniquement normalement utilisé sous ces formes. Comme noté ci-dessus sous (sindarin) 2(d), les formes m. et f. étaient Ellon, Elleth; et il y avait également un pluriel de classe Eldrim, Elrim (ll-r en contact secondaire > ldr, ultérieurement encore simplifié). Comme suggéré sous (quenya) 3(b), il pourrait y avoir eu une variante *edlō, qui aurait régulièrement donné ell- en sindarin. Étant donné qu'il est très possible que cette forme plus courte apparaisse dans des composés et des formes étendues, elle expliquerait la limitation du sindarin ell- en des formes telles que Ellon, Elleth, Eldrim. Elle expliquerait également la fusion des produits des radicaux 2 El et 3 Del en sindarin, tout comme en quenya. La forme -el, pl. -il, apparaît aussi dans quelques composés anciens (en particulier des noms propres), où elle peut aussi être due à une fusion de *elda et *edlo. Dans des composés tardifs, -edhel est utilisé.
3(c) Ódhel, pl. Ódhil; à côté du plus tardif et plus usuel Gódhel, Gódhil. Également un pluriel de classe Ódhellim, Gódhellim. Ódhel vient de *aw(a)delo, et est l'exact équivalent du Q Aurel, T Audel. Gódhel pourrait être dérivé de *wādelo : initiale S *wā- > > go. Mais étant donné qu'il apparaît plus tard qu'Ódhel, et après que ce terme était devenu spécialement appliqué aux Ñoldor exilés, il semble très probable qu'il prit g- de l'ancien nom de clan Golodh, pl. Goelydh, qu'il remplaça pratiquement. Golodh était l'équivalent S du Q Ñoldo, tous deux du PQ *ñgolodō.
*HEK
QUENYA. 4(a) heka ! exclamation impérative 'va-t-en ! écarte-toi !'. Normalement uniquement adressée à des personnes. Elle apparaît souvent dans les formes hekat sg. et hekal pl. avec des affixes pronominaux réduits de la seconde personne. Également hequa (? de *hek-wā), adverbe et préposition 'laissant de côté, ne comptant pas, excluant, excepté'.
4(b) hehta-, passé hehtane, 'mettre de côté, laisser à l'écart, exclure, abandonner, quitter'.
4(c) hekil et hekilo m., hekile f. : 'quelqu'un de perdu ou de délaissé par des amis, abandonné, exclu, hors-la-loi'. Également Hekel, pl. Hekeldi, reformé pour faire pendant à Oärel, en particulier appliqué aux Eldar laissés en Beleriand. De là Hekelmar et Hekeldamar, les noms dans la langue des savants d'Aman pour le Beleriand. Il était conçu comme une longue région côtière près de la Mer (cf. Eglamar sous sindarin ci-dessous).
TELERIN. 4(a) heca ! Pour le Q hequa, la forme T est heco (? < *hek + au).
4(b) hecta- 'rejeter, abandonner'.
4(c) hecul, heculo. Également en référence particulière à ceux abandonnés en Beleriand, Hecello; Heculbar ou Hecellubar, Beleriand.
SINDARIN. Le PQ h- survécut uniquement dans les dialectes d'Aman. Il disparut sans laisser de trace en sindarin. *hek par conséquent apparaît comme *ek, identique en forme au PQ *eke 'pointe affûtée'.
4(a) ego ! 'va-t-en !' Ceci vient de *hek(e) ā : ā la particule impérative, étant originellement indépendante et variant en place, survécut en S comme ō > o, bien que ceci suivît à présent toujours le radical verbal et fût devenu une flexion.
4(b) eitha-. Ceci est en général un dérivé du PQ *ek-tā, et signifie 'piquer d'une pointe affûtée', 'poignarder'; mais le sens 'traiter avec mépris, insulter' (souvent en référence à un rejet ou à une rebuffade) pourrait montrer l'effet d'une fusion avec le PQ *hek-ta. Dire à quiconque ego ! était en effet l'eithad la plus grave.
4(c) Eglan, principalement utilisé au pluriel Eglain, Egladhrim. Le nom que les Sindar se donnèrent ('les Abandonnés') en tant que distincts des Elfes qui quittèrent la Terre du Milieu. Eglan est < d'une forme adjectivale étendue *heklanā. La forme plus ancienne et plus courte (*hekla ou *heklā) survit dans quelques noms de lieux, tels que Eglamar (cf. Hekelmar, etc.), Eglarest. Ceux-ci sont indiqués comme étant anciens de formation, avec l'élément génitif précédant : *ekla-mbar, *ekla-rista.
*AWA
QUENYA. au- en tant que préfixe verbal : > soit *au, soit *awa; comme dans au-kiri- 'couper'. Le point de vue était à l'origine 'loin du locuteur ou de l'endroit de sa pensée', et cette distinction est habituellement préservée en Q. Donc aukiri signifiait 'couper, de telle sorte qu'une portion est perdue ou plus disponible', mais hókiri (voir ci-dessous) signifiait 'couper une portion requise, afin de l'avoir ou de l'utiliser'.
öa, öar. Adverbes : < *awā; la forme öar montre l'ajout de la terminaison -d (préhistorique -da), indiquant un mouvement jusqu'à ou vers un point. La forme awā paraît avoir originellement été utilisée soit pour le repos, soit pour le mouvement, et öa peut toujours être utilisé ainsi en Q. Ce öa, öar adverbial était occasionnellement utilisé en tant que préfixe dans des composés de formation plus tardive. Pourtant, comme il a été montré, dans Oäreldi, le plus communément utilisé, le r est en fait d'origine différente.
Le verbe auta- 'partir, quitter (le point de la pensée du locuteur)' avait un ancien passé 'fort' anwe, uniquement usité dans la langue archaïque. Les passé et parfait les plus fréquemment utilisés étaient vāne, avānie, obtenus à partir du radical *wā; avec une forme participe passé vanwa. Cette dernière était une ancienne formation (que l'on trouve aussi en sindarin), et était la partie la plus fréquemment utilisée du verbe. Elle développa la signification 'parti, perdu, plus en possession, disparu, quitté, mort, passé et fini'. À elle les formes vāne et avānie étaient particulièrement associées en emploi et en signification. Dans le sens plus purement physique 'alla (en un autre endroit)', les formes régulières (pour un verbe -ta de cette classe) öante, öantie étaient utilisées. La forme du parfait avānie est régulièrement développée à partir de *a-wāniiē, obtenue durant la période préhistorique de la forme plus ancienne du parfait de ce type *awāwiiē, avec intrusion du n du passé (les formes du passé et du parfait devinrent progressivement plus étroitement associées en quenya). L'accent resta sur le wā, étant donné que l'augment ou la reduplication dans les formes verbales ne fut jamais accentué, même durant la période de rétraction du quenya (ainsi aucune forme *öanie ne se développa : contraste öante < *áwa-n-tē). La forme vānie apparaissant en vers n'a pas d'augment : probablement un développement phonétique après une voyelle précédant; mais de telles formes ne sont pas rares en vers.
SINDARIN. Le seul dérivé normal est la préposition o, le mot usuel pour '[venant] de, de'. Aucune des formes de l'élément *awa n'apparaît en tant que préfixe en S, probablement parce qu'elles devinrent semblables ou identiques aux produits de *wō, *wo (voir suivant). La forme Ódhel est isolée (voir ci-dessus, sindarin 3(c)). Comme les mutations suivant la préposition o le montrent, elle a dû préhistoriquement se terminer en -t ou -d. Probablement, dès lors, vient-elle de *aud, avec un d d'origine identique à celui vu en Q öar (voir ci-dessus). Certains ont pensé qu'elle reçut l'ajout -t (à une époque où *au était déjà devenu > o) par association avec *et 'hors, hors de'. Ce dernier conserve sa consonne sous la forme ed devant des voyelles, mais la perd devant des consonnes, bien que es, ef, eth sont souvent observés devant s, f, th. o, cependant, est normalement o dans toutes les positions, bien que od apparaisse occasionnellement devant des voyelles, en particulier devant o-. L'influence de *et > ed est par conséquent probablement uniquement tardive, et n'explique pas les mutations.
TELERIN. Les formes telerines sont étroitement similaires à celles du quenya en forme et en signification, bien que le développement *áua > öa n'apparaisse pas, et v reste w en son. Ainsi nous avons le préfixe au-, l'adverbe au ou avad; le verbe auta- avec le participe passé vanua, et les passé et parfait associés vāne et avānie; et dans les sens physiques vante, avantie.
*WO
QUENYA. Ceci ne subsiste pas en Q en tant que mot indépendant. Il s'agit cependant d'un préfixe fréquent sous la forme ó- (habituellement réduite à o- quand non accentuée), utilisée dans des mots décrivant la réunion, la jonction, ou l'union de deux choses ou personnes, ou de deux groupes pensés comme unités. Ainsi : o-mentie (réunion ou jonction de directions de deux personnes) comme dans la salutation familière entre deux personnes, ou deux compagnies, chacune allant sur un chemin qui croise celui de l'autre : Elen síla lúmenna omentielvo !3 'une étoile brille sur l'heure de la rencontre de nos chemins.' (Note 1, p. 407)
Ce préfixe était normalement non accentué dans des verbes ou des dérivés de verbes; ou généralement quand la syllabe suivante était longue. Quand accentué, il avait la forme ó-, comme dans ónoni 'jumeaux', à côté de l'adj. onóna 'né jumeau', également utilisé comme un nom 'l'un d'une paire de jumeaux'.
TELERIN. L'emploi ne diffère pas matériellement; mais en forme, le w- (perdu en quenya avant le ō) est conservé : préfixe vō, vo-. (Note 1, p. 407)
SINDARIN. Dans le préfixe gwa-, go- 'ensemble, co-, com-'. La limitation duelle n'était plus effectuée; et go- avait les sens d'à la fois *wo et *jo. *jo, *jom- disparut en tant que préfixe vivant. gwa- apparaissait uniquement dans quelques dissyllabes S, où il était accentué, ou dans leurs dérivés reconnaissables : e.g. gwanūn 'une paire de jumeaux', gwanunig l'un d'une telle paire. Ceux-ci étaient principalement de formation ancienne, et conservèrent ainsi leur signification duelle. gwa- est régulièrement développé de *wo > *wa > gwa, lorsque accentué en sindarin préhistorique. go- vient de *wo > gwo > go, lorsque primitivement non accentué; et aussi de gwa- > go-, lorsqu'il devint à nouveau non accentué. Étant donné que PQ *wā (une des formes de *AWA) aurait aussi produit gō-, go-, ou gwa- si réduit primitivement (e.g. devant deux consonnes), tandis que *au aurait produit o-, le même que la forme fréquente initialement mutée de go- 'ensemble', les formes préfixales de *AWA furent perdues en sindarin.
*HO
QUENYA. Ceci était manifestement un ancien élément adverbial, apparaissant principalement en tant que proclitique ou enclitique : proclitique, en tant qu'un préfixe de radicaux verbaux; et enclitique, en tant qu'attaché à des radicaux nominaux (la place usuelle pour les éléments 'prépositionnels' plus simples en PQ). D'où le quenya hō- (habituellement ainsi, même lorsqu'il était devenu non accentué), en tant que préfixe verbal. Il signifiait 'loin de, de, de parmi', mais le point de vue était hors de la chose, le lieu, ou le groupe en pensée, alors que dans les dérivés de *AWA, le point en pensée était la place ou la chose quittée. Ainsi, Q hókiri- 'couper', tel que avoir ou utiliser une portion requise; alors que aukiri- signifiait 'couper' et se débarrasser ou perdre une portion. hótuli- 'partir', tel que quitter une place ou un groupe et en joindre un autre dans la pensée ou le lieu du locuteur; alors que au ne pouvait pas être utilisé avec le radical tul- 'venir'.
En tant qu'enclitique nominal, *-hō devint ō, étant donné que le h médial fut très tôt perdu sans laisser de trace en CE. Ceci fut la source de la flexion 'génitive' la plus utilisée du quenya. Correctement, il était utilisé partitivement, ou pour décrire la source ou l'origine, pas comme un 'possessif', ou adjectivement pour décrire des qualités; mais naturellement, ce 'dérivé génitif' (comme l'anglais of) pouvait être utilisé en de nombreuses circonstances qui pouvaient avoir des implications possessives ou adjectivales, bien que la 'possession' fût indiquée par le suffixe adjectival -va, ou (en particulier dans des descriptions générales) par un 'composé large'. Ainsi 'cor d'Orome' était róma Oroméva (s'il restait en sa possession); Orome róma signifierait 'un cor d'Orome', sc. un des cors d'Orome (s'il en avait plus d'un); mais róma Oromëo signifiait 'un cor venant d'Orome', e.g. en tant que cadeau, dans des circonstances où le receveur, montrant le cadeau avec fierté, pouvait dire 'c'est un cor d'Orome'. S'il disait 'c'était un cor d'Orome', il dirait Oroméva. De même, lambe Eldaron ne serait pas utilisé pour 'la langue des Eldar' (excepté concevablement dans un cas où la langue entière était adoptée par un autre peuple), qui s'exprime par soit Elda-lambe, soit lambe Eldaiva. (Note 2, p. 407)
Il restait naturellement de nombreux cas où les génitifs soit possessivo-adjectivaux, soit partitivo-dérivés, pouvaient être utilisés, et la tendance à préférer les derniers, ou à les utiliser à la place des premiers, augmentait. Ainsi alkar Oromëo ou alkar Oroméva pouvaient être utilisés pour 'la splendeur d'Oromë', bien que le dernier était correct dans une description d'Oromë tel qu'il était en permanence, et le premier de sa splendeur telle que vue à un moment donné (découlant de lui) ou à un point précis dans une narration. 'Les Rois des Eldar' pouvait être soit i arani Eldaron, soit i arani Eldaive, bien que le premier signifierait si utilisé correctement 'ceux parmi les Eldar qui étaient rois', et le dernier 'ceux (rois) dans une assemblée particulière qui étaient elfes'. Dans des expressions telles que 'Elwe, Roi des Sindar (peuple), ou de Doriath (pays)', la forme dérivée était usuelle : Elwe, Aran Sindaron, ou Aran Lestanórëo.
TELERIN. L'emploi en telerin du préfixe ho- était identique à celui en quenya. La flexion était -o, comme en quenya, mais elle ne reçut pas un ajout -n au pluriel. Elle était plus largement utilisée qu'en quenya pur, sc. dans la plupart des cas là où l'anglais emploierait la flexion -s ou of; bien que le possessif, en particulier quand il concernait une seule personne ou possesseur, était exprimé sans flexion : soit avec le possesseur placé en premier (l'ancien usage), soit (peut-être sous l'influence des expressions génitives ou adjectivales qui étaient placées en second) suivant le possédé. Dans le dernier cas, le suffixe possessif approprié ('son, sa, ses') était habituellement ajouté au nom. Ainsi Olue cava; ou cava Olue, habituellement cavaria Olue (sc. 'la maison de lui, Olwe'); = 'la maison d'Olwe'. La dernière forme était également utilisée en quenya avec des noms propres, comme köarya Olwe. Les deux langues utilisaient également les suffixes adjectivaux possessifs d'une curieuse façon, les attachant aux adjectifs attribués aux noms propres (ou aux noms de fonctions personnelles, comme 'roi') : comme Varda Aratarya, 'Varda la noble, Varda dans sa sublimité'. Ceci était le plus usuel dans le vocatif : comme dans Meletyalda, ou plus complet Aran Meletyalda (littéralement 'votre puissance', ou 'roi votre puissance'), plus ou moins équivalents à 'Votre Majesté'. Cf. l'adieu d'Aragorn : Arwen vanimalda, namárie !4
SINDARIN. Étant donné que l'initiale h- disparut en sindarin, *hō serait devenu ū et ainsi, se heurtant à la négative ū, ne survécut naturellement pas. *ho en tant que proclitique pourrait avoir donné o; mais il n'apparaît pas en tant que préfixe verbal, bien qu'il contribuât peut-être à la préposition sindarine o (voir sous *Awa, sindarin) qui est utilisée dans les deux directions, du ou vers le point de vue du locuteur. Étant donné que toutes les voyelles finales disparurent en sindarin, on ne peut déterminer si cette langue avait développé ou non dans la période primitive un -ō flexionnel. Sa présence dans le telerin d'Aman rend sa présence passée en sindarin probable. Le placement du nom génitif en second en sindarin normal est également probablement dérivé de formes flexionnelles. Les composés dont le premier élément était 'génitif' étaient apparemment toujours normaux durant l'ancienne période, comme on le voit en de nombreux noms de lieux et de personnes (tel que Egla-mar), et existaient toujours en emploi plus limité par après, en particulier là où le premier élément était ou était considéré comme un adjectif (tel que Mordor 'Pays de Ténèbres' ou 'Pays ténébreux'). Mais des séquences génitives avec le possesseur ou le qualificateur en second devinrent durant la période ultérieure également des composés fixes : tel que Dóriath, pour Dôr Iâth 'Pays de la Barrière'.
*ABA
Bien que ceci devînt un radical verbal, il était probablement dérivé d'un élément négatif primitif, ou d'une exclamation, telle que *BA 'non !' Il ne niait cependant pas des faits, mais exprimait toujours une préoccupation ou une volonté; c'est-à-dire qu'il exprimait un refus de faire ce que d'autres pourraient souhaiter ou pousser à faire, ou une interdiction de quelque action par d'autres. En tant que radical verbal, il développa la forme *aba- (avec une voyelle de connexion a à l'aoriste); en tant que particule ou préfixe, les formes *aba, *bā, et *abā.
QUENYA. En quenya, le verbe ava- était peu utilisé en langage courant, et révélait qu'il n'était pas à l'origine un radical verbal 'fort' ou basique en ayant la forme du passé 'faible' avane. En emploi courant, il fut remplacé par le composé vā-quet (váquetin, váquenten) 'dire non', sc. 'dire je ne ferai pas', ou 'ne pas faire', 'refuser' ou 'interdire'.
En tant que préfixe, la forme utilisée était habituellement ava-, dont la force peut être observée dans avaquétima 'à ne pas être dit, qui ne doit pas être dit', avanyárima 'à ne pas ête raconté ou rapporté', contrasté avec úquétima 'indescriptible', c'est-à-dire, 'impossible à dire, à mettre en mots, ou imprononçable', únyárima 'impossible à raconter', sc. parce que tous les faits ne sont pas connus, ou le conte est trop long. Comparer aussi Avamanyar 'ceux qui n'allèrent pas en Aman, parce qu'ils ne le voulaient pas' (un équivalent d'Avari) avec Úamanyar 'ceux qui en fait n'atteignirent pas Aman' (un équivalent de Hekeldi).
En tant que particule (la forme de ce radical la plus utilisée en langage courant), la forme quenya était habituellement vá ! Ceci était une exclamation ou une particule exprimant la volonté ou le souhait du locuteur, signifiant selon le contexte 'je ne ferai pas' ou 'Ne fais pas !' À noter qu'elle n'était pas utilisée, même à la première personne, dans une affirmation à propos d'une action future du locuteur, reposant sur de la prescience, ou un jugement de la force des choses. Elle pouvait parfois, comme vu dans váquet- (ci-dessus), être utilisée en tant que préfixe verbal.
Une forme plus longue áva ou avá (accentuée sur la dernière syllabe), qui présente une combinaison avec la particule impérative *ā, était communément utilisée comme impératif négatif 'Ne fais pas !', utilisé soit seul, soit avec un radical verbal non fléchi, comme áva kare ! 'Ne le fais pas !' À la fois vá et áva recevaient parfois des affixes verbaux pronominaux de la première personne du singulier et de la première personne du pluriel exclusive : comme ávan, ván, ványe, 'Je ne ferai pas', avamme, vamme 'nous ne ferons pas'.
Un ancien dérivé de *aba- en tant que radical quasi verbal était *abaro > CE *abar. Il s'agissait d'une ancienne formation agentale, telle qu’observée également dans Teler, pl. Teleri, obtenu avec le suffixe -rŏ, ajouté à une ómataina.5 (D'autres formes de ce suffixe étaient -rō ajouté au radical, avec ou sans infixation en n; et -rdŏ > rd.) *abar signifiait donc 'réfractaire, quelqu'un qui refuse d'agir comme conseillé ou ordonné'. Il était spécialement appliqué à (ou tout d'abord obtenu pour décrire ?) la section des Elfes qui refusa de se joindre à la Marche vers l'Ouest : Q Avar, pl. Avari.
TELERIN. L'emploi telerin était étroitement similaire à celui du quenya. Les formes étaient les mêmes, excepté que le telerin préserva le CE b distinct de v ou de w : donc le préfixe était aba- (abapétima 'à ne pas être dit'); la particule bá; l'exclamation abá. La forme verbale, cependant, était en usage courant : aban 'je refuse, je ne ferai pas'. En ordre négatif, seule la forme non fléchie abá était utilisée : abá care 'ne le fais pas !'
SINDARIN. En sindarin, les formes suivantes sont usitées. baw ! négatif impérieux : 'Non, non ! Ne fais pas !' avo adverbe négatif avec des verbes, comme avo garo ! 'ne le fais pas'; parfois utilisé en tant que préfixe : avgaro (< *aba-kar ā). Ceci pouvait être personnalisé sous la forme avon 'je ne ferai pas', avam 'nous ne ferons pas' : celles-ci n'étaient en fait bien sûr pas dérivées d'avo, qui contient l'impératif -o < *ā, mais du radical verbal *aba, avec des flexions assimilées aux radicaux tendus en -ā; mais nulle autre partie du verbe ne survécut dans l'usage, excepté le nom avad 'refus, répugnance'. Directement dérivé de baw ! (*bā) était le verbe boda- 'exclure, interdire' (*bā-ta).
(Sur les emplois de ce radical, signifiant primitivement 'refuser, ne pas vouloir', pour former des impératifs, cf latin nōlī, nōlīte.) |
|
| Revenir en haut |
|
 |
Dior
Modérateur général


Sexe: Inscrit le: 10 Aoû 2004 Messages: 3475 Localisation: Menegroth, deep under the sea
|
Posté le: 25 Jan 2007 12:47 Sujet du message: |
|
|
|
B. Significations et emploi des différents termes appliqués aux Elfes et à leurs variétés en
quenya, telerin, et sindarin
Quenya
1. quén, pl. queni, personne, individu, homme ou femme. Principalement utilisé sous la forme non accentuée quen. Le plus observé au singulier : 'un, quelqu'un'; au pl. 'des gens, ils'. Aussi combiné avec d'autres éléments, comme dans aiquen 'si personne, quiconque', ilquen 'tout le monde'. Dans un nombre d'anciens composés -quen, pl. queni était combiné avec des radicaux nominaux ou adjectivaux pour désigner des occupations habituelles ou des fonctions, ou pour décrire ceux ayant des qualités notables (permanentes) : comme -man en anglais (mais sans distinction de sexe) dans horseman [NdTr : 'cavalier'], seaman [NdTr : 'marin'], workman [NdTr : 'ouvrier'], nobleman [NdTr : 'noble'], etc. Q roquen 'cavalier'; (Note 3, p. 407) kiryaquen 'marin'; arquen 'un noble'. Ces mots appartiennent au langage de tous les jours, et n'ont pas de références spéciales pour les Elfes. Ils furent librement appliqués à d'autres Incarnés, tels que les Hommes et les Nains, lorsque les Eldar firent leur connaissance.
2. Quendi Elfes, de quelque sorte, incluant les Avari. Le sg. Quende était naturellement moins utilisé. Comme il a été observé, le mot fut créé lorsque les Elfes ne connaissaient pas encore d'autres 'gens' qu'eux-mêmes. Le sens 'la gent elfe, en tant que tout', ou au sg. 'un Elfe et non une autre créature similaire', se développa d'abord en Aman, où les Elfes vivaient parmi ou en contact avec les Valar et les Maiar. Durant l'Exil, lorsque les Ñoldor furent ré-associés à leur parenté elfe, les Sindar, mais rencontrèrent d'autres peuples non-elfes, tels que les Orcs, les Nains, et les Hommes, il devint un terme encore plus utile. Mais en fait, il avait cessé en Aman d'être un mot de tous les jours, et resta par après principalement utilisé dans le langage spécial du 'Savoir' : histoires ou contes des jours anciens, ou écrits appris sur les peuples et les langues. En langage courant, les Elfes d'Aman se nommaient Eldar (ou en telerin Elloi) : voir ci-dessous.
Il existait également deux anciens composés contenant *kwendī : *kala-kwendī et *mori-kwendī, le Peuple lumineux et le Peuple sombre. Ces termes semblent remonter à la période d'avant la Séparation, ou plutôt au moment du débat entre les Quendi au sujet de l'invitation des Valar. Ils furent manifestement créés par le parti favorable à Orome, et se référaient originellement à ceux qui désiraient la Lumière de Valinor (d'où les ambassadeurs rapportèrent qu'il n'y avait pas de ténèbres), et à ceux qui ne souhaitaient pas un endroit dans lequel il n'y avait pas de nuit. Mais déjà avant la séparation finale, *mori-kwendī peut s'être référé aux ténèbres et aux nuages estompant le soleil et les étoiles durant la Guerre des Valar et de Melkor,6 de telle sorte que le terme dès le départ avait une nuance de mépris, impliquant que de telles personnes n'avaient rien contre les ombres de Melkor sur la Terre du Milieu.
Les descendants en ligne directe de ces termes ne survécurent que dans les langues d'Aman. Les formes quenya étaient Kalaquendi et Moriquendi. Le Kalaquendi en quenya s'appliquait uniquement aux Elfes qui en fait vivaient ou avaient vécu en Aman; et le Moriquendi était appliqué à tous les autres, qu'ils eussent suivi la Marche ou non. Les derniers étaient considérés comme grandement inférieurs aux Kalaquendi, qui avaient connu la Lumière de Valinor, et avaient également acquis des connaissances et des pouvoirs bien plus grands par leur association aux Valar et aux Maiar.
Durant la période de l'Exil, les Ñoldor modifièrent leur usage de ces termes, qui était insultant pour les Sindar. Kalaquendi devint obsolète, excepté dans le savoir écrit ñoldorin. Moriquendi fut à présent appliqué à tous les autres Elfes, excepté les Ñoldor et les Sindar, c'est-à-dire aux Avari ou à toute autre sorte d'Elfes qui, au moment de l'arrivée des Ñoldor, ne s'étaient pas établis depuis longtemps en Beleriand et n'étaient pas des sujets d'Elwë. Il ne fut jamais appliqué, cependant, à d'autres que des peuples elfes. La vieille distinction, quand faite, était représentée par les nouveaux termes Amanyar 'ceux d'Aman', et Úamanyar ou Úmanyar 'ceux pas d'Aman', à côté des formes plus longues Amaneldi et Úmaneldi.
3. Quendya, Quenya en dialecte ñoldorin. Ce mot subsista en usage courant, mais il était uniquement utilisé comme un nom pour 'la langue quendienne'. (Note 4, p. 407) Cet emploi de Quendya a dû apparaître en Aman, alors que Quendi subsistait encore dans l'usage général. Historiquement, et dans l'usage plus correct des Savants linguistiques, Quenya incluait le dialecte des Teleri, qui, bien que divergent (en certains points depuis les jours d'avant l'établissement en Aman, tel que *kw > p), resta généralement intelligible aux Vanyar et aux Ñoldor. Mais dans l'usage ordinaire, il était uniquement appliqué aux dialectes des Vanyar et des Ñoldor, d'entre lesquels les différences n'apparurent qu'ultérieurement, et persistèrent, jusqu'à la période juste avant l'Exil, d'importance mineure.
Dans l'usage des Exilés, Quenya en vint naturellement à signifier la langue des Ñoldor, développée en Aman, comme distincte des autres langues, elfes ou non. Mais les Ñoldor n'oublièrent pas sa connexion avec l'ancien mot Quendi, et considéraient encore le mot comme impliquant 'elfe', c'est-à-dire la principale langue elfe, la plus noble, et celle préservant au plus près l'ancien caractère du langage elfe. Pour une note sur les mots elfes pour 'langue', en particulier parmi les Savants ñoldorins, voir Appendice D (p. 391).
4. Elda et Eldo. La distinction originelle entre ces formes, comme signifiant 'quelqu'un du Peuple des Etoiles, ou Elfes en général', et un des 'Marcheurs', fut obscurcie par la ressemblance étroite des formes. La forme Eldo devint obsolète, et Elda resta le mot principal pour 'Elfe' en quenya. Mais il n'était pas en usage correct considéré comme incluant les Avari (quand ils étaient remémorés ou pris en considération); i.e. il prit le sens d'Eldo. Il peut, cependant, avoir été partiellement dû à sons sens plus ancien que, en usage populaire, il était le mot couramment employé pour tout Elfe, c'est-à-dire, comme un équivalent du Quende des Savants. Quand un des Elfes d'Aman parlait de l'Eldalie, 'le Peuple elfe', il signifiait vaguement toute la race des Elfes, bien qu'il ne pensait probablement pas aux Avari.
Car, bien sûr, la parenté spéciale des Amanyar avec ceux laissés en Beleriand (ou Hekeldamar) était remémorée, en particulier par les Teleri. Lorsqu'il était nécessaire de distinguer ces deux branches des Eldar (ou correctement Eldor), ceux qui étaient arrivés en Aman étaient appelés Oäzeldi Ñ Oäreldi, dont une autre forme (moins utilisée) était Auzeldi, Ñ Aureldi; ceux qui étaient restés derrière étaient les Hekeldi. Ces termes appartenaient naturellement plutôt à l'histoire qu'au langage de tous les jours, et durant la période de l'Exil, ils devinrent obsolètes, ne convenant pas à la situation en Beleriand. Les Exilés revendiquaient toujours être des Amanyar, mais en pratique ce terme signifiait à présent ces Elfes restant en Aman, alors que les Exilés se nommaient Etyañgoldi 'Ñoldor exilés', ou simplement (étant donné que la grande majorité de leur clan était partie en exil) Ñoldor. Tous les sujets d'Elwë, ils les nommaient Sindar ou 'Elfes gris'.
Telerin
1. Les dérivés de *KWEN étaient plus parcimonieusement représentés dans les dialectes telerins, d'Aman ou du Beleriand. C'était en partie dû au changement en telerin commun de kw > p, (Note 5, p. 407) qui causa le choc de *pen < *kwen avec la racine PQ *PEN 'manquer, être sans', et aussi avec quelques-uns des dérivés de *PED 'pencher, être incliné' (e.g. *penda 'en pente'). Les Teleri se sentaient également un peuple distinct, en comparaison avec les Vanyar et les Ñoldor, que, pris ensemble, ils surpassaient en nombre. Ce sentiment naquit avant la Séparation, et augmenta durant la Marche et en Beleriand. En conséquence, ils ne ressentaient pas fortement le besoin d'un mot général embrassant tous les Elfes, jusqu'à ce qu'ils vinssent en contact avec d'autres Incarnés non elfes.
En tant qu'enclitique pronominale (e.g. dans aipen, Q aiquen; ilpen, Q ilquen), *kwen survécut en telerin; mais peu des composés avec pen 'homme' subsistèrent en langage courant, excepté arpen '(homme) noble', et l'adjectif dérivé arpenia.
Pendi, l'équivalent dialectal du Q Quendi, survécut uniquement en tant que mot appris des historiens, utilisé en référence aux jours anciens d'avant la Séparation; l'adjectif *Pendia (l'équivalent de Quendya) était devenu obsolète. (Note 6, p. 408) Les Teleri avaient peu d'intérêt pour le savoir linguistique, qu'ils laissèrent aux Ñoldor. Ils ne considéraient pas leur langue comme un 'dialecte' du quenya, mais la nommaient Lindārin ou Lindalambe. Ils appelaient le quenya Goldōrin ou Goldolambe; car ils avaient peu de contacts avec les Vanyar.
Les anciens composés en forme telerine Calapendi et Moripendi survécurent dans l'usage historique; mais étant donné que les Teleri en Aman restèrent plus conscients de leur parenté avec les Elfes laissés en Beleriand, alors que Calapendi était utilisé, comme Kalaquendi en quenya, pour se référer uniquement aux Elfes d'Aman, Moripendi n'était pas appliqué aux Elfes d'origine telerine qui n'avaient pas atteint Aman.
2. Ello et Ella. L'histoire des significations de ces mots était presque identique à celle des correspondants Elda et Eldo en quenya. En telerin, la forme -o en vint à être préférée, de telle sorte que généralement le T Ello était l'équivalent du Q Elda. Mais Ella resta en usage dans une fonction quasi adjectivale (e.g. en tant que premier élément dans des composés larges ou génitifs) : donc l'équivalent du Q Eldalie était en T Ellālie.
En contraste avec les Elloi laissés en Beleriand, ceux d'Aman étaient dans les récits appelés Audel, pl. Audelli. Ceux du Beleriand étaient les Hecelloi de Heculbar (ou Hecellubar).
Sindarin
1. Les dérivés de *KWEN étaient limités au sens : pronominal 'un, quelqu'un, quiconque', et à quelques anciens composés qui survécurent. PQ *kwende, *kwendī disparurent tous deux. Les raisons de ceci étaient en partie les modifications linguistiques déjà citées; et en partie les circonstances dans lesquelles les Sindar vivaient, jusqu'au retour des Ñoldor, et la venue des Hommes. Les modifications linguistiques rendirent les mots inadaptés à la survie; les circonstances enlevèrent toute utilité pratique au terme. L'ancienne unité des Elfes avait été brisée lors de la Séparation. Les Elfes du Beleriand étaient isolés, sans contact avec n'importe quel autre peuple, elfe ou d'une autre sorte; et ils étaient tous d'un seul clan et d'une seule langue : telerin (ou lindarin). Leur propre langue était la seule qu'ils entendaient jamais; et ils n'avaient besoin d'aucun mot pour la distinguer, ni pour se distinguer eux-mêmes.
En tant que pronom, habituellement enclitique, la forme pen, mutée ben, survécut. Quelques composés survécurent, comme rochben 'cavalier' (m. ou f.), orodben 'un montagnard' ou 'quelq'un vivant dans les montagnes', arphen 'un noble'. Leurs pluriels se faisaient par inflexion en i-, se reportant à l'origine à travers le mot : comme roechbin, oerydbin, erphin, mais la forme normale du premier élément était souvent restaurée lorsque la nature de la composition restait évidente : comme rochbin, mais toujours erphin. Ces mots ne présentaient aucune association spéciale aux Elfes.
Associés à ces composés, il y avait deux anciens mots Calben (Celbin) et Morben (Moerbin). Sur la relation formelle de ceux-ci au quenya Kalaquendi et Moriquendi, voir p. 362. Ils ne faisaient pas référence aux Elfes, excepté par concours de circonstances. Celbin conserva ce qui était, comme il a été dit, probablement sa signification originale : tous les Elfes autres que les Avari; et il incluait les Sindar. Il était en fait l'équivalent (quand un équivalent était nécessaire) du quenya Eldar, telerin Elloi. Mais il se référait aux Elfes uniquement parce qu'aucun autre peuple ne se qualifiait pour le titre. Moerbin était de même un équivalent d'Avari; mais qu'il ne signifiait pas seulement 'Elfes sombres' se voit par son application immédiate à d'autres Incarnés, lorsque par après ils devinrent connus. Par les Sindar, quiconque demeurant en dehors du Beleriand, ou entrant dans leur royaume du dehors, était appelé un Morben. Le premier peuple de cette sorte à être rencontré fut les Nandor, qui entrèrent en Beleriand oriental, par delà les passes des Montagnes avant le retour de Morgoth; tôt après son retour vinrent les premières invasions de ses Orcs depuis le nord.7 Un peu plus tard, les Sindar prirent conscience des Avari, qui s'étaient infiltrés par petits groupes secrets en Beleriand depuis le sud. Plus tard vinrent les Hommes des Trois Maisons, qui étaient amicaux; et plus tard des Hommes d'autres sortes. Tous ceux-ci furent à la première rencontre appelés Moerbin. (Note 7, p. 408) Mais lorsque les Nandor furent reconnus comme un peuple apparenté d'origine et de langue lindarines (comme il était encore possible de le reconnaître), ils furent reçus dans la classe des Celbin. Les Hommes des Trois Maisons furent également tôt retirés de la classe des Moerbin. (Note 8, p. 408) Ils reçurent leur propre nom, Edain, et furent en fait rarement appelés Celbin, mais ils étaient reconnus comme appartenant à cette classe, qui devint pratiquement équivalente à 'peuples en alliance dans la Guerre contre Morgoth'. Les Avari restèrent ainsi les principaux exemples de Moerbin. Tout Avar individuel qui se joignait aux ou était admis parmi les Sindar (cela se produisit rarement) devenait un Calben; mais les Avari en général restèrent secrets, hostiles aux Eldar, et indignes de confiance; et ils demeuraient en des lieux dissimulés dans les bois plus profonds, ou dans des grottes. (Note 9, p. 408) Moerbin tel qu'appliqué à eux est usuellement traduit 'Elfes sombres', en partie parce que Moriquendi, dans le quenya des Ñoldor exilés, se référait à eux. Mais le fait qu'aucune référence spéciale aux Elfes n'était recherchée par le mot sindarin est indiqué par le fait que Moerbin fut immédiatement appliqué aux nouveaux groupes d'Hommes (Orientaux) qui apparurent avant la Bataille de la Nirnaeth. (Note 9, p. 408) Si, en sindarin, un Avar, en tant que distinct des autres genres de Morben, était visé, il était appelé Mornedhel.
2. Edhel, pl. Edhil. En dépit de sa dérivation ultime (voir p. 360), ceci était le mot général pour 'Elfe, Elfes'. Dans les premier temps, il se référait naturellement uniquement aux Sindar eldarins, car aucune autre sorte n'était jamais vue; mais ultérieurement, il fut librement appliqué aux Elfes de toute sorte qui entrèrent en Beleriand. Il était cependant uniquement utilisé sous ces deux formes.
Les formes masculine et féminine étaient m. Ellon et f. Elleth, et le pluriel de classe était Eldrim, plus tard Elrim, quand celui-ci n'était pas remplacé par le plus communément utilisé Eledhrim (voir ci-dessous). La forme sans les suffixes m. et f. n'était pas utilisée, et survécut uniquement dans plusieurs composés anciens, en particulier des noms personnels, sous la forme el, pl. il, en tant qu'élément final.
La forme Elen, pl. Elin, était uniquement utilisée dans les récits ou les travaux des Savants, en tant que mot incluant tous les Elfes (Eldar et Avari). Mais le pluriel de classe Eledhrim était le mot usuel pour 'toute la race elfe', à chaque fois qu'une telle expression était nécessaire.
Tous ces mots et formes, quelles que soient leurs étymologies (voir ci-dessus), étaient applicables à toute sorte d'Elfe. En fait, Edhel était correctement appliqué aux seuls Eldar; Ell- pourrait avoir une origine mixte; et Elen était un ancien mot général. (Note 10, p. 410)
3. Les Sindar n'eurent pas de nom général pour eux-mêmes, en tant que distincts d'autres variétés d'Elfes, jusqu'à ce que d'autres genres pénétrassent en Beleriand. Le descendant de l'ancien nom de clan *Lindāi (Q Lindar) était sorti de l'usage normal, n'étant plus nécessaire dans une situation où tous les Edhil étaient du même genre, et où les gens étaient plus conscients des différences croissantes, au niveau de la langue et d'autres sujets, entre ces groupes d'Elfes qui vivaient en des endroits largement séparés d'un pays étendu et principalement sans routes. Ils étaient donc tous, en langage courant, des Edhil, mais certains appartenaient à une région et d'autres à une autre : ils étaient les Falathrim des rivages du Beleriand occidental, ou les Iathrim de Doriath (le pays de la Barrière, ou iath), ou les Mithrim qui s'en étaient allés au nord du Beleriand et habitaient les régions aux alentours du grand lac qui porta ultérieurement leur nom. (Note 11, p. 410)
L'ancien nom de clan *Lindāi survécut dans le composé Glinnel, pl. Glinnil, un mot uniquement connu en savoir historique, et l'équivalent du quenya Teleri ou Lindar, voir les Notes sur les noms de clans ci-dessous. Tous les sujets sindarins du Roi Elu-Thingol, en tant que distincts des Ñoldor arrivant, furent parfois ultérieurement appelés les Eluwaith. Dúnedhil 'Elfes de l'Ouest' (la référence étant à l'ouest de la Terre du Milieu) était un terme créé pour correspondre à Dúnedain 'Hommes de l'Ouest' (uniquement appliqué aux Hommes des Trois Maisons). Mais avec l'amalgame croissant, hors de Doriath, des Ñoldor et des Sindar en un peuple employant la langue sindarine en tant que langue de tous les jours, ceci en vint rapidement à s'appliquer à la fois au Ñoldor et aux Sindar.
Pendant que les Ñoldor étaient encore distincts, et à chaque fois que l'on désirait rappeler leur différence d'origine, ils étaient usuellement appelés Ódhil (sg. Ódhel). Ceci, comme il a été vu, était à l'origine un nom pour tous les Elfes qui quittèrent le Beleriand pour Aman. Ceux-ci étaient aussi nommés par les Sindar Gwanwen, pl. Gwenwin (ou Gwanwel, Gwenwil) ' les partis' : cf. Q vanwa. Ce terme, qui ne pouvait être correctement appliqué à ceux qui étaient revenus, resta le nom sindarin usuel pour les Elfes qui restèrent en Aman. Ódhil devint ainsi spécialement le nom des Ñoldor exilés.
Dans ce sens, la forme Gódhel, pl. Gódhil remplaça tôt la forme plus ancienne. Cela semble avoir été dû à l'influence du nom de clan Golodh, pl. Goelydh; ou plutôt à une fusion délibérée des deux mots. L'ancien nom de clan n'était pas tombé dans l'oubli (car les Ñoldor et les Sindar, en raison de la grande amitié entre Finwe et Elwe, étaient étroitement associés durant leur séjour en Beleriand, avant le Départ), et il avait par conséquent une forme sindarine authentique ( < CE *ñgolodō). Mais la forme Golodh semble avoir été phonétiquement désagréable aux Ñoldor. Le nom était, en outre, principalement utilisé par ceux qui souhaitaient marquer la différence entre les Ñoldor et les Sindar, et ignorer le séjour des Ñoldor en Aman, qui pourrait leur donner un titre de supériorité. Ceci était spécialement le cas en Doriath, où le Roi Thingol était hostile aux chefs ñoldorins, Fëanor et ses fils, et Fingolfin, à cause de leur assaut sur les Teleri en Aman, le peuple de son frère Olwe. Les Ñoldor, par conséquent, en employant le sindarin, ne s'appliquaient jamais ce nom (Golodh), et il devint obsolète parmi ceux qui leur étaient amicaux.
4. Eglan, pl. Eglain, Egladrim. Ce nom, 'les Abandonnés', était, comme il a été dit, donné par les Sindar à eux-mêmes. Mais en Beleriand, il ne s'agissait pas d'un nom pour tous les Elfes qui y restèrent, comme l'étaient les noms apparentés, Hekeldi, Hecelloi, en Aman. Il s'appliquait uniquement à ceux qui souhaitaient partir, et qui attendirent longuement en vain le retour d'Ulmo, s'établissant sur ou à proximité des côtes. Là, ils devinrent habiles dans la construction et l'exploitation de navires. Círdan était leur seigneur.
Les gens de Círdan étaient constitués à la fois de nombre des suivants d'Olwe, qui, errant ou s'attardant, parvinrent trop tard aux rives, et aussi de beaucoup des suivants d'Elwe, qui abandonnèrent sa recherche et ne souhaitaient pas être à jamais séparés de leurs parents et amis. Ces gens conservèrent le désir d'Aman pendant de longues années, et ils étaient parmi les plus amicaux envers les Exilés.
Ils continuèrent à s'appeler les Eglain, et les régions où ils demeuraient Eglamar et Eglador. Le dernier nom devint obsolète. Il avait originellement été appliqué à tout le Beleriand occidental, entre le Mont Taras et la Baie de Balar, sa frontière orientale se situant approximativement le long de la rivière Narog. Eglamar, cependant, resta le nom de la 'Demeure des Eglain' : le bord de mer, du Cap Andras au promontoire de Bar-in-Mŷl ('Demeure des Mouettes'),8 qui incluait les ports de Círdan à Brithonbar9 et à la sortie du golfe d'Eglarest.
Les Eglain devinrent un peuple à part par rapport aux Elfes de l'intérieur des terres, et, à l'époque de l'arrivée des Exilés, leur langue était différente à bien des égards. (Note 12, p. 411) Mais ils reconnaissaient la haute-royauté de Thingol, et Círdan ne prit jamais le titre de roi.10
*Abarī
Ce nom, manifestement créé par les Eldar au moment de la Séparation, apparaît dans les récits sous la forme quenya Avari, et sous la forme telerine Abari. Il était toujours utilisé par les historiens des Ñoldor exilés, bien qu'il différât peu de Moriquendi, qui (voir ci-dessus) n'était plus utilisé par les Exilés pour inclure les Elfes d'origine eldarine. Le pluriel Evair était connu des savants sindarins, mais n'était plus utilisé. Les Avari qui vinrent en Beleriand étaient, comme il a été dit, appelés Morben, ou Mornedhel.
C. Les noms de clans,
avec des notes sur les autres noms des divisions des Eldar
En forme quenya, les noms des trois grands Clans étaient Vanyar, Ñoldor, et Lindar. Le plus ancien de ces noms était Lindar, qui remonte certainement aux jours d'avant la Séparation. Les deux autres apparurent probablement à la même époque, ou peu de temps après : leurs formes originelles peuvent donc être données en PQ comme étant *wanjā, *ñgolodō, et *lindā / glindā. (Note 13, p. 411)
Selon la légende, préservée en forme presque identique à la fois chez les Eldar d'Aman et chez les Sindar, les Trois Clans dérivaient à l'origine des trois Pères des Elfes : Imin, Tata, et Enel (sc. Un, Deux, Trois), et de ceux que chacun d'entre eux choisit pour joindre sa suite. Ainsi avaient-ils au départ simplement les noms Minyar 'Premiers', Tatyar 'Deuxièmes', et Nelyar 'Troisièmes'. Ceux-ci se montaient, hors des 144 Elfes des origines qui s'éveillèrent en premier, à 14, 56, et 74; et ces proportions furent approximativement maintenues jusqu'à la Séparation.11
Il est dit que, du petit clan des Minyar, nul ne devint Avari. Les Tatyar étaient divisés en parts égales. Les Nelyar répugnaient le plus à quitter leurs demeures du bord du lac; mais ils étaient très cohésifs, et très conscients de l'unité particulière de leur Clan (comme ils continuèrent à l'être), de telle sorte que, quand il devint clair que leurs chefs Elwe et Olwe étaient résolus à partir et qu'ils auraient une grande suite, beaucoup de ceux parmi eux qui s'étaient d'abord joints aux Avari passèrent aux Eldar, plutôt que d'être séparés de leur parenté. Les Ñoldor soutenaient en effet que la plupart des 'Teleri' étaient Avari de cœur, et que seuls les Eglain regrettaient réellement d'avoir été abandonnés en Beleriand.
Selon les historiens ñoldorins, les proportions, hors des 144, qui, lorsque la Marche commença, devinrent Avari ou Eldar étaient approximativement ainsi :
Minyar 14 : | Avari 0 | Eldar 14 | | Tatyar 56 : | Avari 28 | Eldar 28 | | Nelyar 74 : | Avari 28 | Eldar 46 | > Amanyar Teleri 20; Sindar et Nandor 26 |
Au final les Ñoldor étaient le plus grand clan d'Elfes en Aman; alors que les Elfes qui restaient en Terre du Milieu (les Moriquendi, dans le quenya d'Aman) dépassaient en nombre les Amanyar, dans la proportion de 82 à 62.12
Jusqu’à quel point les noms de clans descriptifs, *wanjā, *ñgolodō, et *lindā furent préservés parmi les Avari n'est pas connu; mais l'existence des anciens clans était remémorée, et une parenté spéciale entre ceux du même clan originel, qu'ils s'en fussent allés ou restés, était toujours reconnue. Les premiers Avari que les Eldar rencontrèrent à nouveau en Beleriand semblent avoir revendiqué être Tatyar, qui reconnaissaient leur parenté avec les Exilés, bien qu'il n'y ait pas de trace de leur emploi du nom Ñoldo sous quelque forme avarine reconnaissable. Il étaient en fait inamicaux envers les Ñoldor, et jaloux de leurs parents de plus haut rang, qu'ils accusaient d'arrogance.
Ce malaise provenait en partie de la violence du Débat avant que la Marche des Eldar ne commençât, et fut sans aucun doute ultérieurement augmenté par les machinations de Morgoth; mais il met également quelque peu en lumière le tempérament des Ñoldor en général, et de Fëanor en particulier. En effet, les Teleri, de leur côté, affirmaient que la plupart des Ñoldor en Aman même étaient des Avari de cœur, et qu'ils retournèrent en Terre du Milieu lorsqu'ils découvrirent leur erreur; ils avaient besoin d'espace pour se quereller. Car, en contraste, les éléments lindarins des Avari occidentaux étaient amicaux envers les Eldar, et pleins de bonne volonté pour apprendre d'eux; et si étroit était le sentiment de parenté entre les restants des Sindar, des Nandor, et des Avari lindarins, que, plus tard, en Eriador et dans le Val d'Anduin, ils se mêlèrent souvent ensemble.
Ceux-ci étaient, comme il a été vu, de loin le plus large des anciens clans. Il est déjà fait référence au nom, apparaissant ultérieurement sous forme quenya comme Lindar (telerin Lindai), dans la légende de 'L'Éveil des Quendi', qui dit des Nelyar qu''ils chantèrent avant qu'ils ne pussent parler'. Le nom *Lindā est par conséquent clairement un dérivé de la racine primitive *LIN (montrant un renforcement du N médial et du -ā adjectival). Cette racine était peut-être une des contributions des Nelyar au quendien primitif, car il reflète leurs prédilections et associations, et produit plus de dérivés dans les langues lindarines que dans les autres. Sa référence primaire était au son mélodieux ou plaisant, mais il se réfère également (spécialement en lindarin) à l'eau, dont les mouvements étaient toujours associés par les Lindar au son vocal (elfe). Les renforcements, soit médial lind-, soit initial glin-, glind-, étaient cependant presque uniquement utilisés à propos de sons musicaux, en particuliers vocaux, produits dans l'intention de plaire. C'est donc à l'amour des Nelyar pour le chant, pour la musique vocale avec ou sans emploi de mots articulés, que le nom Lindar se référait à l'origine; bien qu'ils aimassent aussi l'eau, et qu'avant la Séparation ils ne s'éloignassent jamais du lac et de la chute d'eau14 de Cuiviénen, et que ceux qui s'en allèrent à l'Ouest devinssent amoureux de la Mer. (Note 14, p. 411)
En quenya, c'est-à-dire dans la langue des Vanyar et des Ñoldor, ceux de ce clan qui se joignirent à la Marche étaient appelés les Teleri. Ce nom était appliqué en particulier à ceux qui vinrent, enfin et en dernier lieu, en Aman; mais il fut aussi ultérieurement appliqué aux Sindar. Le nom Lindar ne fut pas oublié, mais en savoir ñoldorin, il était principalement utilisé pour décrire le clan entier, y incluant les Avari. Teleri signifiait 'ceux en fin de ligne, les derniers', et était manifestement un surnom apparu durant la Marche, quand les Teleri, les moins enthousiastes au départ, étaient souvent loin à la traîne. (Note 15, p. 411)
Vanyar
Ce nom fut probablement donné au Premier Clan par les Ñoldor. Ils l'acceptèrent, mais continuèrent à s'appeler la plupart du temps par leur ancien nom numérique Minyar (étant donné que la totalité de ce clan s'était jointe aux Eldar et avait atteint Aman). Le nom se référait à la chevelure des Minyar, qui était, chez presque tous les membres du clan, blonde ou or profond. Ceci était considéré comme une belle caractéristique par les Ñoldor (qui aimaient l'or), bien qu'ils eussent eux-mêmes principalement les cheveux foncés. En raison d'intermariages, la chevelure dorée des Vanyar apparut parfois ultérieurement parmi les Ñoldor : notamment dans le cas de Finarfin, et de ses enfants Finrod et Galadriel, pour lesquels ceci vint de la seconde épouse du Roi Finwe, Indis des Vanyar.
Vanyar vient donc d'un dérivé adjectival *wanjā de la racine *WAN. Son sens premier semble avoir été très similaire à l'emploi en anglais (moderne) de 'fair' [NdTr : 'blond, clair, beau'] en référence à la chevelure et au teint; bien que son développement réel fût en fait l'inverse de l'anglais : il signifiait 'pâle, de couleur claire, ni brun ni sombre', et son implication de beauté était secondaire. En anglais, le sens 'beau' est primaire. De la même racine fut dérivé le nom donné en quenya à la Valie Vána, femme d'Orome.
Étant donné que les Lindar avaient peu de contact avec les Vanyar soit durant la Marche, soit plus tard en Aman, ce nom n'était pas souvent utilisé par eux pour le Premier Clan. Les Amanyar Teleri avaient la forme Vaniai (sans aucun doute empruntée aux Ñoldor), mais le nom paraît avoir été oublié en Beleriand, où le Premier Clan (en savoir et en histoire uniquement) était appelé Miniel, pl. Mínil.
Ñoldor
Ce nom était probablement plus ancien que Vanyar, et a pu être créé avant la Marche. Il fut donné au Deuxième Clan par les autres. Il fut accepté, et utilisé en tant que leur propre nom régulier par tous les membres eldarins du clan jusqu'à leur histoire récente.
Le nom signifiait 'les Sages', c'est-à-dire ceux qui ont de grandes connaissances et une grande compréhension. Les Ñoldor en effet firent preuve des plus grands talents de tous les Elfes, à la fois pour des travaux intellectuels et pour des dons techniques.
Les formes variantes du nom : Q Ñoldo, T Goldo, S Golodh (Ngolodh), indiquent un PQ originel *ñgolodo. Il s'agit d'un dérivé de la racine *NGOL 'connaissance, sagesse, savoir'. Ceci s’observe dans Q ñóle 'longue étude (de tout sujet)', iñgole 'savoir', ingolmo 'savant'. En T góle, engole avaient les mêmes sens qu'en Q, mais étaient utilisés le plus souvent à propos du 'savoir' spécial possédé par les Ñoldor. En S le mot gûl (équivalent du Q ñóle) avait des associations moins élogieuses, étant principalement utilisé à propos de la connaissance secrète, en particulier telle celle possédée par les artisans qui créaient des choses étonnantes; et le mot s'assombrit encore plus par son emploi fréquent dans le composé morgul 'sciences occultes', appliqué aux sciences et connaissances trompeuses ou périlleuses issues de Morgoth. En effet, ceux parmi les Sindar qui étaient inamicaux envers les Ñoldor attribuèrent leur suprématie dans les sciences et le savoir à leur apprentissage de Melkor - Morgoth. C'était un mensonge, venu lui-même en fin de compte de Morgoth; bien qu'il ne fût pas sans fondement (tout comme les mensonges de Morgoth l'étaient rarement). Mais les grands dons des Ñoldor ne venaient pas de l'enseignement de Melkor. Fëanor, le plus grand d'entre eux, n'eut jamais de relation avec Melkor en Aman, et était son plus grand ennemi.
Sindar
Moins communément, la forme Sindel, pl. Sindeldi, se rencontre également en quenya exilique. Il s'agissait du nom donné par les Ñoldor exilés (voir Note 11) à la deuxième en nombre des divisions des Eldar. (Note 16, p. 412) Il était appliqué à tous les Elfes d'origine telerine que les Ñoldor trouvèrent en Beleriand, bien qu'il exclût les Nandor ultérieurement, excepté ceux qui étaient les sujets directs d'Elwe, ou qui s'étaient fondus dans son peuple. Le nom signifiait 'les Gris', ou 'les Elfes gris', et dérivait de *THIN, PQ *thindi 'gris, gris pâle ou argenté', Q þinde, dialecte Ñ sinde.
Sur l'origine de ce nom, voir Note 11. Les Savants supposaient également que référence était faite à la chevelure des Sindar. Elwe lui-même avait en effet une longue et belle chevelure de teinte argentée, mais cela ne semble pas avoir été un trait commun des Sindar, bien qu'il fût occasionnellement observé chez eux, en particulier dans la parentèle plus proche ou plus éloignée d'Elwe (comme dans le cas de Círdan).15 En général, les Sindar paraissent avoir ressemblé de très près aux Exilés, ayant une chevelure foncée, étant forts et grands, mais agiles. En effet, ils pouvaient difficilement être distingués, excepté par leurs yeux; car les yeux de tous les Elfes qui avaient résidé en Aman impressionnaient ceux de la Terre du Milieu par leur brillance perçante. Raison pour laquelle les Sindar les appelaient souvent Lachend, pl. Lechin 'aux yeux de feu'.
Nandor
Ce nom a dû être créé à l'époque, lors des derniers jours de la Marche, où certains groupes des Teleri abandonnèrent la Marche; et il était spécialement appliqué à la large suite de Lenwe, (Note 17, p. 412) qui refusa de traverser les Hithaeglir.16 Le nom était souvent interprété comme 'Ceux qui s'en retournent'; mais en fait, aucun des Nandor ne paraît être retourné, ou avoir rejoint les Avari. Beaucoup restèrent et s'établirent dans les régions qu'ils avaient atteintes, en particulier le long du fleuve Anduin; quelques-uns se détournèrent et | | |