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Retraduction: Ósanwe-kenta & notes étymologiques

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Elendil

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MessagePosté le: 13 Mar 2008 6:51     Sujet du message: Retraduction: Ósanwe-kenta & notes étymologiques Répondre en citant

"Ósanwe-kenta" (et ses notes étymologiques) est un texte qui fait partie de ceux auxquels je travaille depuis assez longtemps. À la différence de la plupart d'entre eux, il est presque terminé : je mets la main à ce qui pourrait en être la dernière touche.

L'étape suivante sera une publication véritable, probablement sur l'un des grands sites francophones traitant de Tolkien, une fois que j'aurai reçu l'accord du Tolkien Trust et de CFH.

En attendant, les deux articles (et l'ensemble de son apparat critique) seront présentés ici par petits morceaux. Mon dessein est évidemment de parvenir à la traduction la plus fidèle et la plus lisible possible.

Dans ce but, tout commentaire est bon à prendre. N'hésitez donc pas.

Je précise que le premier jet de cette traduction est antérieur à ma découverte de la traduction de Dior sur ce forum (également l'une des raisons qui me poussent à poster ma propre version ici, afin qu'il ne semble pas qu'il s'agisse de plagiat ou d'exploitation du travail d'un autre). J'ai cependant pris la peine d'utiliser la traduction de Dior lors de ma relecture, afin d'enrichir ma propre version et de vérifier n'avoir fait aucun contre-sens patent.

Dior est évidemment invité à commenter en retour sur ces travaux.

EDIT : J'espère que vous excuserez cette publication par morceau, mais prendre le temps de formater l'ensemble du texte me prendrait plus de temps que je n'en ai chaque soir. Roulement des yeux


Ósanwe-kenta
J.R.R. Tolkien


Édition (introduction, glossaire et notes éditoriales) : Carl F. Hostetter
Traduction : Damien Bador
Le texte de Tolkien est sous la protection du droit d’auteur. © 1998 The Tolkien Trust



L’essai intitulé “Ósanwe-kenta”, “Enquête sur la Communication de la Pensée” existe sous forme d’un dactylogramme de huit pages, foliotées de 1 à 8 par Tolkien. Il est présenté et (se) décrit comme un « résumé » (voir ci-dessous) ou un « abrégé » (AM), fait par un rédacteur anonyme [1], d’une autre œuvre portant le même titre que l’Elfe Pengolodh, Maître du Savoir, « plaça en appendice de son Lammas ou “État des Langues” » (ibid.) [2]. Bien qu’étant ainsi un document séparé, il est néanmoins étroitement associé et sans aucun doute très contemporain de l’essai plus long que Tolkien intitula “Quendi et Eldar” (dont la majeure partie fut publiée dans La Guerre des Joyaux), avec lequel il est rangé parmi les papiers de Tolkien. Une note sur l’une des pages de titre de “Quendi et Eldar” indique que Tolkien voulait faire d'“Ósanwe-kenta” une adjonction à cet essai : « Auquel est attaché un abrégé d'“Ósanwe-kenta” ou “Communication de la Pensée” » (ibid.). Christopher Tolkien note en outre que son père n’utilisait pas le titre “Quendi et Eldar” pour le plus long des deux essais seulement, mais y intégrait “Ósanwe-kenta” ainsi qu’un autre bref essai sur l’origine des Orques (ce dernier fut publié dans AM, cf. p.415 sq.). Ces trois essais existent dans des versions dactylographiées « d'apparence générale identique » (AM, p.415).

L’association d'“Ósanwe-kenta” et de “Quendi et Eldar” s'étend encore à la terminologie employée et au sujet traité. “Ósanwe-kenta” emploie par exemple certains termes linguistiques définis et discutés en détail dans “Quendi et Eldar” (e.g. tengwesta, lambe) d’une façon qui présuppose que les définitions et distinctions faites sont déjà connues. De plus, “Ósanwe-kenta” amplifie certaines affirmations faites dans la “Note sur la 'Langue des Valar'”, qui conclut “Quendi et Eldar” : par exemple que « C’était le talent particulier de l'Incarné, qui vit par union nécessaire du hröa et de la fëa, que de créer un langage » (WJ, p.405) ; et, de façon plus frappante, que « les Valar et Maiar pouvaient transmettre et recevoir les pensées directement (par la volonté des deux parties) en accord avec leur propre nature », bien que leur « usage d’une forme corporelle […] rende ce mode de communication moins rapide et précis » (p.406). Il amplifie pareillement « la vitesse à laquelle […] un tengwesta peut être appris par un ordre supérieur » grâce à une directe « transmission et réception de la pensée » conjointement avec une « chaleur de cœur » et un « désir de comprendre les autres », ainsi que le montre la vitesse à laquelle Finrod apprit le langage bëorien (ibid.) [3].

D’après Christopher Tolkien, l’une des copies de “Quendi et Eldar” est « préservée dans les plis d’un journal datant du mois de mars 1960 », et des notes écrites par son père sur ce journal et sur la couverture de l’autre copie existante incluent “Ósanwe-kenta” parmi les Appendices de “Quendi et Eldar” (AM, p.415). Christopher conclut que cet ensemble de matériaux, y compris “Ósanwe-kenta”, « était donc en devenir quand le journal fut employé à cette fin, et bien que, comme dans d’autres cas, cela ne procure pas un terminus ad quem absolu, son appartenance aux années 1959-60 ne semble pas faire de doute. » (Ibid.)

Les huit pages dactylographiées présentées ici paraissent être le seul texte existant d'“Ósanwe-kenta” ; si celui-ci fut précédé par une quelconque version manuscrite ou dactylographiée, celle-ci ne fut semble-t-il pas préservée. Dans la marge supérieure de la première de ces pages, Tolkien écrivit à l’encre les trois lignes du présent titre. Il numérota aussi à la main les sept premières pages dans le coin supérieur droit, et nota « Ósanwe », également à l’encre, à la gauche du numéro d’ordre de chacune de ces pages ; mais le numéro et l’annotation de la huitième page furent tapés à cet endroit, et placés au même endroit. Cela suggère que Tolkien puisse s’être arrêté – ou peut-être avoir conclu son essai – quelque part sur la septième page, et avoir écrit le titre court et les numéros d’ordre sur les pages déjà tapées avant d’entamer la huitième page. Si tel est le cas, il est possible qu’il se soit arrêté là où une ligne est sautée sur la septième page, avant le paragraphe commençant par « Si nous parlons en dernier de la “folie” de Manwe […] ». Le dactylogramme fut aussi corrigé à l’encre en certains points par Tolkien, principalement pour rectifier des erreurs typographiques, bien qu’en quelques occasions certaines tournures furent altérées. À quelques exceptions près, ces changements ont été intégrés dans le texte de façon silencieuse.

Dans cette édition, le texte écrit par Tolkien a aussi été légèrement réorganisé en ce qui concerne les notes. Sur la première page du dactylogramme (uniquement), Tolkien utilisa des notes de bas de page numérotées ; ailleurs dans “Ósanwe-kenta”, de même que dans “Quendi et Eldar”, il interrompit ici et là son texte par des notes, généralement tapées sur la ligne suivant, ou quelques lignes après, le renvoi en notes, même lorsque cela occasionnait la coupure d’une phrase (cf. WJ, p.359). La pratique de Christopher Tolkien lors de l’édition de “Quendi et Eldar” fut de rassembler ces notes à la fin de l’essai, en les distinguant des notes éditoriales par les renvois Note 1, Note 2, etc. entre parenthèses. Elle a été reprise ici pour la plupart de ces notes. Cependant, sept notes très brèves, qui se contentent de donner les gloses quenyarines des termes discutés (sanwe-latya, sáma, láta, indo, pahta, avanir et aquapahtie, respectivement), ont été placées entre parenthèses dans le corps du texte.

Un bref glossaire éditorial des formes elfiques rencontrées dans “Ósanwe-kenta” a été ajouté à la suite des notes de Tolkien, place adéquate pour citer des informations additionnelles provenant d’autres textes (en particulier “Quendi et Eldar”, divers textes de L’Anneau de Morgoth, et des “Étymologies”), et pour la plus grande part des commentaires linguistiques éditoriaux.

Je suis reconnaissant à Christopher Tolkien pour avoir procuré ce texte pour le publier dans Vinyar Tengwar, et à Christopher Gilson, Wayne Hammond, Christina Scull, Arden Smith et Patrick Wynne pour leur assistance dans la préparation de cette édition.
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Et Eareo falassillon Ennúmenna utulien'. Sinome utulien' tenn' at' autan'.


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Elendil

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MessagePosté le: 14 Mar 2008 5:56     Sujet du message: Répondre en citant


Osanwe-kenta [4]
“Enquête sur la Communication de la Pensée”
(Résumé de la discussion de Pengolodh)




À la fin du “Lammas”, Pengolodh discute brièvement de la transmission directe de la pensée (sanwe-latya « ouverture de pensée »), faisant plusieurs assertions à ce propos, lesquelles reposent à l’évidence sur les théories et observations des Eldar, dont il fut traité ailleurs plus en détail par les Elfes Maîtres du Savoir. Celles-ci concernent principalement les Eldar et les Valar (y compris les Maiar, les subalternes de cet ordre). Les Hommes n’y sont point spécifiquement évoqués, sauf quand il leur est fait référence dans des affirmations à valeur générale portant sur les Incarnés (Mirröanwi). D’eux, Pengolodh dit seulement : « Les Hommes ont la même faculté que les Quendi, mais à un degré moindre, et son action est moindre en raison de la force du hröa, sur lequel la
volonté de la plupart des humains n'a guère de contrôle. »

Pengolodh
inclut avant tout ce sujet en raison de sa connexion avec le tengwesta. Mais en tant qu’historien, il est également intéressé par l’examen des relations de Melkor et ses agents avec les Valar et les Eruhíni [5], bien que cela aussi ait une connexion avec le « langage », puisque, comme il le fait remarquer, ceci, le plus grand talent des Mirröanwi, fut détourné par Melkor pour son plus grand profit.

Pengolodh dit que tous les esprits (sáma, pl. sámar) sont de statut égal, bien qu’ils diffèrent en capacité et en force. De par leur nature, les esprits se perçoivent directement l’un l’autre. Mais ils ne peuvent percevoir plus que l’existence d’un autre esprit (en tant que chose différente d’eux, quoique de même
ordre), excepté si tel est la volonté des deux parties (Note 1). Le degré de volonté, en revanche, n’a pas besoin d’être identique de part et d’autre. Si l’on appelle l’un des esprits V (pour invité ou visiteur) et l’autre H (pour hôte ou récepteur), alors V doit avoir pleine intention d’inspecter H ou de l’informer. Mais une information peut être gagnée ou impartie par V, même si H ne cherche pas ou n’a pas l’intention [6] de la donner ou de l’apprendre : l’acte de V sera effectif dès lors que H est simplement « ouvert » (láta ; látie « ouverture »). Cette distinction, dit-il, est de la plus haute importance.

« L’ouverture » est l’état (indo) simple ou naturel d’un esprit qui n’est pas engagé par ailleurs (Note 2). En « Arda Immaculée » (c’est-à-dire, dans des conditions idéales, libres de tout mal) [7], l’ouverture serait l’état normal. Néanmoins, tout esprit peut être clos (pahta). Cela requiert un acte conscient volontaire: le Refus (avanir). Il peut être dirigé contre V, contre V et d’autres, ou une retraite complète dans le « privé » (aquapahtie).

Bien qu’en « Arda Immaculée » l’ouverture soit l’état normal, tout esprit a, dès sa création en tant qu’individu, le droit de se clore, et a le pouvoir absolu de le réaliser de sa seule volonté. Rien ne peut pénétrer la barrière du Refus (Note 3).

La totalité de ces choses, dit Pengolodh, est vraie pour tout esprit, depuis les Ainur en présence d’Eru, ou des grands Valar tels Manwe et Melkor, aux Maiar en Eä, et jusqu’au moindre des Mirröanwi. Mais différents états apportent des limitations, qui ne sont pas entièrement contrôlées par la volonté.

Les Valar entrèrent en Eä et dans le Temps de leur propre volonté, et ils appartiennent désormais au Temps, tant
qu'il perdure. Ils ne peuvent rien percevoir en dehors du Temps, exception faite du souvenir de leur existence avant que celui-ci ne soit : ils peuvent se rappeler le Chant et la Vision. Ils sont évidemment ouverts à Eru, mais ne peuvent de leur propre volonté « voir » une part quelconque de Son esprit. Ils peuvent s’ouvrir à Eru en prière, et Il est alors susceptible de leur révéler Sa pensée (Note 4).

Les Incarnés ont, de par la nature du sáma, les mêmes facultés, mais leur perception est affaiblie par le hröa, car leur fëa est unie à leur hröa, et son fonctionnement normal s’effectue à travers le hröa, qui est part intégrante d’Eä, dénuée de pensée. De fait, l’affaiblissement est double, car la pensée doit passer un manteau de hröa et en pénétrer un autre. Pour cette raison, la transmission de pensée chez les Incarnés requiert un renforcement pour être efficace. Le renforcement peut s’effectuer
par affinité, urgence ou autorité.

L’affinité peut être due à la parenté, car cela peut accroître la similitude de hröa à hröa, et ainsi des préoccupations et des modes de pensée des fëar y résidant; normalement, la parenté est aussi accompagnée d’amour et de sympathie. L’affinité peut simplement provenir de l’amour et de l’amitié, qui est affinité ou similitude de fëa à fëa.

L’urgence est transmise par un besoin impérieux éprouvé par « l’émetteur » (tel que joie, peine ou peur) ; et si ces émotions sont partagées dans une certaine mesure par le « receveur », la pensée en est d’autant plus clairement perçue. L’autorité peut également prêter force à la pensée de celui qui a un devoir envers un autre, ou à celle de tout gouvernant qui a le droit d’édicter des
commandements ou de chercher la vérité pour le bien des autres.

Ces causes peuvent renforcer la pensée, afin de passer les voiles et
atteindre l’esprit du receveur. Mais cet esprit doit demeurer ouvert, et passif tout au moins. Si, étant conscient que l’on s’adresse à lui, il décide de se clore, ni urgence ni affinité ne permettront à la pensée de l’émetteur d’entrer.
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Lomelinde

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MessagePosté le: 14 Mar 2008 14:08     Sujet du message: Répondre en citant

Premier tronçon :

dactylogramme : tu as déjà soulevé la question dans ton récent message sur le forum de Tolkiendil. Personnellement, j'aurais plutôt tendance à traduire par texte dactylographié ou par le plus maladroit tapuscrit, le but étant surtout que le lecteur comprenne bien de quoi il s'agit. Clin d'oeil

de huit pages, numérotées >> de huit pages, paginées : je sais que ça fait redondant, mais comme le texte l'est déjà en VO, pour ne pas suivre l'auteur ?

AM : je ne suis pas d'accord pour traduire Morgoth's Ring en français, puisqu'aucune édition officielle n'existe.

Quendi et Eldar : idem.

La Guerre des Joyaux : idem.

une adjonction à cet essai >> une adjonction à l'essai plus long

cf. p. 415 sq. >> cf. pp. 415 sq.

sous forme de dactylogrammes >> sous forme dactylographiée

L'association entre l'Ósanwe-kenta et Quendi et Eldar >> L'association de l'Ósanwe-kenta avec Quendi and Eldar

se prolonge dans >> se prolonge également dans

et ce d'une façon >> d'une façon

Note sur le "Langage des Valar" >> Note sur la "Langue des Valar" (préférence personnelle)

le talent particulier des Incarnés >> le talent particulier de l'Incarné

que de créer des langues >> que de créer une langue

de façon plus frappante , : supprimer l'espace après frappante.

transmission et réception de la pensée >> transmission et une réception [directes] de la pensée

était déjà en devenir >> était en devenir

à cette fin, et bien que >> à cette fin et bien que,

la "folie" de Manwë [...] >> la "folie" de Manwë

lors de l'édition de Quendi et Eldar fut de rassembler [...] entre parenthèses. Elle a été reprise >> , lors de l'édition de Quendi and Eldar, de rassembler [...] entre parenthèses a été reprise

de donner une glose des termes discutés >> de donner des gloses quenya [ou quenyarines] des termes discutés

Étymologies >> Etymologies : conserver en VO selon moi (d'autant que la VF sera loin de valoir le coup je pense, Mort de rire )
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Elendil

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MessagePosté le: 14 Mar 2008 16:30     Sujet du message: Répondre en citant

Cette premiere reponse, forte exhaustive, merite que je la lise tres en detail. J'editerai le present message pour discuter de certains de mes choix, si le besoin s'en fait sentir.

Toute modification du texte se fera dans le message original, et sera mise en evidence par une couleur differente (ce qui me permettra de plus de tracer les contributions de chacun, chose qui pourrait s'averer interessante Moqueur ).

EDIT : En rouge, mes propres corrections.


En premier lieu, une remarque sur mon choix de traduire les titres de l'ensemble des oeuvres : c'est delibere (et j'ai d'ailleurs mis longtemps a me decider). D'ici quelques annees, la serie des HdlTdM (=HoME en francais) sera completee, et sera probablement plus connue en France que les originaux anglais. Pour pallier a toute confusion dans l'intervalle, je prevois d'ajouter un index des oeuvres citees a la fin du texte. Celui-ci comprendra les abreviations utilisees dans la traduction, les references des oeuvres traduites (qui precisera si l'ouvrage en question n'est pas encore publie) et le titre original anglais. En esperant ainsi reunir le meilleur des deux mondes.

Citation :
dactylogramme : tu as déjà soulevé la question dans ton récent message sur le forum de Tolkiendil. Personnellement, j'aurais plutôt tendance à traduire par texte dactylographié ou par le plus maladroit tapuscrit, le but étant surtout que le lecteur comprenne bien de quoi il s'agit.

Je sais bien que "dactylographe" est tombé en désuétude par rapport à l'abréviation "dactylo", et que les gens n'envoient plus guère de "radiogrammes" ou de "télégrammes", mais l'étymologie n'est-elle pas transparente ? Si nécessaire, j'effectuerai un sondage sur un site littéraire et demanderai aux gens ce que peut leur évoquer (hors contexte) le mot "dactylogramme", mais je ne suis pas convaincu qu'il faille le remplacer. D'ailleurs "tapuscrit" n'est guère plus transparent (au contraire), même si plus de gens l'utilisent.

Citation :
paginée

Il me semble que "paginée" décrit uniquement le fait qu'une page soit numérotée, pas la numérotation elle-même (la pagination décrit l'action de paginer, la numérotation les numéros qui y furent inscrits). Autrement dit, "paginées de X à Y" serait une faute de grammaire, m'est avis.

En outre, c'est là où mon style de traduction diffère probablement du tien (remarque qui se veut dénuée de tout jugement de valeur, je tiens à le préciser). Mon choix personnel est de m'efforcer de retranscrire le sens de façon la plus précise possible, tout en recréant pour le lecteur français une impression stylistique équivalente à celle que le texte anglais produira sur le lecteur anglo-saxon. C'est là qu'interviennent les différences de styles fondamentales entres les langues. Et le français est en l'occurence hautement réfractaire à la répétition des mêmes formes en l'espace de quelques lignes, sauf quand un effet de répétition est justement voulu. Par opposition, l'anglais est très tolérant à cet égard, et même encourage ce fait dans une certaine mesure.


Citation :
adjonction à cet essai

Comme, dans le cas qui nous occupe, il s'agit d'un commentaire de texte, la fidélité mot à mot me paraît bien moins importante que dans le texte de Tolkien, qui a une valeur littéraire en lui-même. J'ai donc fait le choix de traduire ce commentaire de manière à retranscrire son sens et à le rendre le plus lisible possible. La tournure utilisée serait plus que maladroite en français (la seule solution serait quelque chose comme : "adjonction à l'essai plus long mentionné ci-dessus", formulation considérablement... plus longue Clin d'oeil ).

Citation :
pp. 415 sq.

En pratique, l'abréviation française pour "pages" semble bien être "p." et non "pp."

Cf. : http://monsu.desiderio.free.fr/atelier/abrevia.html


Citation :
L'association entre [...] Quendi and Eldar
Au temps pour moi, mon francais fout le camp. Le Littre donne bien : "association de [...] et de [...]. Je rectifierai ca.

Citation :
de Manwë [...]

Nécessaire en français du point de vue syntaxique.

Citation :
lors de l'édition de Quendi et Eldar fut de rassembler [...] entre parenthèses. Elle a été reprise >> , lors de l'édition de Quendi and Eldar, de rassembler [...] entre parenthèses a été reprise

Séparer le sujet du verbe par une subordonnée de cette longueur est une pratique abominable en français comme en anglais. C'est le genre de phrases qu'il est souvent nécessaire de lire à deux fois avant de les comprendre. Encore une fois, vu qu'il ne s'agit pas d'un procédé littéraire, je n'ai aucun scrupule à changer la formulation pour améliorer la clarté du texte.


Encore une fois, si mes explications vous paraissent spécieuses, prière de m'en faire part. Je ne prétends pas que l'ensemble de mes choix soient forcément the one best way (pour citer Taylor Clin d'oeil ) de traduire un texte.
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MessagePosté le: 15 Mar 2008 22:53     Sujet du message: Répondre en citant

Finalement, le tengwesta est aussi devenu un obstacle [8]. Chez les Incarnés, celui-ci est plus clair et plus précis que la réception directe des pensées. Grâce à lui ils peuvent aussi communiquer aisément avec les autres, quand aucune force n’est ajoutée à leur pensée : ainsi, par exemple, d’une première rencontre entre étrangers. Et, comme nous l’avons vu, l’usage du « langage » devient bientôt habituel, de sorte que la pratique de l’ósanwe (échange de pensée) est négligée et devient plus difficile. Ainsi voyons-nous que les Incarnés tendent de plus en plus à utiliser ou à s’efforcer d’utiliser l’ósanwe dans les seuls moments d’extrême urgence et nécessité, tout particulièrement quand la lambe n’est d’aucune aide. Comme lorsque la voix ne peut être entendue, ce qui advient le plus souvent à cause de la distance. Car la distance en elle-même ne présente aucun obstacle à l’ósanwe. Mais ceux qui par affinité pourraient bien utiliser l’ósanwe utiliseront la lambe quand ils sont proches, par habitude ou par préférence. Pourtant, nous pouvons également noter combien les « affins » parviennent vite à comprendre la lambe qu’ils utilisent entre eux, et en effet tout ce qu’ils pourraient dire n’est pas mis sous forme de mots. En moins de mots, ils parviennent plus vite à une meilleure compréhension. Il ne peut y avoir aucun doute qu’ici l’ósanwe y prend aussi souvent part ; car la volonté de converser au moyen de la lambe est volonté de communiquer sa pensée, et ouvre l’esprit. Il se peut évidemment que ces deux qui conversent connaissent déjà une part de l’affaire et la pensée de l’autre à ce sujet, de sorte qu’il n’est besoin que de parler par allusions obscures à l’étranger, mais il n’en est pas toujours ainsi. Les affins atteindront un accord plus rapidement que des étrangers sur des affaires dont ils n’avaient jamais discuté auparavant, et ils percevront plus rapidement le sens de mots, qui, quel que soit leur nombre, leur choix et leur précision, ne peuvent que demeurer inadéquats.



Hröa et tengwesta ont inévitablement un effet similaire sur les Valar, s’ils assument une parure corporelle. Le hröa diminuera dans une certaine mesure la force et la précision de l’émission de la pensée, et, si l’autre est également incarné, la réception de celle-ci. S’ils ont acquis l’habitude du tengwesta, comme peuvent l’avoir ceux qui ont acquis l’usage d’être parés, leur pratique de l’ósanwe en sera réduite. Mais ces effets sont bien moindres que dans le cas des Incarnés.

Car le hröa d’un Vala, même lorsqu'il est devenu coutumier, est bien mieux contrôlé par la volonté. La pensée des Valar est bien plus forte et pénétrante. Et en ce qui concerne leur commerce les uns avec les autres, l’affinité entre Valar est plus grande qu’entre tous autres êtres ; ainsi l’usage du tengwesta ou de la lambe n’est jamais devenu impératif, et seulement pour certains est devenu une coutume et une préférence. Quant à leur commerce avec les autres esprits en Eä, leur pensée a souvent l’autorité la plus haute et l’urgence la plus grande (Note 5).

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MessagePosté le: 16 Mar 2008 2:41     Sujet du message: Répondre en citant

Pengolodh se penche ensuite sur les abus de la sanwe. « Car », dit-il, « certains de ceux qui ont lu jusqu’ici pourraient déjà avoir mis mon savoir en question, disant : “Cela ne semble pas s’accorder avec les récits. Si le sáma était inexpugnable par force, comment Melkor aurait-il pu tromper tant d’esprits et asservir tant ? Ou n’est-il pas plutôt vrai que le sáma peut être protégé par une force supérieure mais également capturé par une force supérieure ? C’est pourquoi Melkor, le plus puissant, et surtout possédant au dernier degré la volonté la plus acharnée, déterminée et impitoyable, pouvait pénétrer l’esprit des Valar, mais se refuser à eux, de sorte que même Manwe lorsqu’il a affaire à lui peut parfois nous apparaître faible, imprudent et trompé. N’en est-il point ainsi ?”

« Je dis qu’il n’en est point ainsi. Les choses peuvent apparaître semblables, mais si leur nature est différente, elles doivent être distinguées. La clairvoyance, qui est prédiction [9], et le pronostic [10], qui est une opinion fondée sur un raisonnement à partir d’indications actuelles, peuvent donner des prévisions identiques, mais sont de natures entièrement différentes, et devraient être distinguées par les maîtres du savoir, même si le langage courant des Elfes et des Hommes leur donne le même nom en tant que catégories de la sagesse. » (Note 6)

De la même manière, extorquer les secrets d’un esprit peut sembler venir d’une lecture par force de celui-ci en dépit de son refus, car la connaissance acquise peut parfois apparaître aussi complète qu’il est possible de l’obtenir. Néanmoins, elle ne provient point de la pénétration de la barrière du refus.

Il n’y a en effet pas d’axan interdisant que la barrière ne soit forcée, car c’est únat, une chose impossible ou impraticable, et plus grande est la force exercée, plus grande la résistance du refus [11]. Mais il est un axan universel que nul ne doive prendre à un autre, directement par force ou indirectement par ruse, ce qu’il a droit de garder et de conserver comme étant sien.

Melkor répudia tous les axani. Il abolirait aussi (pour lui-même) toutes les únati s’il le pouvait. En effet, en son commencement et aux jours de sa haute puissance, les plus ruineuses de ses violences vinrent de sa tentative d’ordonner Eä de telle façon qu’il n’y ait aucun obstacle ou limite à sa volonté. Mais cela il ne put le faire. Les únati demeurèrent, rappels perpétuels de l’existence d’Eru et de Son invincibilité, rappels aussi de sa coexistence avec d’autres êtres (égaux par l’origine sinon par le pouvoir) indomptables par la force. De cela découle sa rage incessante et inextinguible.

Il découvrit que l’approche ouverte d’un sáma de pouvoir et de grande force de volonté était ressentie par un sáma moindre comme une pression immense accompagnée de peur. Dominer par le poids du pouvoir et de la peur était son délice, mais dans ce cas il ne les trouva d’aucune aide : la peur fermait la porte plus vite. Par conséquent, il essaya la tromperie et la furtivité.

En cela il fut aidé par la simplicité de ceux qui ignoraient le mal, ou qui n’étaient pas encore accoutumés à s’en garder. Et pour cette raison a-t-il été dit plus haut que la différence entre ouverture et volonté active de recevoir était d’une grande importance. Car il venait furtivement s’introduire dans un esprit ouvert et non gardé, espérant apprendre une part de sa pensée avant qu’il ne se close, et plus encore y implanter la sienne propre, pour le tromper et le gagner à son amitié. Sa pensée était toujours la même, bien qu’elle variât pour s’adapter à chaque situation (pour autant qu’il la comprenait) : il était par-dessus tout bienveillant, il était riche et pouvait donner à ses amis tout cadeau qu’ils puissent désirer, il portait un amour particulier à celui à qui il s’adressait, mais on devait lui faire confiance.

De cette manière il gagna l’entrée de nombreux esprits, dissipant leur refus, et déverrouillant la porte avec la seule clé possible, bien que sa clé soit contrefaite. Pourtant ce n’était pas ce qu’il désirait le plus, la conquête des récalcitrants, l'asservissement de ses ennemis. Ceux qui écoutaient et ne fermaient pas la porte étaient déjà trop souvent enclins à son amitié ; certains (selon leur mesure) étaient déjà lancés sur des voies semblables à la sienne, et écoutaient parce qu’ils espéraient apprendre et recevoir de lui des choses qui faciliteraient leurs propres desseins. (Ainsi en était-il avec ceux des Maiar qui tombèrent en premier et le plus tôt sous son emprise. Ils étaient déjà rebelles, mais n’ayant pas le pouvoir et la volonté impitoyable de Melkor, ils l’admiraient et voyaient en sa guidance l’espoir d’une rébellion efficace.) Mais ceux qui étaient encore simples et dénués de corruption en leur « cœur » (Note 7) étaient immédiatement conscients de son entrée, et, s’ils écoutaient l’avertissement de leur cœur, cessaient d’écouter, le repoussaient et fermaient la porte. C’étaient ceux-là que Melkor désirait le plus conquérir : ses ennemis, car pour lui étaient ennemis tous ceux qui lui résistaient en la moindre chose ou revendiquaient ce quoi que soit comme leur et non sien [12].

Par conséquent il chercha des moyens de contourner l’únat et le refus. Et cette arme il la trouva dans le « langage ». Car nous parlons désormais des Incarnés, les Eruhíni, qu’il désirait par-dessus tout subjuguer au mépris d’Eru. Leur corps étant d’Eä est sujet à la force, et leur âme, étant unie à leur corps par amour et par sollicitude, est sujette à la peur pour celui-ci. Et leur langage, bien qu’il provienne de leur âme ou de leur esprit, opère à travers et avec leur corps : il ne s’agit pas du sáma ni de sa sanwe, mais il est en mesure d’exprimer la sanwe à sa manière et selon sa capacité. Sur le corps et sur son habitant, en conséquence, telle pression et telle peur peuvent être exercées pour que la personne incarnée soit forcée à parler.

Ainsi pensait Melkor dans l’obscurité de ses prévisions longtemps avant que nous ne nous fussions éveillés. Car dans les jours anciens, quand les Valar instruisirent les Eldar nouvellement arrivés en Aman au sujet du commencement des choses et de l’hostilité de Melkor, Manwe lui-même dit à ceux qui voulaient écouter : « Des Enfant d’Eru Melkor en savait moins que ses pairs, prêtant moins d’attention à ce qu’il aurait pu apprendre, comme nous le fîmes, dans la Vision de leur Venue. Pourtant, comme nous le craignons maintenant que nous vous connaissons dans votre être véritable, à tout ce qui était susceptible d’aider ses plans de pouvoir son esprit prêta vive attention, et son dessein s’élança plus promptement que les nôtres, n’étant limité par aucun axan. Dès l’origine il était grandement intéressé par le « langage », ce talent que les Eruhíni devaient avoir par nature ; mais nous ne perçûmes point immédiatement la malice de cet intérêt, car nombre d’entre nous le partageaient, et Aule par-dessus tout. Mais avec le temps nous découvrîmes qu’il avait créé un langage pour ceux qui le servaient ; et il a appris notre langue aisément. Il possède un grand talent dans ce domaine. Sans doute aucun il maîtrisera toute langue, même le beau parler des Eldar. Par conséquent, si vous deviez jamais converser avec lui, prenez garde ! »

« Hélas ! » dit Pengolodh, « à Valinor Melkor usa du quenya avec une maîtrise telle que tous les Eldar en étaient stupéfaits, car son usage ne pouvait être surpassé, était même difficilement égalé par les poètes et les maîtres du savoir. »

Ainsi par tromperie, par mensonge, par tourment du corps et de l’âme, par menace de tourmenter les bien-aimés, ou par la seule terreur de sa présence, Melkor chercha sans cesse à forcer les Incarnés qui tombèrent en son pouvoir ou vinrent entre ses griffes à parler et à lui dire tout ce qu’il voulait savoir. Mais son propre Mensonge engendra une progéniture infinie de mensonges.

Par ces moyens il en a détruit beaucoup, il a causé des trahisons sans nombre et il a acquis connaissance de secrets à son grand avantage et pour la perte de ses ennemis. Mais ce ne fut point en entrant dans les esprits ou en les lisant tels qu’ils sont, à son dépit. Nenni, car aussi grande que soit la connaissance qu’il gagna, derrière les mots (même de ceux tourmentés et apeurés) réside toujours le sáma inviolable : les mots n’en font point partie, bien qu’ils en découlent (tels des cris de derrière une porte fermée) ; ils doivent être jugés et pesés pour connaître la part de vérité qu’ils contiennent. Par conséquent, le Menteur dit que tous les mots sont mensonges : toutes les choses qu’il entend sont tissées de dissimulation, de faux-fuyants, de sens cachés, et de haine. Dans ce vaste réseau, lui-même emmêlé, il lutte et rage, rongé par la suspicion, le doute et la peur. Il n’en aurait pas été ainsi s’il avait pu briser la barrière et voir le cœur tel qu’il est en sa vérité dévoilée.
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MessagePosté le: 17 Mar 2008 2:01     Sujet du message: Répondre en citant

Si nous parlons en dernier de la « folie » de Manwe et de la faiblesse et l’imprudence des Valar, faisons attention à la manière dont nous jugeons. Dans les récits, en effet, nous pouvons être stupéfaits et affligés de lire comment (en apparence) Melkor déçut et dupa les autres, et comment même Manwe apparaît parfois presque comme un simplet par comparaison avec lui : comme si un père aimable mais malavisé traitait un enfant capricieux qui allait assurément percevoir l’erreur de ses pas avec le temps. Tandis que nous, observant et connaissant la suite, voyons maintenant que Melkor connaissait fort bien l’erreur de ses pas, mais y persistait par une haine et un orgueil sans retour. Il pouvait lire l’esprit de Manwe, car la porte était ouverte ; mais son propre esprit était mensonger et même si la porte semblait ouverte, il y avait à l’intérieur des portes de fer à jamais closes.

Comment voudriez-vous qu’il en soit autrement ? Manwe et les Valar devraient-ils opposer le subterfuge au secret, la fausseté à la traîtrise, plus de mensonges aux mensonges ? Si Melkor veut usurper leurs droits, devraient-ils lui dénier le sien ? La haine peut-elle triompher de la haine ? Nenni, Manwe était plus sage, ou, étant toujours ouvert à Eru, il fit Sa volonté, ce qui est plus que sagesse. Il était toujours ouvert parce qu’il n’avait rien à cacher, aucune pensée qui soit dangereuse à quiconque de savoir, s’il parvenait à la comprendre. En effet, Melkor connaissait sa volonté sans avoir à l’interroger, et il savait que Manwe était lié par les commandements et les injonctions d’Eru, et ferait ceci ou s’abstiendrait de cela en accord avec ceux-ci, à jamais, même en sachant que Melkor les violerait si cela convenait à son dessein. Ainsi la volonté impitoyable comptera toujours sur la pitié, et les menteurs usent de la vérité ; car si la merci et la vérité sont déniées au cruel et au menteur, elles cessent d’être honorées [13].

Manwe ne pouvait par contrainte tenter de forcer Melkor à révéler sa pensée et ses desseins, ou (si ce dernier usait de mots) à dire la vérité. S’il parlait et disait : c’est la vérité, il devait être cru jusqu’à ce qu’il soit prouvé mensonger ; s’il disait, ceci je ferai, ainsi que vous l’enjoignez, il devait lui être donné l’opportunité de tenir sa promesse (Note 8 ).

La force et la contrainte qui furent utilisées contre Melkor par le pouvoir réuni de tous les Valar ne furent pas utilisées pour extorquer une confession (qui était inutile), ou pour le forcer à révéler sa pensée (ce qui était illégal quand bien même ce n’eût été vain). Il fut fait captif en punition de ses actes maléfiques, sous l’autorité du Roi. Ainsi pouvons-nous dire ; mais il serait mieux de dire qu’il fut privé pour un temps, fixé par promesse, de son pouvoir d’agir, afin qu’il puisse s’arrêter et s’observer, et donc avoir la seule chance que la merci puisse provoquer repentir et amendement. Pour la guérison d’Arda évidemment, mais pour la sienne également. Melkor avait le droit d’exister, et le droit d’agir et d’utiliser ses pouvoirs. Manwe avait l’autorité de régner et d’ordonner le monde, autant qu’il lui était possible, pour le bien-être des Eruhíni ; mais si Melkor se repentait et retournait à l’allégeance envers Eru, sa liberté devait lui être rendue. Il ne pouvait être asservi ou privé de sa part. L’office du Roi Aîné était de maintenir tous ses sujets sous l’allégeance à Eru ou de les y ramener, et sous cette allégeance de les laisser libres.

Par conséquent ce ne fut pas avant la fin, et là uniquement sur le commandement exprès d’Eru et par Son pouvoir, que Melkor fut complètement jeté à bas et privé à jamais de tout pouvoir de faire ou de défaire.

Qui parmi les Eldar estime que la captivité de Melkor en Mandos (qui fut accomplie par force) était ou malavisée ou illégale ? Pourtant la résolution d’assaillir Melkor, de ne pas simplement lui résister, d’opposer le courroux à la colère au péril d’Arda, ne fut prise par Manwe qu’à contrecœur. Et pensez-y : quel bien l’usage légal de la force a-t-il même accompli dans ce cas ? Cela l’écarta pour un temps et soulagea la Terre du Milieu de la pression de sa malice, mais cela ne déracina pas son mal, car c’était impossible. À moins peut-être que Melkor ne se soit effectivement repenti (Note 9). Mais il ne se repentit point, et dans l’humiliation devint plus obstiné : plus subtil dans ses tromperies, plus rusé dans ses mensonges, plus cruel et plus ignoble dans sa vengeance. La plus faible et la plus imprudente des actions de Manwe, ainsi semble-t-il à beaucoup, fut de libérer Melkor de sa captivité. De ceci vint la plus grande perte et le plus grand malheur : la mort des Arbres et l’exil et la souffrance des Noldor. Pourtant par cette souffrance vint aussi, comme peut-être ce n’eut pu advenir autrement, la victoire des Jours Anciens : la chute d’Angband et le renversement final de Melkor.

Qui peut alors dire avec assurance que si Melkor avait été gardé dans les chaînes, moins de mal s'en serait ensuivi ? Même diminué, le pouvoir de Melkor est au-delà de notre calcul. Pourtant quelque accès ruineux de son désespoir n’eût pas été le pire de ce qui aurait pu advenir. La libération eut lieu selon la promesse de Manwe. Si Manwe avait brisé cette promesse afin de satisfaire ses desseins propres, même en ayant toujours « le bien » en vue, il aurait fait un pas sur les voies de Melkor. C’est un pas périlleux. En cette heure et dans cet acte, il aurait cessé d’être le vice-gérant de l’Un, devenant seulement un roi qui prend avantage contre un rival qu’il a conquis par force. Préférerions-nous alors avoir les chagrins qui advinrent en effet, ou préférerions-nous voir le Roi Aîné perdre son honneur, et passer ainsi, peut-être, en un monde déchiré entre deux seigneurs orgueilleux luttant pour le trône ? De ceci nous pouvons être sûrs, nous enfants de peu de force : n’importe lequel des Valar aurait pu prendre la voie de Melkor et devenir semblable à lui : un fut assez.
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MessagePosté le: 17 Mar 2008 8:43     Sujet du message: Répondre en citant

Elendil a écrit :
D'ici quelques annees, la serie des HdlTdM (=HoME en francais) sera completee,

HoMe plutôt, non ?


Elendil a écrit :
Il me semble que "paginée" décrit uniquement le fait qu'une page soit numérotée, pas la numérotation elle-même (la pagination décrit l'action de paginer, la numérotation les numéros qui y furent inscrits). Autrement dit, "paginées de X à Y" serait une faute de grammaire, m'est avis.

Selon mon Petit Larousse, paginer, ou folioter, est défini comme le fait de "Numéroter les feuilles, les pages de (un registre, un livre).
Dès lors, il serait dommage de se priver du paginated de l'auteur.

Elendil a écrit :
Mon choix personnel est de m'efforcer de retranscrire le sens de façon la plus précise possible, tout en recréant pour le lecteur français une impression stylistique équivalente à celle que le texte anglais produira sur le lecteur anglo-saxon.

Cibliste vs. sourcier en somme. Clin d'oeil
Il me faut hélas reconnaître mon trop grand fanatisme de sourcier dans mes traductions !... Roulement des yeux

Elendil a écrit :
Et le français est en l'occurence hautement réfractaire à la répétition des mêmes formes en l'espace de quelques lignes


Je te propose donc :
existe sous forme d’un dactylogramme de huit pages, numérotées de 1 à 8 >> existe sous forme de huits feuillets/pages, paginés/foliotées de 1 à 8

Elendil a écrit :
En pratique, l'abréviation française pour "pages" semble bien être "p." et non "pp."

C'est en tout cas ce qu'emploie notre Imprimerie Nationale.

Elendil a écrit :
Séparer le sujet du verbe par une subordonnée de cette longueur est une pratique abominable en français comme en anglais. C'est le genre de phrases qu'il est souvent nécessaire de lire à deux fois avant de les comprendre. Encore une fois, vu qu'il ne s'agit pas d'un procédé littéraire, je n'ai aucun scrupule à changer la formulation pour améliorer la clarté du texte.

Personnellement, je préfère tout de même conserver la style de l'auteur, aussi aride soit-il. Cela fait partie intégrante du texte. Je pense - mais cela n'engage que moi - que modifier ainsi l'aspect du texte revient à imprimer sa propre empreinte au détriment de l'auteur.
Ce n'est certe pas de la grande littérature mais si l'auteur a ce style, autant le faire transparaître en français.

2ème tronçon

Pengolodh inclus >> Pengolodh inclut

quoique de même nature >> quoique de même ordre

l'apprendre: >> l'apprendre :

l'état (indo) simple ou naturel >> l'état simple ou naturel (indo)

peut s'effectuer pas affinitié >> peut s'effectuer par affinitié

afin de passer les voiles et d'atteindre >> afin de passer les voiles et atteindre

Ces choses, dit Pengolodh, >> Toutes ces choses, dit Pengolodh
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Là où la volonté ne manque pas, une voie s'ouvre.


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MessagePosté le: 17 Mar 2008 13:19     Sujet du message: Répondre en citant

Citation :
HoMe
HoME aux US. Clin d'oeil

Citation :
C'est en tout cas ce qu'emploie notre Imprimerie Nationale.

Tous les auteurs de dictionnaires que je connais s'accorde sur "p." (évidemment, l'Académie évite le problème, il fallait s'y attendre). Au temps pour l'Imprimerie Nationale.

Citation :
Dès lors, il serait dommage de se priver du paginated de l'auteur.

Je dois l'avouer : vu qu'il s'agit d'un commentaire de texte, j'estime que c'est chercher à couper les cheveux en quatre, car le sens est déjà préservé (la même remarque s'applique à l'encontre de la phrase scindée en deux).

Mais je dois dire que je ne parviens pas à résister à l'idée d'utiliser "folioté" (c'est un peu comme "dactylogramme", quoi Clin d'oeil ). Entre parenthèses, ta deuxième solution ("feuillets/pages") s'éloignerait plus du texte que moi, puisque l'on perdrait la notion de texte dactylographié.

Sinon, merci d'avoir déniché toutes ces fautes de ponctuation (c'est honteux de ma part ! Embarassé )


Citation :
Toutes ces choses

Nécessite plus de changements que ça pour éviter la répétition "toutes" "tout", mais c'est faisable.
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MessagePosté le: 18 Mar 2008 6:43     Sujet du message: Répondre en citant

Note 1 :
Ici níra (« volonté », en tant que potentiel ou faculté), puisque le critère minimum est que cette faculté ne soit point utilisée en dénégation ; l’action ou un acte de volonté est nirme, comme sanwe « la Pensée » ou « une pensée » est l’action ou d’un acte de sáma.


Note 2 :
Il peut être occupé à penser et être inattentif aux autres choses ; il peut être « tourné vers Eru » ; il peut être engagé en « conversation spirituelle » avec une tierce partie. Pengolodh le dit : « Seuls les grands esprits peuvent converser avec plus d’une personne à la fois ; plusieurs peuvent conférer, mais alors à un moment donné il émet seul, tandis que les autres reçoivent. »


Note 3 :
« Aucun esprit ne peut cependant être fermé à Eru, soit contre Son inspection, soit contre Son message. Ce dernier il peut l’ignorer, mais il ne peut dire qu’il ne l’a pas reçu. »


Note 4 :
Pengolodh ajoute : « Certains disent que Manwe, par une grâce spéciale faite au Roi, pouvait toujours dans une certaine mesure percevoir Eru ; d’autres plus plausiblement qu’il demeurait le plus proche d’Eru, et qu’Eru était plus prompt à l’écouter et lui répondre. »


Note 5 :
Ici Pengolodh ajoute une longue note sur l’usage de hröar par les Valar. En résumé, il dit que bien qu’à l’origine une « parure de soi », il peut tendre à s’approcher d’un état « d’incarnation », en particulier pour les membres inférieurs de cet ordre (les Maiar). « Il est dit que plus souvent et plus longtemps un hröa donné est utilisé, plus grand est le lien de l’habitude, et moins le “soi-paré” désire le quitter. Comme la parure peut bientôt cesser d’être ornement et devient (comme il est dit dans les langues des Elfes et des Hommes) un “habit” [14], un costume ordinaire. Ou si parmi les Elfes et les Hommes il est porté pour atténuer la chaleur ou le froid, il rend bientôt le corps habillé moins capable d’endurer ces choses quand il est nu. » Pengolodh cite aussi l’opinion selon laquelle un « esprit » (c’est-à-dire l’un de ceux qui ne furent pas dotés d’un corps à leur création) utilise un hröa pour l’accomplissement de ses desseins propres, ou (plus encore) pour la jouissance des facultés corporelles, il trouve graduellement plus difficile d’agir sans le hröa. Les choses qui créent les plus grands liens sont celles qui chez l’Incarné sont liées à la vie du hröa lui-même, sa subsistance et sa propagation. Ainsi manger et boire créent des liens, mais non se réjouir de la beauté de sons et de formes. Le lien le plus fort est l’enfantement ou la conception.

« Nous ne connaissons pas les axani (lois, règles, comme découlant essentiellement d’Eru) imposées aux Valar en référence particulière à leur état, mais il semble clair qu’il n’y avait aucun axan contre ces faits. Néanmoins il semble être un axan, ou peut-être une conséquence nécessaire, qu’une fois effectuées, l’esprit doive alors résider dans le corps dont il usa, et être soumis aux mêmes nécessités que l’Incarné. Le seul cas qui soit connu dans les récits des Eldar est celui de Melian, qui devint l’épouse du Roi Elu-thingol. Cela n’était certainement point maléfique ni contre la volonté d’Eru, et bien que cela ait conduit au chagrin, les Elfes et les Hommes en furent enrichis.

« Les grands Valar ne font point ces choses : ils n’enfantent point, ni ne mangent et ne boivent, excepté lors des hauts asari, en témoignage de leur suzeraineté et de leur habitation d’Arda, et pour la bénédiction de ce qui donne subsistance aux Enfants. Melkor, seul parmi les Grands, se trouva finalement lié à une forme corporelle ; mais ce fut en raison de l’usage qu’il en fit dans son dessein de devenir Seigneur des Incarnés, et des grands méfaits qu’il commit sous forme physique. Il avait aussi dissipé ses pouvoirs natifs pour contrôler ses agents et serviteurs, et au final, en lui-même et privé de leur support, il se trouva chose affaiblie, consumée par la haine et, dans l’état où il était tombé, incapable de se restaurer lui-même. Même sa forme physique, il ne pouvait plus la contrôler, de sorte que sa hideur ne pouvait plus être masquée, et elle laissait paraître la malfaisance de son esprit. Même avec certains de ses plus grands serviteurs il en fut également ainsi, comme nous le voyons ces derniers jours : ils furent unis aux façons de leurs actes maléfiques, et si ces corps leur étaient retirés ou étaient détruits, ils étaient anéantis jusqu’à ce qu’ils aient rebâti la semblance de leur habitation antérieure, avec laquelle ils pouvaient reprendre les chemins maléfiques dans lesquels ils s’étaient fixés. » (Ici Pengolodh se réfère évidemment en particulier à Sauron, dont l’ascension finit par le faire fuir de la Terre du Milieu. Mais la première destruction de la forme corporelle de Sauron était consignée dans les récits des Jours Anciens, dans le Lai de Leithian.)


Note 6 :
Pengolodh développe ici (bien que ce ne soit pas nécessaire à son argument) cette question de la « clairvoyance ». Aucun esprit, affirme-t-il, ne connaît ce qui n’est pas en lui. Tout ce qu’il a éprouvé est en lui, bien que dans le cas des Incarnés, contingemment aux instruments du hröa, certaines choses peuvent être « oubliées », pas immédiatement disponibles à la souvenance. Mais aucune part du « futur » n’y est, car l’esprit ne peut le voir ou l’avoir vu : c’est-à-dire, un esprit inscrit dans le temps. Un tel esprit ne peut apprendre le futur que d’un autre esprit qui l’a vu. Mais cela signifie en fin de compte seulement d’Eru, ou par l’intermédiaire d’un esprit qui a vu en Eru une part de Son dessein (tels les Ainur qui sont désormais les Valar en Ëa). Un Incarné ne peut donc connaître quoi que ce soit du futur que par instruction dérivée des Valar ou par révélation venant droit d’Eru. Mais tout esprit, qu’il soit des Valar ou des Incarnés, peut déduire par la raison ce qui adviendra ou pourrait advenir. Ce n’est point de la clairvoyance, encore que cela puisse être plus clair, et même plus précis en effet qu’un éclat fugitif de clairvoyance. Pas même s’il en est tiré des images vues en rêve, qui sont un moyen par lequel la « clairvoyance » aussi se présente fréquemment à l’esprit.

Des esprits qui ont une grande connaissance du passé, du présent et de la nature d’Ëa peuvent faire des prévisions très précises, et plus proche est le futur, plus claires sont-elles (exception est toujours faite de la liberté d’Eru). Par conséquent, une large part de ce qui est appelé « clairvoyance » en langage inconsidéré relève seulement de la déduction du sage ; et si elle est reçue des Valar, en tant qu’avertissement ou instruction, il ne peut s’agir que de la déduction des plus sages, bien que ce puisse parfois être une « clairvoyance » de seconde main.


Note 7 :
enda. Nous traduisons ceci par « cœur », bien qu’il ne soit fait aucune référence physique à un organe du hröa. Il signifie « centre », et se réfère (quoique par une inévitable allégorie physique) à la fëa ou au sáma même, distinct de la périphérie (pour ainsi dire) de ses contacts avec le hröa, conscient de lui-même, doté de la sagesse primordiale de sa création, qui l’a rendue sensible à tout ce qui est inamical au moindre degré.


Note 8 :
Raison pour laquelle Melkor disait souvent la vérité ; et en effet il mentait rarement sans ajouter une mesure de vérité. À moins que ce ne fut dans ses mensonges à l’encontre Eru ; et ce fut peut-être pour les avoir proférés qu’il fut privé de tout retour.


Note 9 :
Certains estiment que, bien que le mal eût alors pu être atténué, il n’aurait pu être défait même par le repentir de Melkor ; car le pouvoir s’était séparé de lui et n’était plus sous le contrôle de sa volonté. Arda était marrie dans son essence même. Les graines que la main a semées grandiront et se multiplieront bien que la main soit ôtée.
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MessagePosté le: 19 Mar 2008 5:59     Sujet du message: Répondre en citant

Glossaire éditorial de l’Ósanwe-kenta :
Tous les mots sont en quenya sauf indication contraire.

aquapahtie [15] [n.] “privé”. Apparemment composé de aqua- “pleinement, complètement, totalement, entièrement” (GJ, p.392) + *paht-ie “clos-ure” (cf. pahta “clos” et látie “ouverture” ci-dessous).
asar, pl. asari [n.] “jour fixé, festival” (GJ, p.399).
avanir [n.] “refus”. Apparemment composé de ava-, exprimant le “refus” ou la “prohibition” (cf. GJ, p.370-371 infra *ABA) + -nir “volonté” (cf. níra ci-dessous).
axan, pl. axani [n.] “loi, règle, commandement : comme découlant essentiellement d’Eru”. Adapté du valarin akasān “Il dit”, se référant à Eru (GJ, p.399).
enda [n.] “centre, cœur”, de personnes, ne faisant aucune référence à l’organe physique mais à la fëa ou au sáma lui-même, distinct de ses contacts avec le hröa. Cf. ÉNED- “centre” (RP, p.356).
Eruhíni [n.p.] “Enfants d’Eru”, i.e. les Elfes et les Hommes (GJ, p.403).
fëa, pl. fëar [n.] “âme, esprit habitant d’un être incarné” (AM, p.349,470). Cf. également GJ, p.405.
hröa, pl. hröar [n.] “corps (d’un être incarné)” (AM, p.350,470). Cf. également GJ, p.405.
indo n. “état”, peut-être “état d’esprit (sáma)” de façon spécifique. Dans le manuscrit LQ2 (AM, p.216,230 n.16) indo est utilisé pour “esprit”, qui est ici la traduction de sáma, tandis que les “Étymologies” ont indo “cœur, humeur” (RP, p.361 infra ID-).
kenta [n.] “enquête’. Cf. Essekenta *“enquête sur les noms” (AM, p.415). Cf. le radical verbal ken- “voir, observer” (MC, p.222) et l’élément cenyë “vision” dans apacenyë “clairvoyance” et tercenyë “perception” [16] (AM, p.216), qui pourrait suggérer que kenta signifie peut-être plus littéralement “une observation (sur) un sujet donné” [17].
lambe [n.] “mouvement de langue, (façon d’)utiliser la langue” ¶ “langage” dans son acception non technique ¶ “façon de parler, dialecte”, appliqué aux divers langages d’un peuple ou d’une région (GJ, p.394) ¶ en théorie linguistique, un tengwesta (cf. infra) utilisant des signes phonétiques ¶ également la “façon de parler”, i.e. la phonétique et la phonologie (GJ, p.395). Cf. également GJ, p.416 n.33 ; LAB- “lécher” (RP, p.367) [18].
láta adj. “ouvert”. Cf. LAT- “être ouvert” (RP, p.368).
látie [n.] “[état d’]ouverture”.
latya [n.] “ouverture, [orifice]”.
Mirröanwi [n.p.] “Incarnés”, littéralement “ceux qui furent créés de chair (hröa)” (AM, p.350).
níra n. “volonté, en tant que potentiel ou faculté”. Cf. S. aníra “(il) désire” (SD, p.128-129) [19].
nirme [n.] “l’action ou un acte de níra”.
ósanwe [n.] “communication ou échange de pensée”. Apparemment composé du préfixe o- « utilisé dans les mots décrivant la rencontre, la jonction ou l’union de deux choses » (GJ, p.367 infra *WO) + sanwe (cf. infra).14
pahta adj. “clos”. Cf. aquapahtie ci-dessus.
sáma, pl. sámar [n.] “esprit”.
sanwe [n.] “la Pensée, une pensée”, en tant que l’action ou un acte de sáma. Cf. ósanwe ci-dessus.
tengwesta [n.] “système ou code de signes (tengwi)”, “produit spécifique” du tengwestie « le Langage, en son entier » (GJ, p.394). Bien que ne faisant pas nécessairement référence au langage (un hwerme est aussi un tengwesta, ibid. p.395), sans qualificatif il est entendu comme signifiant “un langage parlé”, y inclus phonétique, phonologie, morphologie, grammaire et vocabulaire (p.395) [20].
únat, pl. únati [n.] “une chose impossible, ou impraticable”. Apparemment composé de ú- + nat “chose” (cf. RP, p.374 infra NĀ2-). Les “Étymologies” donnent le préfixe quenya ú comme signifiant “non, un-, in- (habituellement avec un sens péjoratif)” (RP, p.396 infra UGU-), mais le sens présent de ú- est plus fort que celui véhiculé par ces gloses isolées. On observera la distinction faite entre avaquétima “pas à dire, qui ne doit pas être dit” et úquetima “indicible, impossible à dire, à mettre en mots, ou imprononçable” (GJ, p.370 infra *ABA). Cf. l’entrée ú dans le glossaire éditorial du “Passage tiré de 'Quendi et Eldar' App.D”.



Références :
Quand mention est faite que les ouvrages cités sont encore à paraître, la pagination correspond à l’original en langue anglaise.

AM : L’Anneau de Morgothà paraître. [MR ou X – Morgoth’s Ring]
GJ : La Guerre des Joyauxà paraître. [WJ ou XI – The War of the Jewels]
LT : Lettres de J. R. R. Tolkien – Christian Bourgois éd. . [L – Letters of J.R.R. Tolkien]
MC : Les monstres et les critiques et autres essais – Christian Bourgois éd. 2006 [MC – The Monsters and the Critics and Other Essays]
RO : The Road Goes Ever On – HMCO éd. 1967
RP : La Route perdue et autres récits – Christian Bourgois éd. à paraître (2008). [LR ou V – The Lost Road and Other Writings]
SdA : Le Seigneur des Anneaux – Christian Bourgois éd. 2001. [LR – The Lord of the Rings]
VT : Vinyar Tengwar – Journal anglophone édité par l’Elvish Linguistic Fellowship.

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Et Eareo falassillon Ennúmenna utulien'. Sinome utulien' tenn' at' autan'.


Dernière édition par Elendil le 26 Mar 2008 1:26; édité 3 fois
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