 |
Les Aratars
Forum créé par les Gremlin's
|
| Voir le sujet précédent :: Voir le sujet suivant |
| Auteur |
Message |
Eru
Modérateur des TdM


Sexe: Inscrit le: 27 Jan 2006 Messages: 643 Localisation: Partout, comme il se doit
|
Posté le: 01 Mai 2007 0:48 Sujet du message: [Traduction - HoMe XI] Le Quenta Silmarillion tardif |
|
|
|
Ce qui suit est la traduction intégrale officieuse de la 2ème partie du Quenta Silmarillion tardif (HoMe XI, The War of the Jewels, Partie Deux, pp. 171 et suivantes, Ed. HarperCollins, 2002) par Dior, Eru, Incanus et Nowhere Man, avec l'aide graphique appréciée de Taraudhel. Le texte a été divisé sur la base des chapitres le composant :
N.B. : - Le texte en taille normale est le texte de Tolkien, celui en taille petite est de Christopher Tolkien. Les notes sont de Christopher Tolkien sauf si autrement précisé.
- Les numéros de pages donnés sont ceux donnés par Christopher Tolkien et renvoient aux éditions en sa possession (donc la plupart du temps aux éditions originales anglaises).
- Une différence de choix de traduction explique que l'anglais Orcs est traduit par "Orques" ou "Orcs" selon les les textes traduits.
- Les pages indiquées sans référence à un livre renvoient aux pages de HoMe XI, le volume contenant ce texte.
- Les autres volumes des HoMes sont référencés par de simples chiffres romains, les pages l'étant par des chiffres arabes (ex. : X.226 renvoie à HoMe X, p. 226).
_____________________
LE QUENTA SILMARILLION TARDIF
Dans la Deuxième Partie, je retracerai le développement du Quenta Silmarillion, dans les années qui suivirent l'achèvement du Seigneur des Anneaux, à partir du point atteint dans le Vol. X, p.199 ; mais l'histoire devient à présent (en majeure partie) nettement plus simple : une grande partie du développement peut être exposée en consignant isolément tous les changements importants apportés au QS, et il n'est pas besoin de le diviser en deux "phases", comme ce fut le cas dans le Vol. X. L'ensemble des textes de base est constitué par le QS (aussi loin qu'il alla avant son abandon) ; le précédent tapuscrit dactylographié "LQ 1" datant de 1951, pour lequel voir [HoMe] X, p.141-3 ; et le tapuscrit dactylographié tardif "LQ 2", datant d'autour de 1958, pour lequel voir [HoMe] X, p.141-2, 300.
Dans cette dernière partie de l'histoire, les numéros de chapitres deviennent plutôt déconcertants, mais je pense qu'il serait encore plus déconcertant de ne pas en avoir, et par conséquent je poursuis la numérotation utilisée dans le Vol. X, où le dernier chapitre traité, Du Soleil et de la Lune, et de la Dissimulation de Valinor, s'était vu attribuer le numéro 8.
Dernière édition par Eru le 01 Mai 2007 13:16; édité 6 fois |
|
| Revenir en haut |
|
 |
Eru
Modérateur des TdM


Sexe: Inscrit le: 27 Jan 2006 Messages: 643 Localisation: Partout, comme il se doit
|
Posté le: 01 Mai 2007 0:49 Sujet du message: |
|
|
|
9. DES HOMMES
Ce chapitre portait le numéro 7 dans le manuscrit du QS (pour le texte, voir [HoMe] V, p.245-7, §§81-7). La différence est simplement due au fait que les trois "sous-chapitres" du QS, numérotés, dans le Vol. V, 3(a), 3(b) et 3(c), était appelés, dans le Vol. X, 3, 4 et 5 (voir [HoMe] X, p.299). Peu de changements furent apportés au manuscrit du QS dans la révision ultérieure, et ceux qui furent effectués furent intégrés au LQ 1. Ce tapuscrit ne subit pas de modifications, et son texte n'a de valeur qu'à quelques égards ; le dactylographe du LQ 2 ne l'utilisa pas, mais travailla directement à partir de l'ancien manuscrit.
§81. "Les Valar étaient à présent assis derrière les montagnes et festoyaient" > "Ainsi les Valar étaient à présent assis derrière leurs montagnes, en paix".
§82. L'emplacement de Hildórien, "à l'extrême Est de la Terre du Milieu, qui se trouve à côté de la mer orientale", fut changé en : "dans les parties les plus centrales de la Terre du Milieu, au-delà du Grand Fleuve et de la Mer Intérieure, dans des régions que ni les Eldar ni les Avari ne connaissaient".
De nombreuses phrases furent utilisées pour le site de Hildórien. Dans la tradition des "Annales", il se situait "à l'Est du monde" ([HoMe] IV, p.269, [HoMe] V, p.118, 125), mais ceci fut changé sur le manuscrit des AV 2 en "dans les régions les plus centrales du monde" ([HoMe] V, p.120, note 13). Dans le Quenta, il était "à l'Est de l'Est" ([HoMe] IV, p.99), et dans le QS, comme cité ci-dessus, "à l'extrême Est de la Terre du Milieu" : dans mon commentaire sur le QS ([HoMe] V, p.248), j'avais suggéré que ce dernier n'était pas en contradiction avec le texte corrigé des AV 2 : "Hildórien se trouvait dans l'est le plus lointain de la Terre du Milieu, mais il était dans les régions du milieu du monde ; voir carte IV de l'Ambarkanta, sur laquelle Hildórien est signalé ([HoMe] IV, p.249)."
Dans les textes de la période post-Seigneur des Anneaux, se trouve l'affirmation, dans les Annales Grises (AG), §57, qu'il se situait "dans les régions les plus centrales du monde", comme dans le texte corrigé des AV 2 ; et dans la nouvelle phrase, dans la révision du QS, il y a "dans les parties les plus centrales de la Terre du Milieu, au-delà du Grand Fleuve et de la Mer Intérieure" (avec la disparition de la mention de "la mer occidentale" du texte original). Cette dernière montre sans ambiguïté qu'un changement avait eu lieu, mais il est très difficile de dire en quoi il consistait. Cela ne peut être fait pour s'accorder avec les anciennes cartes de l'Ambarkanta : l'on pourrait en vérité douter que ces cartes aient eu, vers cette époque, beaucoup de crédibilité concernant les régions orientales, et se demander si par "la Mer Intérieure" mon père faisait ou non référence à "la Mer Intérieure de Rhûn" (voir The Treason of Isengard, pp.307, 333) – mais d'un autre côté, dans les Annales d'Aman ([HoMe] X, p.72, 82), appartenant à la même période, le Grand Voyage des Elfes depuis Kuiviénen ("une baie dans la Mer Intérieure de Helkar") est décrit en des termes qui suggèrent que l'ancienne conception était toujours pleinement présente. La Mer de Rhûn peut-elle être assimilée à la Mer de Helkar, considérablement rétrécie ? - Il n'est pas non plus aisé de comprendre comment Hildórien, "dans les parties les plus centrales de la Terre du Milieu", pouvait se trouver "dans des régions que ni les Eldar ni les Avari ne connaissaient".
Dans le LQ 2, la majeure partie du passage révisé est absente, et le texte se lit simplement : "dans le pays de Hildórien, dans les parties les plus centrales de la Terre du Milieu ; car le temps mesuré était arrivé sur la Terre ..." L'importance éventuelle de ceci repose sûrement sur une orientation littéraire prise par mon père. D'un autre côté, la révision fut rédigée en deux parties sur le manuscrit : "dans les parties les plus centrales" dans la marge, et le reste sur une autre partie de la page, où il serait possible de passer à côté ; et je pense que c'est là l'explication la plus vraisemblable.
§83. Le début de la note de bas de page ([HoMe] V, p.245) fut changé de "Les Eldar les appelaient les Hildi" en "Les Atani étaient-ils nommés en Valinor, mais les Eldar les appelaient également les Hildi" ; et "la naissance des Hildi" fut changé en "l'apparition des Hildi". Pour Atani, voir les AG, §57 et commentaire. Comme souvent auparavant, le dactylographe du LQ 1 plaça la note de bas de page dans le corps du texte, où mon père la laissa ; mais elle réapparaît en tant que note de bas de page au LQ 2-3, première indication que le tapuscrit fut inspiré du manuscrit du QS.
Après "ces pères des Hommes" (où le p ne devait pas être mis en majuscule), fut ajouté "les Atanatardi". Ici le LQ 1 a Atanatarni, qui ne fut pas corrigé, alors que le LQ 2 – non pas basé sur le LQ 1, mais sur le manuscrit – a Atanatardi. Mais la forme Atanatarni apparaît dans le texte du Narn donné dans la Note 2 de la Première Partie : là Fingon, avant le commencement de la Bataille des Larmes Innombrables, crie Aiya Eldalië ar Atanatarni (p.166). Dans le §87 des AG, dans un passage différent, la forme est Atanatári (laquelle fut adoptée dans Le Silmarillion) ; cf. également Atanatárion, [HoMe] X, p.373.
§85. La phrase "Dans le seul royaume de Doriath, dont la reine Melian était de race divine, les Ilkorins arrivèrent-ils presque à s'accorder avec les Elfes de Kôr" fut changée en : "dont la reine Melian était de la race des [dieux >] Valar, les [Ekelli >] Sindar arrivèrent-ils presque à s'accorder avec les [Elfes de Túna >] Kalaquendi du Royaume Béni." Pour le terme Ekelli, "les Abandonnés", et son remplacement par Sindar, voir [HoMe] X, p.169-70.
Eruman > Araman (cf. [HoMe] X, p.123, 194).
"la sagesse ancienne de leur race" > "... de leur peuple".
§86. "Ce qu'il advenait de leur esprit après la mort" > "Ce qu'il peut advenir..."
"à côté de la Mer Occidentale" > "à côté de la Mer Extérieure" (voir [HoMe] V, p.248, §86).
§87. "disparut de la terre" > "disparut de la Terre du Milieu".
*
Mon père effectua peu de modifications dans l'une ou l'autre des copies du tapuscrit du LQ 2. Le chapitre, tapé sans numéro, était désormais numéroté "XI". "Gnomes" fut changé en "Noldor" à chaque occurrence, et dans la première phrase du §85, "Elfes Sombres" fut changé en "Sindar". Contre le §82, il écrivit : "Ceci repose sur une ancienne version, dans laquelle le Soleil fut conçu en premier, après la mort des Arbres (décrite dans un chapitre oublié)." J'ai déjà noté ceci dans [HoMe] X, p.299-300, et expliqué pourquoi il donna le numéro "XI" au présent chapitre. Il mit également entre parenthèses, au crayon, trois passages du récit sur la mortalité des Elfes dans le §85 : "Pourtant leur corps était de la substance de la terre ... les consomme de l'intérieur au cours des temps" ; "jours ou années, un millier même" ; "et leurs déserts".
Dernière édition par Eru le 01 Mai 2007 17:39; édité 4 fois |
|
| Revenir en haut |
|
 |
Eru
Modérateur des TdM


Sexe: Inscrit le: 27 Jan 2006 Messages: 643 Localisation: Partout, comme il se doit
|
Posté le: 01 Mai 2007 0:49 Sujet du message: |
|
|
|
10. DU SIEGE D'ANGBAND
Ce chapitre portait le numéro 8 dans le manuscrit du QS, et le texte est donné dans [HoMe] V, p.248-55, §§88-104. Comme dans le chapitre précédent, toute la révision post-Seigneur des Anneaux fut tirée du manuscrit du QS : autrement dit, aucune révision complémentaire ne fut effectuée sur le tapuscrit LQ 1 ; et ici, de même, le tapuscrit tardif LQ 2 dérivait du manuscrit, non du LQ 1. Dans ce chapitre, d'un autre côté, les révisions effectuées sur le manuscrit ne se trouvent pas absolument toutes dans le LQ 1 ; et dans le compte-rendu qui suit, je mets en avant les cas concernés. Je ne reviens pas sur les changements Eruman > Araman ; Tûn > Túna ; Gnomes > Noldor ; Thorndor > Thorondor ; Bladorion > Ard-galen (voir p.113, §44).
§88. Le passage ouvrant le chapitre dans le QS fut réécrit sur une page accrochée au manuscrit – cette page étant le verso d'une lettre adressée à mon père, datée du 14 novembre 1951 ; mais elle ne fut pas intégrée au LQ 1. L'adjonction de ce complément conduisit le dactylographe du LQ 2 à ignorer le fait qu'un nouveau chapitre commençait à cet endroit, et à taper Du Siège d'Angband avec Des Hommes, comme un seul tenant ; par la suite, mon père inséra un nouvel intitulé Du Siège d'Angband avec le numéro "XII" (pour lequel voir p.175). La nouvelle ouverture se lit :
Comme il fut raconté précédemment, Fëanor et ses fils furent les premiers des Exilés à arriver en Terre du Milieu, et ils touchèrent terre dans la désolation de Lammoth, sur les rivages extérieurs du Golfe de Drengist. Or cette région était ainsi nommée car elle se trouvait entre la Mer et les murs des montagnes de l'écho de l'Eryd Lómin. Et tout comme les Noldor posaient le pied sur la grève, leurs cris montèrent dans les collines et se multiplièrent, de telle sorte qu'une grande clameur, comme de voix puissantes et sans nombre, envahit toutes les côtes du Nord ; et il est dit que le bruit provoqué par l'incendie des navires à Losgar passa, porté par les vents de la Mer, comme le tumulte d'une grande colère, et au loin, tous ceux qui entendirent ce son en furent emplis d'émerveillement.
Sous les froides étoiles, avant le lever de la Lune, Fëanor et son peuple marchèrent vers l'est, et ils passèrent l'Eryd Lómin, et entrèrent dans le grand pays de Hithlum et, traversant la contrée de Dor-lómin, ils arrivèrent enfin au long lac de Mithrim, et sur son rivage nord ils établirent leur premier campement, dans cette région qui portait le même nom.
Là, une troupe d'Orcs, mise en éveil par le tumulte de Lammoth, et par la lueur de l'incendie à Losgar, tomba sur eux ; et, à côté des eaux du Mithrim, fut livrée la première bataille en Terre du Milieu...
Il s'agit de l'histoire de Lammoth, racontée (à peu près à la même époque) dans le Conte de Tuor postérieur (Contes et Légendes Inachevés, p.23) :
Tuor était à présent parvenu aux Montagnes de l'Echo de Lammoth, vers le Golfe de Drengist. C'est là qu'avait accosté Fëanor, il y a bien longtemps de cela, et les voix de ses légions s'enflaient toujours en une puissante clameur sur les rivages septentrionaux, avant le lever de la Lune.
Pour l'histoire, beaucoup plus tardive et apparemment distincte, selon laquelle Lammoth était ainsi nommé parce que les échos du cri de Morgoth étaient réveillés par "quiconque crierait fort dans ce pays", voir [HoMe] X, p.296, §17 et commentaire, et les Contes et Légendes Inachevés, p.52. Les deux "traditions" furent intégrées au Silmarillion publié, pp.80-1, 106.
A la fin de ce paragraphe, mon père griffonna sur le manuscrit : "Il [Fëanor] donne la pierre verte à Maidros", mais alors il nota que ceci ne devait pas en fait être inséré ; voir sous le §97 ci-dessous.
§90. "et ils ne voulurent pas partir, quoi qu'il pût faire" > "... quoi qu'il pût faire, étant tenus par leur serment." Cet ajout n'est pas présent dans le LQ l ; alors que le dactylographe du LQ 2, n'étant pas capable de lire le premier mot, mit "Tinrent par leur serment", et ceci fut toléré. Cf. AG, §50.
§91. "le Soleil se leva, flamboyant, dans l'Ouest" > "le Soleil se leva, flamboyant, au-dessus des ombres" (pas dans le LQ 1).
"et du mal naissait le bien, comme cela arrive encore", enlevé.
§93. "les airs vifs de ces matins les plus anciens" > "les airs vifs des premiers matins du monde."
§94. Un sous-titre fut griffonné dans la marge, au début de ce paragraphe : De Fingon et de Maeðros (apparemment tout d'abord écrit Maidros : voir p.115, §61). Ne figurant pas dans le LQ 1, ceci fut intégré au LQ 2.
Dans la deuxième phrase "très renommé" > "très honoré" (pas dans le LQ 1).
Aux mots "car la pensée de son tourment troubla son cœur" fut ajouté (pas dans le LQ 1) : "et longtemps auparavant, dans la félicité de Valinor, avant que Melkor ne fût libéré de ses chaînes, ou que des mensonges ne s'interposassent entre eux, il avait été un ami proche de Maedros." Cf. AG, §61 et commentaire (p.115).
§95. "pour les Gnomes bannis !" > "pour les Noldor dans leur nécessité !"
§97. Une nouvelle page du manuscrit du QS démarre avec le début de ce paragraphe, et en haut de la page mon père griffonna : "La Pierre Verte de Fëanor, donnée par Maidros à Fingon." Ceci peut difficilement être autre chose qu'une référence à l'Elessar qui parvint à la fin à Aragorn ; cf. la note donnée sous le §88 ci-dessus, faisant référence à Fëanor faisant cadeau, à sa mort, de la Pierre Verte à Maidros. Il est clair, je pense, qu'à cette époque mon père réfléchissait à l'histoire passée de l'Elessar, qui apparaissait dans Le Seigneur des Anneaux ; pour ses idées plus tardives sur son origine, voir Contes et Légendes Inachevés, pp.248-52.
§98. "(Par conséquent la maison de Fëanor fut appelée celle des Dépossédés,) à cause de la malédiction des Dieux, qui donna le royaume de Tûn [plus tard > Túna] à Fingolfin, et à cause de la perte des Silmarils" fut changé (mais le changement n'est pas présent dans le LQ 1) en : "... (comme Mandos l'avait prédit) parce que d'elle, la plus ancienne, la suzeraineté passa à la maison de Fingolfin, à la fois en Elendë et au Beleriand, et également à cause de la perte des Silmarils."
Pour les mots "comme Mandos l'avait prédit", cf. AAm, §153 ([HoMe] X, p.117) ; et pour le contenu du paragraphe, voir p.115, commentaire sur les §§65-71 des AG.
§99. A la fin du paragraphe, après "il (Thingol) ne croyait pas que la retenue de Morgoth durerait éternellement", fut ajouté : "pas plus qu'il oublierait jamais totalement les actes d'Alqualondë, en raison de son amitié ancienne avec [Elwë >] Olwë, seigneur des Teleri." Sur le changement d'Elwë en Olwë, voir [HoMe] X, p.169-70.
§100. "dans une contrée inexplorée" > "dans des terres jamais foulées".
§101. Ce passage, sur la découverte de Nargothrond et de Gondolin, fut développé en trois étapes. La première modification au QS se fit par la substitution de la phrase "Mais Turgon se rendit seul en des lieux dissimulés" par :
Pourtant sa sœur Galadriel ne se rendit jamais à Nargothrond, car elle resta longtemps en Doriath et reçut l'amour de Melian, et résida avec elle et acquit là-bas un grand savoir et une grande sagesse. Mais le cœur de Turgon se rappelait plutôt la blanche cité de Tirion sur sa colline, et sa tour et son arbre, et il voyagea seul vers des lieux dissimulés...
Par la suite, l'ensemble du §101 du QS fut barré et remplacé, sur une feuille à part, par l'ajout suivant. Cela fut intégré au premier tapuscrit LQ 1, mais dans une forme quelque peu différente de celle du complément au manuscrit, qui fut repris dans le LQ 2 et qui est donné ici.
Et il advint qu'Inglor et Galaðriel étaient en même temps les invités de Thingol et de Melian ; car il y avait de l'amitié entre le Seigneur de Doriath et la Maison de Finrod, qui était de sa parentèle, et seuls les princes de cette maison étaient autorisés à franchir la ceinture de Melian. Alors Inglor fut empli d'émerveillement devant la puissance et la majesté de Menegroth, avec ses salles de trésor et ses armureries, et ses halls de pierre aux nombreux piliers ; et il lui vint au cœur de vouloir bâtir de vastes halls, derrière des portes toujours surveillées, en quelque profond et secret endroit sous les collines. Et il ouvrit son cœur à Thingol, et quand il partit, Thingol lui fournit des guides, et ils le conduisirent vers l'ouest, au-delà du Sirion. Ainsi fut-il qu'Inglor découvrit la profonde gorge de la Rivière Narog, et les grottes situées sur son abrupte rive opposée ; et il excava là un bastion et des armureries dans le style des palais de Menegroth. Et il nomma cet endroit Nargothrond, et établit là sa demeure, avec nombre de ses gens ; et les Gnomes du Nord, tout d'abord par dérision, l'appelèrent de ce fait Felagund, ou "seigneur des grottes", et ce nom porta-t-il par la suite, jusqu'à sa fin. Pourtant sa sœur Galaðriel ne demeura jamais à Nargothrond, mais resta en Doriath et reçut l'amour de Melian, et résida avec elle, et acquit là-bas un grand savoir et une grande sagesse en ce qui concerne la Terre du Milieu.
L'affirmation que "Galaðriel ne demeura jamais à Nargothrond" diffère de ce qui est dit dans le §108 des AG (p.44), qu'au cours de l'année 102, quand Nargothrond fut achevée, "Galadriel arriva de Doriath et y résida un temps". – Jusqu'à cet endroit, les deux formes du complément diffèrent seulement sur quelques détails lexicaux, mais ici ils divergent. La seconde forme, dans le LQ 2, se poursuit :
Or Turgon se rappelait plutôt la Cité située sur une Colline, la belle Tirion, avec sa Tour et son Arbre, et il ne trouva pas ce qu'il cherchait, et retourna à Nivrost, et s'assit en paix près du rivage de Vinyamar. Là, après trois ans, Ulmo lui apparut en personne, et lui demanda de partir de nouveau seul au Val du Sirion ; et Turgon partit, et, guidé par Ulmo, il découvrit la vallée cachée de Tumladen dans les montagnes encerclantes, au milieu desquelles se trouvait une colline de pierre. Il n'en parla à personne pendant un temps, mais retourna à Nivrost, et commença là, dans ses conseils secrets, à concevoir le plan d'une belle cité [enlevé : en souvenir de Tirion sur Túna, après laquelle son cœur en exil languissait toujours et, bien qu'en pensée il prît beaucoup de choses en compte, il]
Pour ce passage de conclusion, le LQ 1 revient à la première réécriture, donnée au début de ce propos sur le §101 du QS, "Mais le cœur de Turgon se rappelait plutôt la blanche cité de Tirion sur sa colline..." L'explication des différences entre les deux versions doit être qu'une première forme du complément (qui n'a pas survécu) fut intégrée dans le LQ 1, et que par la suite une seconde version fut insérée, à sa place, dans le manuscrit du QS, et ainsi utilisée dans le LQ 2.
Ce texte de substitution pour le §101 du QS est étroitement apparenté aux §§75-6 des AG (p.35) ; et puisque, sur son verso, se trouve un brouillon rejeté de l'annale de substitution pour l'année 116 dans les AG (§§111-13, pp.44-5), concernant également Gondolin, il est clair que mon père travallait en même temps sur l'histoire des origines de Nargothrond et de Gondolin, à la fois dans le Silmarillion et dans les Annales. Voir plus loin pp.198 et s.
§102. Au début de ce paragraphe, un sous-titre, De Dagor Aglareb, fut griffonné sur le manuscrit, mais il ne fut repris dans aucun des tapuscrits.
"les Montagnes Bleues" > "Eredluin, les montagnes bleues"
"la deuxième grande bataille" > "la troisième grande bataille" : voir p.116, §77.
*
Quelques rares corrections furent apportées à l'une ou à l'autre des copies du LQ 2, ou aux deux en même temps. En plus de ce qui figure dans la liste ci-dessous, Inglor fut changé en Finrod, et Finrod en Finarphin, ou Finarfin, tout du long.
§92. Túna > Tirion
§98. "(la rancune) fut guérie" > "fut apaisée"
§99. "Elfes Sombres de race Telerienne" > "Elfes Sombres, les Sindar de race Telerienne".
§100. Au début de ce paragraphe, mon père inséra un nouveau numéro et un nouveau titre de chapitre : XIII La fondation de Nargothrond et de Gondolin ; et le chapitre suivant, Du Beleriand et de ses Royaumes, se vit attribuer le numéro XIV dans le LQ 2.
Nivrost > Nevrast (ainsi que subséquemment) ; la première apparition de la forme plus tardive du nom (son apparition dans le Conte de Tuor postérieur était une modification éditoriale).
§101. A côté du nom Felagund, mon père rédigea cette note : "Il s'agissait en fait d'un nom nain ; car Nargothrond fut tout d'abord bâtie par des Nains, comme il est plus tard rapporté." Un des textes importants formant part des papiers du Narn est une "esquisse d'histoire" qui commence avec Túrin s'enfuyant de Doriath, et évolue vers de la narration pure, dans un long récit des relations de Túrin avec Finduilas et Gwindor, à Nargothrond (qui, après un certain développement éditorial, fut donné dans les Contes et Légendes Inachevés, pp.155-9). Dans ce texte, il est dit ce qui suit au sujet de Mîm le Petit Nain :
Mîm développe curieusement une certaine sympathie pour Túrin, renforcée quand il apprend que Túrin avait eu des problèmes avec les Elfes, qu'il déteste. Il dit que les Elfes ont causé l'extinction de sa race, et pris tous leurs palais, notamment Nargothrond (Nulukhizidûn).
Au-dessus de ce nom nain, mon père écrivit Nulukkhizdīn (ce nom fut utilisé, mal orthographié, dans Le Silmarillion, p.230).
§104. Glómund > Glaurung. En haut de la page, dans le QS, mon père écrivit "Glaurung pour Glómund", mais le tapuscrit du LQ, tel que tapé, a Glómund – alors que Glaurung apparaît déjà dans les Annales Grises, telles qu'elles furent rédigées.
Dernière édition par Eru le 17 Mai 2007 8:11; édité 3 fois |
|
| Revenir en haut |
|
 |
Nowhere Man
Membre

Sexe: Inscrit le: 31 Aoû 2005 Messages: 128
|
Posté le: 01 Mai 2007 1:06 Sujet du message: |
|
|
|
11. DU BELERIAND ET DE SES ROYAUMES
Dans le volume V (p. 407), j'écrivais ce qui suit à propos de la deuxième carte du Silmarillion : La deuxième carte de la Terre du Milieu à l'ouest des Montagnes Bleues dans les Jours Anciens fut aussi la dernière. Mon père n'en fit jamais d'autre ; et au fil des années, celle-ci fut couvertes par toutes les modifications et tous les ajouts de noms et d'éléments, bon nombre d'entre eux crayonnés si hâtivement ou faiblement qu'ils en deviennent plus ou moins obscurs. [...]
La carte originale est cependant facilement visible grâce au trait fin et précautionneux (tous les changements ultérieurs furent effectués sans soin) ; et je donne ici, sur quatre pages, une reproduction de la carte telle qu'elle fut dessinée et légendée à l'origine. [...]
La carte est sur quatre feuilles, à l'origine assemblées mais aujourd'hui séparées, sur lesquelles les cases de la carte ne correspondent pas exactement avec les feuilles. Mes reproductions suivent plutôt les cases que les feuilles originales. J'ai numéroté les cases horizontalement de 1 à 15, et verticalement de A à M, de sorte que chaque case possède une combinaison lettre-nombre distincte, afin d'y faire référence par la suite. J'espère pouvoir rendre compte plus tard de tous les changements apportés par la suite à la carte, en utilisant ces copies comme base. C'est ce que je ferai maintenant, avant de me pencher sur les changements apportés au chapitre Du Beleriand et de ses Royaumes. Les pages suivantes reproduisent les mêmes quatre copies qui furent données en V.408-11, mais toutes les modifications et tous les ajouts subséquents sont introduits (les cases où je suis incapable d'interpréter les faibles crayonnés sont tout simplement ignorées). Les corrections de noms (comme Nan Tathrin > Nan Tathren, Nan Dungorthin > Nan Dungortheb, Rathlorion > Rathloriel) sont replacées et non indiquées comme corrections. Il faut se souvenir que, comme je l'ai déjà dit, tous les changements ultérieurs furent faits sans soin (certains d'entre eux ne sont que de simples indications griffonnées), et aussi qu'ils furent faits à des époques très différentes, au crayon, au crayon de couleur, à l'encre bleue, noire ou rouge, et au stylo à bille rouge, vert et bleu, si bien que ces copies sont loin de ressembler à la véritable carte. J'ai cependant conservé le placement des nouvelles légendes aussi fidèlement que possible presque systématiquement.
Suit une liste, case par case, des éléments et des noms lorsque des explications ou des références semblent désirables ; mais il ne s'agit en aucun cas d'un inventaire exhaustif de toutes les modifications et tous les ajouts, dont la majeure partie ne nécessite aucun commentaire.
1 Section nord-ouest (p. 182)
(1) A4 – 5. La chaîne de montagnes n'est qu'une simple ligne en zig-zag tracée d'un seul mouvement, comme le sont les montagnes en A7 (qui s'étendent à l'est jusqu'aux pics encerclant le Thangorodrim sur la section 2, A8).
(2) B4 – C4. Le nom Dor-Lómen a été griffonné de façon presque illisible ; il semble impliquer une extension de Dor-Lómen vers le nord.
(3) B7 – C7. Le nom commençant par Fen [marais] se poursuit sur la section n°2, B8, of Rivil [du Rivil], changé en of Serech [du Serech] (voir p. 113, commentaire sur le §44 des AG). Une flèche, non incluse sur cette copie, indique trois points sur le cours du Rivil, qui figurent le marais.
(4) C1. Je ne peux expliquer le nom Ened sur l'île au milieu de l'océan.
(5) C3. Il semble probable que le nom Falasquil fasse référence à la petite baie ronde noircie sur la rive sud de la grande baie menant au Firth de Drengist. Sur la réapparition remarquable de cet ancien nom, voir p. 344.
(6) C4. La coupure, clairement marquée, sur la rivière se jetant dans le Firth de Drengist représente son passage sous terre ; pour le nom Annon Gelyð, cf. Annon-in-Gelydh (la Porte des Noldor) dans le Conte de Tuor tardif, Contes et Légendes Inachevés : le Premier Âge. Le ravin de Cirith Ninniach est décrit dans le même texte. Le cours supérieur de la rivière est crayonnée de façon très légère et incertaine, mais il semble clair qu'elle prend sa source dans les monts de Mithrim.
(7) C6. Pour le pic ombré et nommé Amon Darthir, avec Morwen à côté, voir les Contes et Légendes Inachevés : le Premier Âge, où il est dit que la rivière Nen Lalaith « jaillissait à l'ombre de l'Amon Darthir », et qu'elle « sourcillait des collines et baignait les murs de la maison de [Húrin]. »
(8) C6 – D7. Pour la rivière Lithir, voir p. 261.
(9) C7. Pour la rivière (Rivil) qui se jette dans le Sirion, voir la section 2, C8.
(10) D2 – 4. Nevrast et les Marshes of Nevrast [marécages du Nevrast] furent tout d'abord écrits Nivrost (voir p. 179, §100). Sur le lac Linaewen et les marécages, voir p. 192 et les Contes et Légendes Inachevés : le Premier Âge.
(11) D6. Pour la rivière Glithui, voir Contes et Légendes Inachevés : le Premier Âge. Dans le premier de ces passages (le Conte de Tuor tardif), le nom est Glithui, comme sur la carte, mais dans le second (le Narn), le nom est écrit tout aussi clairement Gilthui. Pour le Malduin, voir Contes et Légendes Inachevés : le Premier Âge, et Le Silmarillion.
(12) D7. La ligne de points partant vers l'est à partir du Brithiach fut rayée, comme indiqué ; voir la section 2, §38. Pour le gué de Brithiach, voir p. 228, §28.
(13) D7. Dim est la première partie du nom Dimbard ; voir section 2, D8.
(14) E4 – F4. Anciently Eglador [autrefois Eglador] : Eglador était le nom original de Doriath, « pays des Elfes » (voir les Étymologies, V.356, base ELED), et il est indiqué ainsi sur la carte (section 2, F9). Pour son sens ultérieur, « pays des Eglain, le Peuple Abandonné, les Sindar », voir p. 189, §57 ; et ici Eglador est employé en référence à un territoire beaucoup plus large : la partie occidentale du Beleriand (voir pp. 379-80). Il faut peut-être associer cela à cette phrase du Récit des Ans (pp. 343-4) : « L'avant-garde des Eldar atteint les régions côtières de la Terre du Milieu et ce pays qui fut nommé par après Eglador. », laquelle est cependant suivie par la phrase énigmatique « Duquel Beleriand était la majeure partie. »
(15) E4 – D5. Woods of Núath [bois de Núath] : voir le Conte de Tuor tardif dans les Contes et Légendes Inachevés : le Premier Âge.
(16) E5. Le nom Tumhalad semble avoir été écrit à deux reprises, au-dessus et au-dessous des deux petites lignes parallèles. Voir pp. 139-40, commentaire sur le §275 des AG.
(17) E5 – 6. Talath Dirnen fut tout d'abord écrit Dalath Dirnen ; voir p. 228, §28.
(18) E6 – F6. Au sud des gués du Taiglin, il est difficile d'être sûr, entre les différentes lignes pointillées incomplètes, du trajet que suivait la route vers Nargothrond, mais mon père semble l'avoir indiquée par la suite comme une ligne droite de petits tirets, comme indiqué ici.
(19) E6 – 7. À partir d'Ephel Brandir, de nombreuses lignes partent vers l'ouest et les gués du Taiglin. Je ne peux les interpréter avec certitude et ne les ai pas indiquées sur la carte. Il est possible qu'une des lignes marque la route vers les gués et une autre, le cours du Celebros. – Tavrobel sur la carte originale fut rayé et remplacé par Bar Haleth, lui aussi rayé, mais aucun site précis n'est indiqué. Pour Bar Haleth, voir p. 157, commentaire sur le §324 des AG.
(20) E7. Folk of Haleth [Peuple de Haleth] fut clairement écrit à la création de la carte, et aurait dû être inclus dans la copie (V.408).
(21) F2. Le nom Forfalas (« Falas du Nord ») n'apparaît semble-t-il nulle part ailleurs, tout comme Harfalas (« Falas du Sud »), section 3, H4.
(22) F4. Le nom original R Eglor fut rayé et remplacé par Eglahir. Plus tard, le nom Nenning fut écrit, mais Eglahir ne fut pas rayé. Voir p. 117, commentaire sur le §85 des AG.
(23) F5. Pour la ligné pointillée dans cette case, voir §59 plus bas.
(24) F6. Le mot "or" [ou] fait référence au nom Methiriad, section 3, G6.
(25) F6. Pour le changement de date de 195 en 495, voir V.139, 407.
(26) F6 – 7. Moors of the Neweglu [Landes des Neweglu] : dans les papiers du Narn se trouvent de nombreux textes concernant l'histoire de Mîm, et on y trouve un ensemble impressionnant de noms pour les Petits-Nains : Neweg, Neweglîn ; Niwennog ; Naug-neben, Neben-naug ; Nebinnog, Nibennog, Nibinnogrim, Nibin-noeg; Nognith. Le nom sur la carte, Neweglu, n'apparaît pas dans les papiers du Narn.
(27) F7. Carabel, nom d'une colline isolée, se trouve là où Amon Rûdh (la demeure de Mîm) est placée sur ma carte accompagnant Le Silmarillion. Le nom de la colline fut changé de nombreuses fois : Amon Garabel > Carabel ; Amon Carab (traduit « Colline du Chapeau ») ; Amon Narðol et Nardol (cf. la colline de feu d'alarme Nardol en Anórien) ; Amon Rhûg « la Colline Chauve » ; et Amon Rûdh, de même sens.
(28) F7. Pour Nivrim, voir QS §110 (V.261).
2 Section nord-est (p. 183)
(29) B8. (Fen) of Serech [(Marais) de Serech] : voir section 1, §3.
(30) B12 – A13. "read (71) Dor-na-Daerachas" [« lire (71) Dor-na-Daerachas »] : le nombre 71 fait certainement référence à l'année 1971, encore que d'une façon assez étrange ; l'ajout est très tardif, étant donné qu'il n'apparaît pas sur la photocopie de la carte qu'employait mon père v. 1970 (voir p. 330 et note 1, ainsi que p. 191, après §74).
(31) B12 – 13. Lothland : voir p. 128, commentaire sur les §173-4 des AG.
(32) C9. La montagne nommée Foen : dans un fragment philologique de date incertaine, on peut lire que Dorthonion « était aussi appelé Taur-na-Foen, la Forêt du Foen, car tel était le nom (qui signifie « Longue Vue » de la haute montagne au cœur de cette région. »
(33) C9 – 10. Drûn : cf. la version tardive du Lai de Leithian, III.344, vers 520 : « piège en Ladros, Drûn en feu » (voir le commentaire, III.350).
(34) C10 – 11. Pour les mentions de Ladros, voir p. 224 et §33 ci-dessus, ainsi que les Contes et Légendes Inachevés : le Premier Âge, où Túrin est nommé « héritier de Dor-lómin et de Ladros ».
(35) C11. Dans la partie gauche de cette case, mon père écrivit Orodreth, pour le rayer plus tard. Ce placement du territoire d'Orodreth remonte à l'ancienne histoire, selon laquelle des fils de Finrod (Finarfin) en Dorthonion, « le plus à l'est demeurait Orodreth, le plus près de ses amis les fils de Fëanor » (AB 1, IV.330).
(36) C12. Maeðros est une correction de Maiðros, comme dans D12 ; dans Marches of Maidros [Marches de Maidros], le nom fut corrigé en Maedros.
(37) D8. bard est la deuxième moitié de Dimbard (voir la section 1, D7). Le nom est clairement écrit ainsi, avec un -d final, mais ailleurs la forme est toujours Dimbar.
(38) D8 – 9, E9 – 10. La ligne de points marquée List Melian fut rayée à l'est du Brithiach, comme montré (voir section 1, D7), et son extension discontinue entre l'Esgaluin et l'Aros fut ajoutée plus tard et moins soigneusement. Sur la signification de ces lignes pointillées, voir p. 333, et sur le nom List Melian (l'Anneau de Melian), voir pp. 223, 228.
(39) D9. Eryd Orgorath semble être écrit ainsi, et au-dessus apparemment Gorgorath, mais les noms sont très difficiles à déchiffrer.
(40) D9. Goroth[ ]ess : la lettre illisible dans ce nom qui n'apparaît nulle part ailleurs (et qui fut rayé sur la carte) est peut-être r.
(41) D9. Pour le pont sur l'Esgalduin marqué sur la carte publiée (et nommé Iant Iaur) et placé dans une position équivalente au coin sud-est de la case D9, voir pp. 332-3.
(42) D10. Pour Dor Dínen, voir pp. 194, 333.
(43) D10. Le Ford [Gué] sur l'Aros est clairement un ajout très tardif à la carte ; voir p. 338, note 6.
(44) D11. Pass of Aglon(d [Passe d'Aglon(d] : sur les formes Aglon et Aglond, voir p. 338, note 3.
(45) D14. Mt. Rerir : dans QS §114 (V.263), il est dit que le Grand Gelion venait du mont Rerir (première occurrence du nom) ; autour se trouvaient « de nombreux sommets moindres » (§118), et sur ses pentes orientales fut bâtie une forteresse noldorine (§142). La carte fut réalisée avant l'émergence du mont Rerir, et mon père se contenta d'écrire le nom près du sommet, pas particulièrement voyant, à la fin de la ligne marquant le Grand Gelion.
(46) E8 – D8. Le nom R. Mindeb fut écrit sur la carte lors de sa création, mais fut omis par inadvertance de ma copie (V.409).
(47) E11. Himlad : sur le sens du nom, et sa justification, voir p. 332 et note 4.
(48) E11. Gladuial : je n'ai trouvé ce nom nulle part ailleurs.
(49) E11. Raðrim : la ligne reliant le nom à la zone boisée entre Aros et Celon est faiblement crayonnée sur la carte. Raðrim n'apparaît dans aucun texte narratif, mais on le trouve dans les Étymologies (V.382-3, bases RAD et RĪ) ; « Radhrim Marche de l'est (partie de Doriath) ».
(50) E12 – 13, F13. Les mots "north road of Dwarves" [« route nord des Nains »] sont très faibles et indistincts, mais il semble n'y avoir aucune autre interprétation possible. Sur la question très complexe des routes naines du Beleriand oriental, voir pp. 334-6.
(51) E12. Un mot faiblement crayonné en haut de cette case pourrait être interprété comme "Marshes" [Marécages].
(52) F9. Eglador crayonné sous Doriath : voir §14 ci-dessus.
(53) F10. Arthórien : voir pp. 112-13, commentaire sur le §38 des GA, et l'entrée suivante.
(54) F10. Garthúrian (qu'on pourrait aussi lire Garthúrien) : dans le texte cité au §32 ci-dessus, il est dit que « les Noldor utilisaient souvent le nom Arthúrien pour Doriath, bien que ce ne soit rien d'autre qu'une altération du sindarin Garthúrian "royaume caché". »
(55) F11. Estoland : la forme est claire, mais partout ailleurs le nom est Estolad.
3 Section sud-ouest (p. 184)
(56) G2. Le Cape Andras [Cap Andras] est mentionné dans Quendi et Eldar, p. 379. Cf. Andrast « Long Cap » tout à l'ouest du Gondor (Index des Contes et Légendes Inachevés).
(57) G3 – H3. Les noms Eglamar (tel qu'appliqué ici) et Emyn Eglain (ou Hills of Eglamar [Collines d'Eglamar]) n'apparaissent dans aucun texte narratifs. Eglamar est l'un des plus anciens noms dans le légendaire de mon père : avec Eldamar, de même sens, « Demeure des Elfes », il désigne le pays des Elfes en Valinor, Egla étant « le nom gnome des Eldar qui vécurent à Kôr » (voir I.251, II.338 ; également les Étymologies, V.356, base ELED). Les anciens noms Eglamar, Eglador, Eglorest (> Eglarest), jamais abandonnés, furent par la suite associés au nom par lequel les Sindar s'appelaient eux-mêmes, Eglath « le Peuple Abandonné » (voir X.85, 164). Dans Quendi et Eldar (p. 365), l'étymologie d'Eglain, Egladhrim est donnée – bien que ce ne soit pas la seule que mon père ait avancée ; et plus loin dans cet essai (pp. 379-80) on explique pourquoi ces noms étaient employés dans les Falas, parmi les gens de Círdan. (Je ne peux expliquer l'application du nom Eglamar à l'Arthórien, petite région au sud-est de Doriath entre l'Aros et le Celon, dans la note citée p. 112, dans le commentaire du §38 des AG.)
(58) G4. Le nom Eglorest sur la carte originale ne fut pas corrigé en Eglarest, la forme ultérieure.
(59) G5 – 6, H5 – 6. L'étendue de Taur-na-Faroth (ou Haut Faroth) est marquée par la ligne pointillée (s'étendant un peu au nord de Nargothrond dans la section 1, F5) comme une région très vaste, dont la forme rappelle un peu une empreinte de pas ; cf. la représentation des Collines des Chasseurs sur la première carte du Silmarillion (Vol.IV, entre les pages 220 et 221). Les points marquant la partie la plus australe furent effacés, et des lignes grossières (non représentées sur cette copie) traversant la case G5 du centre-gauche à en bas à droite suggèrent une réduction de l'étendue des hautes terres. Voir §65, plus bas.
(60) G5. Le nom Ingwil ne fut pas corrigé en Ringwil, la forme ultérieure (voir p. 197, §112).
(61) G6. Je n'ai pas trouvé le nom Methiriad du « Beleriand central » ailleurs.
(62) H2. Barad Nimras remplace Tower of Tindabel [Tour de Tindabel], sautant la forme intermédiaire Ingildon : voir p. 197, §120.
(63) H3. La côte au sud-ouest d'Eglarest fut étendue en un petit cap nommé Ras Mewrim, un nom qui n'apparaît nulle part ailleurs ; dans Quendi et Eldar (pp. 379-80), il a pour nom Bar-in-Mŷl « Demeure des Mouettes ».
(64) H4. Harfalas : voir §21 ci-dessus.
(65) J5 – 7, K5 – 6. J'ai mentionné ci-dessus (§59) que la partie sud de la ligne pointillée marquant l'étendue du Taur-na-Faroth fut plus tard effacée ; mais la haute région d'Arvernien (clairement ajouté à la carte après la ligne pointillée) est montrée s'étendant par un col étroit pour rejoindre l'extrémité sud du Taur-na-Faroth tel qu'indiqué à l'origine : autrement dit, il existe une grande chaîne de collines s'étendant de près de la côte australe jusqu'à un peu au nord de Nargothrond, à travers ce « col ».
(66) K5 – 6. Le nom Earendil en K6, quoique séparé, est probablement associé à Ship-havens [Havres de navires] en K5. Cf. le début de la chanson de Bilbo à Fondcombe :
Eärendil était un marin
qui demeurait en Arvernien ;
il construisit un bateau d'arbres abattus
à Nimbrethil pour naviguer...
4 Section sud-est (p. 185)
(67) G8 – 9, H8 – 11. L'Andram n'est marqué que comme une ligne faiblement crayonnée de petites courbes, plus vagues et moins claires que sur ma copie.
(68) G11 – 13. Une ligne de tirets vagues s'étend vers l'ouest à partir d'un point situé un peu au-dessus de Sarn Athrad, dans la case G13 : il s'agit peut-être du tracé de la route naine après le passage du Gelion. La ligne dévie légèrement vers le nord-ouest à travers G12 et sort de G11 par le coin supérieur gauche, réapparaissant peut-être dans la section 2, F10, où (si cela est correct) elle atteint l'Aros juste avant que le Celon ne s'y jette. Voir p. 334.
(69) G14. La correction de Rathloriel en Rathlorion est un changement précoce (V.407). Un nom fut hâtivement crayonné en-dessous ; il se lit très probablement Rathmalad (cf. Le Récit des Ans, p. 353, où cette rivière porte le nom Rathmallen).
(70) H11 – 12. Rhamdal : le nom est ainsi épelé dans QS §142 (à côté de Ramdal dans le §113, forme adoptée dans Le Silmarillion) et dans les Étymologies, V.390, base TAL ; cf. ibid. V.382, base RAMBĀ, « noldorin rhamb, rham ».
(71) K10 – 11. Le nom South Beleriand [Beleriand austral], griffonné, fut rayé.
(72) K9 – 11, L9 – 11. Pour le nom Taur-im-Duinath de la grande région boisée entre le Gelion et le Sirion dans le Silmarillion publié et sur la carte, voir p. 193. §108.
(73) L14 – 15. Tol Galen : le cours divisé de l'Adurant (d'où provient son nom d'après les Étymologies, V.349, base AT(AT)) qui entoure l'île de Tol Galen est représenté deux fois. La plus petite des deux divisions fut dessinée à l'encre (il semble que la forme oblongue en elle-même représente l'île, auquel cas la zone comprise entre elle et les deux cours d'eau est peut-être une région de très faible altitude, ou des marécages) ; la plus grande, selon laquelle la branche nord quitte l'autre bien plus à l'est et la rejoint bien plus à l'ouest, fut ajoutée au crayon, de même que le nom. Le nom Tol Galen fut écrit une troisième fois (encore au crayon) dans la partie supérieure de la case M14.
(74) L14 – 15. Les montagnes de ces cases, s'étendant vers le nord dans la case K15, furent crayonnées très rapidement, et celles au nord de Tol Galen furent peut-être effacées.
Sur la ligne M, au bas de la carte, se trouvent ces notes crayonnées (une nouvelle fois avec le nombre 71, voir p. 187, §30) : « Ces noms de rivières nécessitent d'être révisés en des mots étymologisables. Celon devrait aller. Gelion devrait être Duin Dhaer. » Au sujet de ces changements, voir pp. 336-7 et note 10.
*
Je me tourne maintenant vers le développement du chapitre Du Beleriand et ses royaumes. La grande majorité des changements apportés au texte de QS (chapitre 9, V.258-66, §105-21) se trouvent dans le premier tapuscrit LQ1, mais d'autres non, et n'apparaissent que dans LQ2 : ces cas sont mentionnés dans le compte-rendu qui suit. Je ne mentionne pas les changements Melko > Melkor, Helkaraksë > Helkaraxë, Bladorion > Ard-galen, Eglorest > Eglarest.
§105 Après les mots « dans les jours anciens » à la fin de la première phrase, la note de bas de page suivante fut ajoutée à QS. Comme d'habitude, la personne qui tapa LQ1 inséra la note dans le corps du texte, mais elle apparaît en bas de page dans LQ2, dont le dactylographe travaillait de nouveau directement à partir du manuscrit.Ces sujets, qui ne sont pas abordés dans le Pennas de Pengolod, je les ai ajoutés et tirés du Dorgannas Iaur (la description des formes des terres d'antan que Torhir Ifant fit et qui est conservée en Eressëa), ceux qui les liront comprendront peut-être plus clairement ce qui est dit par la suite des princes et de leurs guerres : dixit Ælfwine. Sur le Pennas de Pengolod, voir V.201-4.
« Celles-là Melkor avait bâties dans les jours anciens » > « Celles-là Melkor avait bâties en des âges passés »
§106 Hísilóme fut écrit dans la marge du manuscrit en face d'Hithlum dans le texte (ce dernier n'est pas rayé). Cela n'apparaît pas dans QT 1, mais QT 2 a « Hithlum (Hísilóme) » dans le texte.
Eredlómin > l'Eryd Lammad. Cette forme (absente de QT 1) n'a pas apparu auparavant, et je crois qu'elle n'existe nulle par ailleurs : dans le §105 Eredlómin fut laissé inchangé.
« Et Nivrost était une région plaisante irriguée par les vents humides de la mer et protégée du nord, tandis que le reste d'Hithlum était ouvert aux vents froids » fut rayé et remplacé par ce qui suit (et n'apparaît pas dans QT 1) : Et pour certains Nivrost faisait partie du Beleriand plutôt que de Hithlum, car c'était une terre moins âpre, arrosée par les vents humides venus de la mer et protégée au nord et à l'est, tandis qu'Hithlum était ouvert aux froids vents du nord. Mais c'était un pays creux, entouré de montagnes et, du côté de la mer, de falaises plus hautes que la plaine, où ne coulait aucune rivière. En son cœur se trouvait un grand lac aux rives incertaines, étant entouré de larges marais. On l'appelait Linaewen à cause de la multitude d'oiseaux qui vivaient là, ceux qui aiment les hautes herbes et les eaux peu profondes. À l'arrivée des Noldor beaucoup des Elfes Gris (parents de ceux des Falas) vivaient encore en Nivrost, près des côtes, et particulièrement autour du mont Taras au sud-ouest ; car Ulmo et Ossë avaient coutume de s'y rendre au temps jadis. Tout ce peuple choisit Turgon comme seigneur, et ainsi advint-il qu'en Nivrost le mélange des Noldor et des Sindar débuta plus tôt que nulle part ailleurs ; et Turgon vécut longtemps dans ces salles qu'il nomma Vinyamar, sous le mont Taras près de la Mer. Ce fut là qu'Ulmo lui apparut plus tard. Ce passage introduit un certain nombre de nouveaux éléments : la topographie de Nivrost (les hautes falaises sont représentées sur la seconde carte telle qu'elle fut dessinée à l'origine, p. 182), et le lac Linaewen (qui apparaît aussi dans le Conte de Tuor tardif, Contes et Légendes Inachevés : le Premier Âge, avec la même description de Nivrost comme d'une « terre creuse ») ; la venue d'Ulmo et d'Ossë au mont Taras autrefois ; et la conception d'Elfes sindarins vivant en Nivrost près de la côte et notamment autour du mont Taras, et qu'ils prirent Turgon comme seigneur après le retour des Noldor en Terre du Milieu. L'histoire tardive selon laquelle le peuple de Turgon comprenait nombre d'Elfes Gris apparaît dans l'annale réécrite pour l'année 116 dans les AG (voir les §§107, 113 et le commentaire associé).
La note de bas de page dans le manuscrit de QS « nom ilkorin » à la phrase « le grand plateau que les Gnomes nommèrent tout d'abord Dorthonion » fut rayée, et dans le texte « Gnomes » fut corrigé en « Elfes noirs ».
L'étendue du Dorthonion d'ouest en est fut modifiée de « cent lieues » à « soixante lieues ». Au sujet de ce changement, effectué pour adapter la distance à la seconde carte, voir V.272.
§107 La longueur du Sirion de la Passe au Delta fut modifiée de « cent et vingt-et-une lieues » en « cent et trente-et-une lieues ». La première mesure (voir V.272) était la longueur du Sirion en ligne droite du nord de la Passe au Delta, la nouvelle mesure correspond à la distance entre Eithel Sirion et le Delta.
§108 Une note de bas de page fut ajoutée à la première occurrence de Eredlindon : Ce qui signifiait les Montagnes d'Ossiriand, car les Gnomes [QT 2 Noldor] appelaient cette terre Lindon, la région de musique, et ils virent pour la première fois ces montagnes en Ossiriand. Mais leur véritable nom était Eredluin les Montagnes Bleues, ou Luindirien les Tours Bleues. Cette note, qui remonte peut-être à une période peu éloignée de l'écriture de QS, a été donnée et étudiée en V.267, §108. Les cinq derniers mots furent rayés sur le manuscrit et n'apparaissent pas dans QT 1, dont le dactylo a placé la note dans le corps du texte et embrouillé le passage entier, qui est cependant resté inchangé. Les mots « dixit Ælfwine » furent ajoutés au manuscrit à la fin de la note de bas de page, mais n'apparaissent que dans QT 2.
« une forêt impénétrable » > « Taur-im-Duinath, une forêt impénétrable » (de la région entre le Sirion et le Gelion au sud d'Andram ; voir le commentaire sur le §113 ci-dessous). Sur la seconde carte, cette région est nommée Taur i Melegyrn ou Taur na Chardhîn (voir p. 185).
« tant que la terre vécut » > « tant que leur royaume vécut »
§109 L'étendue du Beleriand occidental entre le Sirion et la Mer fut modifiée de « soixante-dix lieues » en « quatre-vingt-dix neuf lieues », une autre modification destinée à harmoniser les distances avec la seconde carte (voir V.272).
Dans « le royaume de Nargothrond, entre Sirion et Narog », « Sirion » fut changé en « Taiglin ».
§110 Tout ce qui suit les mots « d'abord les terres vides » au début du paragraphe de QS jusqu'à « Ensuite au sud s'étendait le royaume de Doriath » fut rayé et remplacé par ce qui suit, écrit sur une feuille volante : d'abord entre Sirion et Mindeb la terre vide de Dimbar sous les pics du Crissaegrim, demeure des aigles, au sud du Gondolin (bien que ce fait fût pour longtemps inconnu) ; ensuite entre le Mindeb et le cours supérieur de l'Esgalduin la terre vide de Nan Dungorthin. Et cette région était habitée par la peur ; car d'un côté le pouvoir de Melian barrait les marches nordiques de Doriath, mais de l'autre côté les précipices abrupts d'Ered Orgoroth [> Orgorath], montagnes de la terreur, descendaient depuis le haut Dorthonion. Là Ungoliantë avait fui devant les fouets des Balrogs, et là vécu un moment, emplissant les ravins hideux de ses ténèbres mortelles, et là encore après son départ sa progéniture infâme rampa et tissa ses toiles maléfiques ; et les minces eaux qui naissaient en Ered Orgoroth [> Orgorath] étaient toutes souillées, et périlleuses à boire, car les cœurs de ceux qui les goûtaient s'emplissaient des ombres de la folie et du désespoir. Tout ce qui vit fuyait cette région, et les Noldor ne traversaient Nan Dungorthin qu'en cas de nécessité absolue, par des chemins proches des frontières de Doriath et loin des collines hantées.
Mais celui qui osait emprunter ce chemin vers l'est atteignait, en traversant l'Esgalduin et l'Aros (et Dor Dínen la terre silencieuse entre les deux), les Marches Nordiques du Beleriand, où les fils de Fëanor demeuraient. Mais au sud s'étendait le royaume de Doriath... Au sujet du nom Crissaegrim (qui apparaît en AG §161, épelé Crisaegrim), voir V.290, §147. Ce passage marque la première apparition de Dor Dínen « la Terre Silencieuse » (ajouté à la carte p. 183, case D10). L'histoire selon laquelle Ungoliantë vécut en Nan Dungorthin après avoir fui les Balrogs apparaît dans les Annales d'Aman (X.109, 123 ; voir aussi X.297, §20).
« là où il [he] tournait vers l'ouest » (en référence à l'Esgalduin) > « là où il [it] tournait vers l'ouest ».
§111 La note en marge du nom Thargelion « ou Radhrost » fut corrigée en « Radhrost dans la langue de Doriath ».
Cette région était appelée par les Elfes de Doriath Umboth Muilin, les Étangs du Crépuscule, car de nombreuses brumes » > « Cette région était appelée par les Noldor Aelinuial et par les Elfes sombres Umboth Muilin, les Étangs du Crépuscule, car ils étaient enveloppés de brume », et la note de bas de page donnant les noms gnomiques Hithliniath et Aelin-uial fut rayée (de même dans QT 1). Une correction ultérieure fit disparaître les mots « et par les Elfes sombres Umboth Muilin » (de même dans QT 2).
§112 Le premier mot « Car » fut changé en « À présent » ; et dans la phrase suivante « Umboth Muilin » fut changé en « Aelin-uial ».
Le passage commençant par « pourtant le lit inférieur du Sirion » fut réécrit pour donner : « pourtant le lit inférieur du Sirion était séparé de son lit supérieur par cette dénivellation, et celui qui regardait depuis le sud verrait comme une chaîne de collines ininterrompue ». Dans la phrase suivante « Le Narog descendait vers le sud à travers de profondes gorges » > « Le Narog traversait ces collines à travers de profondes gorges ». (Le texte publié (V.262) comprend une erreur ; « sur sa rive orientale s'élevait » devrait être « sur sa rive orientale la terre s'élevait ».)
§113 La dernière phrase du paragraphe (et le début du §114) fut réécrite pour donner : Mais jusqu'à cette époque toutes les grandes forêts au sud de l'Andram et entre Sirion et Gelion étaient peu connues. Taur-im-Duinath, la forêt entre les deux fleuves, était le nom de cette région chez les Gnomes [QT 2 Noldor], mais peu s'aventurèrent jamais dans cette région sauvage ; et à l'est de celle-ci se trouvait le beau et vert pays d'Ossiriand... Au sujet de Taur-im-Duinath, voir le commentaire sur le §108 ci-dessus.
§114 Une note de bas de page au texte de QS est apportée au nom Adurant. Comme celle du §108, elle fut peut-être écrite relativement tôt (voir mes remarques dans le commentaire, V.268) : Et à un point situé près du milieu de son cours, le flot de l'Adurant se divisait et se rejoignait, enclosant une belle île ; et on l'appella Tolgalen, l'Île Verte. Là vécurent Beren et Lúthien après leur retour. §115 La première phrase du paragraphe fut réécrite comme suit :
« Là vivaient les Nandor, les Elfes du Clan de Dân, qui au commencement étaient de race telerienne, mais abandonnèrent leur seigneur Thingol durant la marche depuis Cuiviénen... » Sur la première apparition du nom de Nandor, un peuple issu à l'origine du peuple des Noldor, voir X.169, §28.
« Autrefois le seigneur d'Ossiriand était Denethor » : « fils de Dân » ajouté après « Denethor ». Dans la même phrase, « Melko » > « Morgoth ».
On notera que les mots « en ces jours où les premiers Orques furent conçus » ne furent jamais modifiés.
À la fin du paragraphe, mon père ajouta : « Ce pourquoi les Noldor nommaient cette terre Lindon », avec une note de bas de page « [Le Pays de Musique >] La Terre du Chant » (voir ci-dessus, §108) ; et « (Ici s'achève la matière prise dans le Dorgannas) » ; à ce sujet, voir ci-dessus, §105.
§116 La fin de ce paragraphe, après les mots « Mais Turgon le sage, second fils de Fingolfin, tenait Nivrost », fut rayée et remplacée par ce qui suit (et qui n'apparaît pas dans QT 1) : (Mais Turgon le sage [...] tenait Nivrost), et régnait là sur une population importante, à la fois de Noldor et de Sindar, pendant cent et seize années, jusqu'à ce qu'il parte en secret pour un royaume caché, comme il est relaté par la suite. Ce passage va de pair avec le long substitut du §106 donné plus haut, qui de la même façon est absent de QT 1.
§117 « Mais Angrod et Egnor surveillaient Bladorion » > « Ses frères cadets Angrod et Egnor surveillaient les plaines d'Ard-galen »
§120 Tindobel (voir V.270, commentaire sur les §§119-20 de QS) > Ingildon (cf. AG §90 et son commentaire, p. 118).
*
Ce sont là tous les changements (excepté un petit nombre n'ayant aucune signification) apportés au manuscrit de QS. Un certain nombre de modifications supplémentaires furent apportées à la copie principale du tapuscrit tardif QT 2 (la copie carbone ne fut pas touchée).
Le numéro de chapitre « XIV » fut inséré (voir p. 179, §100) ; et en haut de la première page mon père écrivit : « Ceci est un encart géographique et politique qui peut être omis. Il nécessite une carte, dont je n'ai pas le temps de faire une copie. » Ces phrases laissent penser qu'il préparait le tapuscrit QT 2 pour que quelqu'un le voie (cf. ce qu'il écrivit à côté du §82 dans le chapitre « Des Hommes » de QT 2 : « Cela repose sur une ancienne version dans laquelle le Soleil apparut après la mort des Arbres (décrite dans un chapitre omis) », p. 175), auquel cas les mots « qui peut être omis » étaient plus probablement un conseil au lecteur présumé qu'une déclaration d'intention au sujet de l'inclusion du chapitre dans Le Silmarillion.
§105 Ered-engrin > Eryd Engrin
« (Utumno)... à l'extrémité occidentale » > « au centre ». Ce déplacement d'Utumno vers l'est est sous-entendu dans la note rapidement griffonnée sur le texte du chapitre 2, De Valinor et les Deux Arbres, de QT 2, où apparaît le fait qu'Angband fut également bâtie dans les jours anciens, « non loin des côtes nord-ouest de la Mer » (voir X.156, §12, et l'ajout fait à ce paragraphe donné plus bas).
Eredwethion > Erydwethrin (de même par la suite).
Eredlómin > Erydlómin. Dans le §106 de QT 2 le nom des montagnes de l'Écho est Eryd Lammad, d'après le changement apporté au manuscrit de QS là-bas (p. 192), mais pas ici ; et Eryd Lammad put rester.
Le passage « Derrière leurs murs, Melkor à son retour en Terre du Milieu édifia les souterrains sans fin d'Angband, les enfers de fer, où autrefois Utumno s'était tenue. Mais il fit un grand tunnel en dessous d'eux » fut corrigé dans QT 2 de la façon suivante : Derrière leurs murs Melkor avait aussi construit une forteresse (appelée Angband par la suite) pour se défendre contre l'Ouest, si jamais une attaque devait venir de Valinor. Elle était commandée par Sauron. Elle fut prise par les Valar, et Sauron s'enfuit et se dissimula ; mais dans leur hâte de vaincre Melkor en sa grande citadelle d'Utumno, les Valar ne détruisirent pas totalement Angband et ne fouillèrent pas tous ses souterrains ; et Sauron revint là comme nombre d'autres créatures de Melkor, et là ils attendirent avec espoir le retour de leur Maître. Lorsqu'il revint en Terre du Milieu, Melkor s'établit donc dans les souterrains sans fin d'Angband, les enfers de fer ; et il fit un grand tunnel en dessous d'eux ... §106 Nivrost > Nevrast (et dans les paragraphes suivants ; voir p. 179, §100). La note de bas de page à la première occurrence de Nivrost « Qui est le Val de l'Ouest dans la langue de Doriath » fut rayée et remplacée par la suivante : Qui est la « Côte d'Ici » dans la langue sindarine, et fut donné tout d'abord à toutes les terres côtières au sud du Drengist, mais fut plus tard limité aux terres dont les rivages s'étendent entre Drengist et le mont Taras. §108 Une note de bas de page fut ajoutée au nom Taur-im-Duinath (ajout tardif à QS, p. 193) : « Forêt entre les Rivières (sc. Sirion et Gelion) ». Cette interprétation apparaît en fait en un point ultérieur d'une une réécriture du texte de QS : p. 195, §113.
§110 À chacune des deux occurrences de Nan Dungorthin dans le long passage de remplacement de ce paragraphe donné en pages 193-4, la forme ultérieure Nan Dungortheb fut substituée.
§111 Damrod et Díriel > Amrod et Amras, aussi dans le §118 ; cf. X.177.
La note de bas de page révisée apposée au nom Thargelion, « Radhrost dans la langue de Doriath » (p. 194), fut rayée sans être remplacée (voir le commentaire sur le §118 ci-dessous).
Cranthir > Caranthir, et dans le §118 ; cf. X.177, 181.
§112 Taur-na-Faroth > Taur-en-Faroth à chaque occurrence.
Ingwil (le torrent se jetant dans le Narog à Nargothrond) > Ringwil.
Inglor > Finrod (de même dans les paragraphes qui suivent).
§117 Finrod > Finarfin
§118 À la fin du paragraphe Dor Granthir > Dor Caranthir ; le même changement fut effectué dans la note de bas de page, et Radhrost fut remplacé par Talath Rhúnen, tout en conservant la traduction « Val de l'Est ». Voir le commentaire sur le §111 ci-dessus.
§119 « Mais Inglor était roi de Nargothrond et suzerain des Elfes Sombres des havres occidentaux, et avec son aide Brithombar et Eglarest furent rebâties » fut réécrit ainsi : Mais Finrod était roi de Nargothrond et suzerain de tous les Elfes Sombres de Beleriand entre le Sirion et la Mer, excepté aux Falas. C'est là que vivaient encore ceux des Sindar qui aimaient encore les navires et la Mer, et ils avaient de grands havres à Brithombar et Eglarest. Leur souverain était Círdan le Charpentier. Finrod et Círdan étaient amis et alliés, et avec l'aide des Noldor Brithombar et Eglarest furent rebâties... Finrod (Inglor) perd la suzeraineté sur les Elfes des Falas avec l'émergence de Círdan, mais mon père omit de corriger le passage antérieur de QS (§109) qui disait que « les Elfes Sombres des havres ... choisirent Felagund, seigneur de Nargothrond, pour être leur roi. » L'état décrit dans ce §119 entre en accord avec ce qui est dit dans AG §85 (voir aussi le commentaire, p. 117).
§120 Dans la première phrase de ce paragraphe, l'ancien nom Tindobel avait été remplacé par Ingildon (p. 196) ; il fut maintenant remplacé par Nimras (cf. Barad Nimras, qui remplaça Tour de Tindabel sur la seconde carte, p. 190, §62).
Certaines des modifications apportées à QT 2 furent également effectuées sur le tapuscrit bien plus ancien de QT 1 : Ringwil (§112), Talath Rhúnen (§118), Nimras (§120). En outre, Dor Granthir fut corrigé en Dor Cranthir (§118), et le passage concernant la seigneurie des Falas (§119) fut inséré, mais toujours avec le nom Inglor : ces changements ne furent donc pas effectués au même moment que ceux de QT 2, qui donne Dor Caranthir et Finrod.
Dernière édition par Nowhere Man le 05 Mai 2007 18:16; édité 3 fois |
|
| Revenir en haut |
|
 |
Eru
Modérateur des TdM


Sexe: Inscrit le: 27 Jan 2006 Messages: 643 Localisation: Partout, comme il se doit
|
Posté le: 01 Mai 2007 1:07 Sujet du message: |
|
|
|
12. DE TURGON ET DE LA CONSTRUCTION DE GONDOLIN
Ce court chapitre, de trois pages manuscrites, portant ce titre mais sans numéro, fut inséré dans le manuscrit du QS, à la suite de Du Beleriand et de ses Royaumes.
Plus tôt dans le manuscrit (§101, dans le chapitre Du Siège d'Angband), fut inséré un long complément, concernant la fondation de Nargothrond par Inglor, et la découverte de Gondolin par Turgon : voir pp.177-9. Comme je l'expliquai là, ce complément existe dans deux formes partiellement distinctes, la première se trouvant dans la série de tapuscrits du LQ 1, et la deuxième sur une feuille insérée dans le manuscrit du QS (car elle apparaît dans le tapuscrit tardif LQ 2). Il ne fait pas de doute que le nouveau chapitre (qui n'apparaît pas dans la série de tapuscrits du LQ 1) a été écrit à la même époque que la forme révisée de ce complément du §101, et c'est à celle-ci que les mots ouvrant le nouveau chapitre ("Il a été raconté comment, guidé par Ulmo...") font référence. (J'ai aussi noté, p.179, que, sur le verso de ce complément, se trouve un brouillon rejeté du texte de substitution pour l'année 116 dans les Annales Grises, §§111-13 ; pour ceci, voir ci-dessous, à la fin du troisième paragraphe du texte.)
Il n'est pas besoin de donner De Turgon et de la Construction de Gondolin en entier, car, comme il sera rapidement constaté, une bonne part en a déjà été donnée.
De Turgon et de la Construction de Gondolin
Il a été raconté comment, guidé par Ulmo, Turgon de Nivrost découvrit la vallée cachée de Tum-laden, qui se trouve (comme on l'apprit par la suite) à l'est des eaux supérieures du Sirion, dans un cercle de montagnes, hautes et escarpées, et nulle chose vivante ne venait là-bas hormis les aigles de Thorondor. Mais il existait un chemin profond sous les montagnes, creusé dans l'obscurité du monde par des eaux qui en coulaient pour aller rejoindre le flot du Sirion ; et ce chemin, Turgon le trouva, et il arriva ainsi sur la verte plaine au milieu des montagnes, et vit la colline isolée qui se dressait là, de roche dure et lisse, car la vallée se trouvait avoir été un grand lac dans des jours anciens. Alors Turgon sut qu'il avait trouvé le lieu qu'il désirait, et il résolut de bâtir là une belle cité, en souvenir de Tirion sur Túna, après laquelle son cœur en exil languissait toujours. Mais il retourna à Nivrost, et demeura là en paix, bien qu'il ne cessât de réfléchir à comment il pourrait accomplir son dessein,
La conclusion de ce paragraphe avait déjà été utilisée, mais elle fut abandonnée avant d'avoir été achevée, à la fin du complément du §101 du QS, p.179.
Par conséquent, après Dagor Aglareb, l’inquiétude qu’Ulmo avait semée dans son cœur se rappela à lui, et il appela nombre de ses gens les plus robustes et les plus habiles, puis les conduisit secrètement vers la vallée cachée, et là ils entamèrent la construction de la cité que Turgon avait conçue en son cœur ; et ils établirent une surveillance tout autour d'elle, de telle manière que nul ne pût les surprendre dans leur œuvre, qui viendrait de l’extérieur, et le pouvoir d'Ulmo, qui courait sur le Sirion, les protégea.
Dans ce deuxième paragraphe, mon père suivait l'annale révisée pour l'année 64 dans les AG (§89), mais faisait tout sauf simplement la recopier ; "la vallée cachée" se substitua à "Gondolin" des AG, car désormais Turgon était contre le fait de nommer sa cité avant qu'elle ne fût achevée.
A présent, Turgon résidait encore la plupart du temps à Nivrost, mais il advint que la Cité fut finalement achevée, après cinquante et deux années de labeur ; et Turgon lui choisit un nom, et elle fut nommée Gondolin [dans la marge : le Rocher Caché]. Alors Turgon se prépara à quitter Nivrost et à abandonner ses beaux halls situés à côté de la Mer ; et là, de nouveau, Ulmo vint à lui et lui parla.
A partir d'ici, le nouveau chapitre du Silmarillion suit presque mot à mot le texte de substitution de l'annale pour 116 dans les AG (§§111-13) : les paroles d'Ulmo à Turgon, et le départ de Vinyamar à Gondolin. La raison en est simple : comme je l'ai noté dans le commentaire du §113 des AG (p.120), mon père inscrivit, en face de l'annale révisée pour 116 : "Mettre ceci plutôt dans le Silmarillion et y substituer un court récit" (le "court récit" en question est donné ibid.).
Le texte du nouveau chapitre se sépare de celui des Annales Grises à partir des mots "franchit les portes dans les montagnes, puis elles furent closes derrière lui" ; les mots de conclusion du §113 des AG ("Mais Nivrost se trouva vide de monde et demeura ainsi jusqu'à la ruine du Beleriand") ne furent pas repris ici, mais ils furent intégrés subséquemment.
Et pourtant, par la suite, nul n'y pénétra pendant maintes longues années (hormis les seuls Húrin et Handir, envoyés par Ulmo), et l'armée de Turgon ne sortit plus jusqu'à l'Année de la Lamentation [enlevé, probablement au moment de l'écriture : et la ruine des Noldor], plus de trois cent cinquante années plus tard. Mais derrière le cercle des montagnes, le peuple de Turgon crût et prospéra, et il mit en œuvre son habileté dans un incessant labeur, de telle sorte que Gondolin sur Amon Gwareth devint belle et fut digne d'être même comparée à la Tirion des Elfes d'au-delà de la Mer. Hauts et blancs étaient ses murs, et ses escaliers étaient polis, et puissante et élevée était la Tour du Roi. Coulaient là-bas des fontaines brillantes, et dans les jardins de Turgon se dressaient des Arbres à l'image de ceux d'antan, que Turgon avait lui-même ouvrés avec l'art des Elfes ; et l'Arbre qu'il avait fait d'or était nommé Glingal, et l'Arbre dont d'argent il fit les fleurs était nommé Belthil, et la lumière qui jaillissait d'eux emplissait tous les chemins de la cité. Mais plus belle que toutes les merveilles de Gondolin était Idril, la fille de Turgon, elle qui était appelée Celebrindal, le Pied d'argent, pour la blancheur de ses pieds nus, mais ses cheveux étaient tels l'or de Laurelin, avant la venue de Melkor. Ainsi Turgon vécut-il longtemps dans une félicité plus grande qu'aucun de ceux qui se trouvaient à l'est de la Mer ; mais Nivrost était désertée, et demeura vide de ses habitants jusqu'à la ruine du Beleriand ; et ailleurs, les doigts de l'ombre de Morgoth s'allongeaient depuis le Nord.
La phrase ouvrant ce passage de conclusion, avec la référence à l'entrée de Húrin et de Handir de Brethil à Gondolin, montre qu'il correspond à la forme originelle de cette histoire dans les Annales Grises (§§149-50, et voir le commentaire, pp.124-5) ; l'histoire plus tardive, selon laquelle il s'agissait de Húrin et de son frère Huor, apparaît dans le long complément, §§161-6 des AG.
Aussi bref soit-il, il s'agit là du seul récit que mon père écrivit sur la cité de Gondolin elle-même, après celui figurant dans le Q ([HoMe] IV, p.139-40) – toutefois, il y a aussi les notes qui suivent le texte abandonné du Conte de Tuor postérieur (Contes et Légendes Inachevés, p.56, note 31). Que les Arbres de Gondolin fussent des images réalisées par Turgon, cela fut observé dans une note de bas de page relative au Chapitre 2 du QS, De Valinor et des Deux Arbres (voir [HoMe] V, p.210-11 ; [HoMe] X, p.155), et ceci est repris ici – mais avec l'ajout que "la lumière qui jaillissait d'eux emplissait tous les chemins de la cité".
Il n'existe qu'un seul autre texte du nouveau chapitre, le manuscrit LQ 2, où il soit numéroté "XV" (voir p.196). Mon père apporta quelques corrections à celui-ci : Nivrost > Nevrast, comme dans les chapitres précédents ; Eryd Wethion > Eryd Wethrin ; Handir > Huor (voir ci-dessus) ; et Amon Gwareth > Amon Gwared. La note en marge, présentant Gondolin comme "le Rocher Caché", fut placée dans une note de bas de page du LQ 2, laquelle mon père développa-t-il comme suit :
Ou ainsi son nom fut-il par la suite connu et interprété, mais son ancienne forme et son ancienne signification sont douteuses. Il est dit que le nom fut tout d'abord donné en quenya (car cette langue était parlée au sein de la maison de Turgon), et que c'était Ondolindë, le Rocher de la Musique de l'Eau, car il y avait des fontaines sur la colline. Mais le peuple (qui parlait seulement la langue sindarine) altéra ce nom en Gondolin et [l'] interpréta comme signifiant Rocher Caché : Gond dolen dans leur propre langage.
Pour l'interprétation du quenya Ondolindë comme "Rocher de la Musique de l'Eau", cf. la traduction primitive de Gondolin par "Pierre de Chanson" dans l'index des noms du conte de La Chute de Gondolin ([HoMe] II, p.216) ; et pour l'interprétation "Rocher Caché", cf. les Etymologies dans le Vol. V, p.355, racine dul, où Gondolin(n) est dit contenir trois éléments : "cœur de rocher caché".
Dernière édition par Eru le 01 Mai 2007 14:26; édité 1 fois |
|
| Revenir en haut |
|
 |
Eru
Modérateur des TdM


Sexe: Inscrit le: 27 Jan 2006 Messages: 643 Localisation: Partout, comme il se doit
|
Posté le: 01 Mai 2007 1:07 Sujet du message: |
|
|
|
13. CONCERNANT LES NAINS
La raison de ce titre sera vue à la fin du chapitre (pp.213-14). Seuls quelques rares changements furent apportés au Chapitre 10 originel, Des Hommes et des Nains, du manuscrit du QS ([HoMe] V, p.272-6, §§122-31), avant qu'une révision radicale ne l'emporte.
§122. "que les Elfes Sombres nommèrent Naug-rim" > "qu'ils nommèrent les Naug-rim", i.e. cela devint un nom noldorin pour les Nains, qui leur fut donné par le peuple de Cranthir.
§123. La note en marge, "dixit Pengolod", à côté du passage, entre crochets, concernant l'origine et la nature des Nains, fut enlevée (voir [HoMe] V, p.277-8, §123).
§124. "Nogrod, la Mine des Nains" : au-dessus de "Mine des Nains" est griffonné "Cavenain", et dans la marge, de nouveau "Nogrod Cavenain se situait loin dans l'Est, dans les Monts Brumeux ; et Belegost se trouvait dans l'Eredlindon, au sud du Beleriand." En haut de la page, avec une consigne d'insertion dans le texte, après "Belegost, la Grande Forteresse", fut rédigé très hâtivement ce qui suit :
La plus grande de celles-ci était Khazaddûm, qui fut par la suite, durant les jours de son obscurité, appelée Moria, et elle se situait loin dans l'est, dans les Monts Brumeux ; mais Gabilgathol se trouvait sur [le] versant est d'Eredlindon, et hors d'atteinte des Elfes.
Dans le texte du QS, tel qu'il fut écrit, Nogrod (qui remonte à l'ancien Conte du Nauglafring) est une traduction de Khazaddûm, et la signification en est "Mine des Nains" ; il est spécifiquement établi (QS, §122) que Nogrod et Belegost (Gabilgathol) se situaient "dans les montagnes à l'est de Thargelion", et qu'elles furent ainsi situées par des ajouts à la deuxième carte. Dans Le Seigneur des Anneaux, Khazad-dûm est la Moria, et Nogrod et Belegost sont "d'anciennes cités dans les Montagnes Bleues" (Appendice A, III). Les notes en marge du QS, qui viennent d'être données, représentent une idée qui ne fut pas retenue, selon laquelle Belegost se situait toujours dans l'Eredlindon, mais Nogrod / Khazad-dûm était déplacée vers les Monts Brumeux, et Nogrod devenait l'ancien nom elfique de la Moria.
L'affirmation, dans la première de ces notes, que "Belegost se trouvait dans l'Eredlindon, au sud du Beleriand" est surprenante : elle semble constituer un retour à l'ancienne conception de l'emplacement des cités des Nains : voir l'Extension Est de la première carte du Silmarillion, [HoMe] IV, p.231, où la route des Nains, après avoir traversé les Montagnes Bleues sous le Mont Dolmed, tourne au sud et sort de la carte dans le coin sud-est, avec l'indication "Au Sud, dans les contreforts orientaux des Montagnes Bleues, se trouvent Belegost et Nogrod."
§126. A côté des mots de la première phrase du paragraphe "quand quelques quatre cents ans se furent écoulés depuis l'arrivée des Gnomes au Beleriand", mon père nota : "Ceci doit être déplacé sous 300", changé en "310". Voir p.226, §l.
§127. "Ils furent les premiers des Hommes qui, s'aventurant à l'ouest" > "Ils furent les premiers des Hommes qui, après maintes vies de tribulations vers l'ouest"
Gumlin > Galion (voir p.123, §127).
§128. La note de bas de page fut modifiée pour se lire :
Il est consigné que ce nom était Vidri dans l'ancien parler de ces Hommes, qui n'est pas oublié ; car par la suite, au Beleriand, ils abandonnèrent leur propre parler en faveur de la langue des Gnomes. Dixit Pengolod.
Dans la phrase suivant l'emplacement de la note de bas de page, "que nous appelons les Gnomes" fut changé en "(qu'ici nous appelons les Gnomes)".
§129. "la seigneurerie de Gumlin s'exerçait en Hithlum" > "la seigneurerie de Galion s'exerçait en Dorlómen"
Tout au long du texte, la forme Dwarfs (voir [HoMe] V, p.277, §122) fut changée en Dwarves. [NdT : je laisse tels quels ces mots dans leur version anglaise, car il est impossible de rendre la différence en français. En anglais, le pluriel officiel de dwarf (nain) est dwarfs ; ce pluriel a donc été modifié en dwarves par J.R.R. Tolkien (les deux formes sont cependant utilisées) ; pour plus de détails, cf. l'Appendice F du Seigneur des Anneaux]
*
L'étape suivante fut le retrait, dans le Chapitre 10, du texte entier allant du début jusqu'à "Hador aux Cheveux d'Or" à la fin du §125, et la substitution d'une nouvelle forme beaucoup plus développée, écrite avec soin et insérée dans le manuscrit du QS. Celle-ci contient un petit nombre de corrections faites par la suite (presque toutes effectuées à la même époque, à l'encre rouge), et qui sont montrées dans le texte qui suit à présent. Une de ces corrections concerne le titre lui-même. Telle que fut rédigée au départ la version révisée, le titre en était Des Nains et des Hommes, avec un sous-titre Concernant les Nains (mais pas de sous-titre au commencement de la section sur les Hommes). Le titre fut enlevé, puis remplacé par Des Naugrim et des Edain ; le sous-titre Concernant les Nains fut conservé ; et un nouveau sous-titre Des Edain fut inséré à l'endroit approprié.
Afin de ne pas interrompre la numérotation du texte du QS, figurant dans le Vol.V, et pour permettre la référence au texte dans le commentaire qui y fait suite, je numérote les paragraphes de la version révisée à partir du §1. — L'on verra que le paragraphe d'ouverture reprend presque exactement celui du QS (§122), mais qu'il perd la phrase de conclusion originelle : "Car bien que les Nains ne servissent point Morgoth, ils étaient pourtant, dans quelques domaines, plus semblables à ses gens qu'aux Elfes."
Des Naugrim et des Edain
Concernant les Nains
§1. A présent, avec le temps la construction de Nargothrond fut achevée, et Gondolin avait été érigée dans le secret ; mais au cours des jours du Siège d'Angband, les Gnomes n'avaient encore que peu de nécessité de posséder des lieux où se cacher, et ils s'aventuraient un peu partout, entre la Mer Occidentale et les Montagnes Bleues. Et il est dit qu'ils escaladèrent l'Eredlindon et qu'ils regardèrent vers l'est, émerveillés, car les contrées de la Terre du Milieu paraissaient vastes et sauvages ; mais rares furent ceux à franchir jamais les montagnes, tant que perdura Angband. Durant ces jours, les gens de Cranthir furent les premiers à trouver les Nains, qu'ils [> les Elfes Sombres] nommèrent les Naugrim ; car les demeures principales de cette race se trouvaient alors dans les montagnes à l'est de Thargelion, le pays de Cranthir, et elles étaient creusées profondément dans les pentes orientales de l'Eredlindon. Par conséquent, ils voyageaient souvent au Beleriand, et étaient admis en Doriath même. Il n'y avait, à cette époque, aucune inimitié entre les Elfes et les Nains, sans qu'il y ait néanmoins un grand amour.
Voici les paroles de Pengolod concernant les Naugrim*
§2. Les Naugrim ne sont pas apparentés aux Elfes, ni aux Hommes, ni même encore aux créatures de Melkor ; et les Noldor de la Terre du Milieu ne savaient pas d'où ils venaient, pensant qu'ils étaient étrangers aux Enfants, bien que leur ressemblant sous bien des aspects. Mais en Valinor, les sages ont appris que les Nains furent engendrés en secret par Aulë, alors que la Terre était encore sombre ; car il désirait l'arrivée des Enfants d'Ilúvatar, afin qu'il puisse av | | |