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Les Aratars
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Curumo
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Sexe: Inscrit le: 21 Avr 2003 Messages: 5336 Localisation: Orthanc en Isengard
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Posté le: 10 Mai 2004 19:07 Sujet du message: |
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LES LETTRES DE J. R. R. TOLKIEN
Une selection editée par
Humphrey Carpenter
avec l'assistance de
Christopher Tolkien
Londre
GEORGE ALLEN & UNWIN
Boston Sydney
Introduction
1 To Edith Bratt
2 From a letter to Edith Bratt 27 November 1914
3 From a letter to Edith Bratt 26 November 1915
4 From a letter to Edith Bratt 2 March 1916
5 To G. B. Smith
6 To Mrs E. M. Wright
7 To the Electors of the Rawlinson and Bosworth Professorship of Anglo-Saxon, University of Oxford
8 From a letter to the Vice Chancellor of Leeds University
9 To Susan Dagnall, George Allen & Unwin Ltd.
10 To C. A. Furth, Allen & Unwin
11 From a letter to Allen & Unwin 5 February 1937
12 To Allen & Unwin
29 From a letter to Stanley Unwin 25 July 1938
30 To Rütten & Loening Verlag
153 To Peter Hastings (draft) _________________
Tel est le rôle de Curumo dans le Conte des Aratars. De la grandeur et de la beauté il a ramé jusqu'à la ruine et aux ténèbres qui furent jadis le sort d'Arda Marrie. Si cela doit changer, si Curumo doit arrêter de ramer, Manwë et Varda le savent peut-être, mais ils ne l'ont pas annoncé, non plus que les sentences de Mandos.
Quenta Aratarion.
Dernière édition par Curumo le 30 Mai 2006 18:21; édité 11 fois |
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Celebrian
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Sexe: Inscrit le: 29 Mai 2004 Messages: 107 Localisation: Valinor jusqu'à ce que je ressuscite...
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Posté le: 08 Juin 2004 23:54 Sujet du message: |
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Introduction
Vers la fin de sa vie, J.R.R. Tolkien fut privé de l’usage de son bras droit pendant quelques semaines. Il dit à son éditeur : « J’ai découvert que l’incapacité d’utiliser une plume ou un crayon était aussi éprouvant que la perte de son bec pour la poule.
Le temps de Tolkien étaient occupé en très grande partie par la parole écrite; non seulement son travail académique et les histoires de la « Terre du Milieu », mais aussi par la correspondance. Plusieurs de celle-ci étaient des lettres d’affaires, mais quoi qu’il en soit, la composition de lettre était une de ses activités favorites. Par conséquent, une immense quantité de lettres de Tolkien ont survécu. Lorsque, avec l’aide de Christopher Tolkien, j’ai débuté le travail de sélection, il devint évident qu’une quantité énorme de matériel devrait être omis, et que seul des passages d’un intérêt particulier pourraient être inclus. Naturellement, les lettres où Tolkien discutait de ses propres livres eurent la priorité, mais la sélection a également été effectuée de manière à ce qu’on ait un aperçu de l’ampleur des pensées et des intérêts de Tolkien et de son point de vue imagée mais toujours clair du monde.
Parmi les omissions, nous retrouvons les lettres écrites entre 1913 et 1918 à Édith Bratt qui fut sa fiancée, puis sa femme. Ces lettres ont un caractère hautement personnel et je n’y ai choisi que quelques passages traitant de textes que Tolkien écrivaient à l’époque. Entre 1918 et 1937, il n’y eut que quelques lettres qui survécurent, et celles qui ont été préservées ne relatent (malheureusement) rien au sujet des œuvres de Tolkien soient le Silmarillion et Le Hobbit qu’il rédigeait durant cette période. Cependant, à partir de 1937 et ce, jusqu’à la fin de sa vie, nous trouvons une série continuelle de lettres donnant, et parfois avec moult détail, un acompte de la rédaction du Seigneur des Anneaux ainsi que de l’œuvre plus tardive du Silmarillion, incluant bien souvent de longues discussions sur la signification de ses écrits.
Parmi les lettres choisies pour ce livre, tous les passages omis ont été indiqués par une rangée de quatre points comme celle-ci…. Lorsque seul trois points apparaissent, c’est l’expression utilisée par Tolkien lui-même dans la lettre. Dans presque tous les cas, les omissions ont été faites pour la seule question d’espace et il fut très rare qu’un passage soit omis pour une raison de discrétion.
Le texte original de Tolkien est demeuré inaltéré à l’exception des adresses et des dates qui ont été données selon le même système tout au long du livre et ce qui concerne les titres des livres de Tolkien. Il utilisa lui-même une quantité de systèmes différents pour ses titres, par exemple : le Hobbit, le « Hobbit », « le Hobbit », « Le Hobbit », et de même avec le Seigneur des Anneaux. De manière générale, des édits ont été effectués de manière à régulariser ces titres selon le système habituel quoique, lorsqu’il se trouvait un quelconque intérêt, la formulation original a été laissée.
Quelques lettres ont été imprimées à partie de copies carbones gardées par Tolkien; il n’a commencé à faire des copies de ses lettres que vers la fin de sa vie et cela explique pourquoi il n’y a aucune trace de lettres plus anciennes à moins que les originaux eux-mêmes aient pu être découverts. D’autres lettres du livre ont été copiées d’un brouillon ou de brouillons qui différaient du texte qu’il a envoyé (s’il les a envoyé), et dans certains cas, un texte continu a été assemblé à partir de plusieurs fragments de brouillons : dans les cas où ceci a été fait, la lettre est titrée « Brouillons ». La fréquence de tels brouillons parmi sa correspondance, et la longueur de plusieurs d’entre eux fut partiellement expliqué par Tolkien dans une lettre à son fils Michael :
« Des mots engendraient des mots, et des pensées se faufilaient. …. Le « Laconique » ne m’est acquis occasionnellement comme une « forme d’art » qu’en coupant plus du ¾ de ce que j’ai écrit et est donc, par conséquent, plus une occupation et un labeur que « l’écriture libre ».
Lorsque seule une portion d’une lettre a été imprimée, l’adresse et la salutation d’introduction ont été omises ainsi que la fin et la signature; dans de tels cas, la lettre est titrée «D’une lettre de ---. » Toutes les notes de bas de page des lettres sont de Tolkien lui-même.
Lorsque je l’ai estimé nécessaire, les lettres sont précédées by une entête donnant le contexte de la correspondance. Toutes les autres notes seront trouvées à la fin du livre; leurs existences, dans le texte, sont indiquées par un exposant numérique. Les notes ont été compilées selon leur nécessité pour la compréhension, mais le but a été breveté, également, et nous assumons que le lecteur a une bonne connaissance du Hobbit et du Seigneur des Anneaux. Gardant à l’esprit le grand nombre d’éditions de ce dernier livre et leurs paginations différentes, les références de pages que Tolkien fit dans ses lettres sont expliquées dans les notes avec une citation du passage auquel il se réfère.
Dans les notes de corrections, quatre livres sont cités par de courts titres : Pictures (Images), Unfinished Tales (Contes Inachevés), Biography (Biographie), Inklings (Soupçons). Leurs titres entiers sont : Pictures by J.R.R. Tolkien (Images par J.R.R. Tolkien), avec une préface et les notes de Christopher Tolkien - 1979; Unfinished Tales (Les Contes Inachevés), édités par Christopher Tolkien - 1980; Humphrey Carpenter, J.R.R. Tolkien, a biography (Une biographie de J.R.R. Tolkien) -1977; et The Inklings (Les Soupçons) par Humphrey Carpenter - 1978. Ces quatre livres sont publiés en Angleterre par George Allen & Unwin Ltd, et en Amérique par la Houghton Mifflin Company.
Le partage des tâches entre moi-même et Christopher Tolkien fut comme suit. J’ai moi-même recueilli et transcrit toutes les lettres et j’en ai fait une première sélection; il a commenté la sélection et la transcription et fait quelques suggestions pour les modifications lesquelles nous avons amplement discutées et acceptées avec des amendements variés. Nous avons ensuite estimé nécessaire de réduire le texte de beaucoup en considérant l’espace; j’ai à nouveau proposé les premières coupures, il a commenté mes suggestions et nous avons conclu pour une dernière procédure. J’ai également écrit le texte original des notes qu’il a commenté et auquel il a ajouté certaines informations. Le livre, tel qu’il est donc publié, reflète mon choix et mon jugement plutôt que le sien, mais c’est également le produit de notre travail conjoint et je lui suis reconnaissant pour les nombreuses heures qu’il a dépensée pour me guider et m’encourager.
Finalement, je suis également très reconnaissant envers les nombreuses personnes qui ont prêtées leurs lettres. La plupart sont reconnues dans le livre puisque leurs noms apparaissent comme étant le récipient des lettres; dans les rares cas où des lettres ont été prêtées sans être retenues, je dois à la fois remercier ceux qui sont concernés et leur présenter mes excuses parce que leurs lettres ont été omises pour des raisons d’espace. Je dois également remercier les nombreuses organisations ainsi que des personnes qui m’ont aidé : les membres de la Société Tolkien de Grande Bretagne, la Société Tolkien d’Amérique, et la Société Mythopoétique qui a annoncé notre désir de retrouver les lettres et qui, en certaines occasions, nous a permis de prendre contact avec leurs propriétaires; les archives écrites de la BBC, la Bodleian Library, les presses universitaires Oxford et son Dictionary Department, le Humanities Research Center de l’University of Texas à Austin, et la Wade Collection au Wheaton College, Illinois qui ont tous permis que nous ayons accès à leurs lettres; les différents exécuteurs (et spécialement le Rév. Walter Hooper) et d’autres personnes qui nous ont aidés à retrouver les lettres des personnes qui étaient décédées; et finalement Douglas Anderson, qui nous a grandement aidés d’une multitude de manière avec la préparation de ce livre. Lui et Charles Noad ont fait la révision du volume pour nous.
En dépit de la longueur de ce volume et du grand nombre de lettres que nous avons récupérées, il ne peut y avoir de doute sur le fait que beaucoup de la correspondance de Tolkien demeure dans l’anonymat. Nous encourageons tout lecteur qui connaîtrait l’existence d’autres lettres qui pourraient être publiées à contacter les éditeurs de ce volume dans l’espoir que l’on puisse les inclure dans une seconde édition.
Humphrey Carpenter |
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Celebrian
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Sexe: Inscrit le: 29 Mai 2004 Messages: 107 Localisation: Valinor jusqu'à ce que je ressuscite...
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Posté le: 08 Juin 2004 23:54 Sujet du message: [Traduction]Les "Letters" traduites en français |
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1 - To Edith Bratt
[Tolkien s'était fiancé avec Édith Bratt qu'il avait rencontré durant son adolescence à Birmingham, en janvier 1913, lorsqu'il avait vingt-et-un ans. La lettre suivante fut écrite durant sa dernière année comme étudiant à Oxford, lorsqu'il étudiait Langue et Littérature anglaise et, en même temps, faisait son entraînement militaire à l'University Officer's Training Corps (Université du Corps d'Entraînement des Officiers) avant de joindre l'armée.]
Exeter College, Oxford
[Non daté; Octobre 1914]
Ma chère Édith,
Oui, j'étais plutôt surpris par votre carte reçue sam. matin et plutôt désolé parce que je savais que ma lettre devrait errer pour vous retrouver. Vous m'écrivez des lettres splendides, petites; et je suis un tel porc comparé à vous. Il semblerait qu'il y a des années que je n'aie écrit. J'ai eu une fin-de-semaine très occupée (et très trempée).
Vendredi s'est passé sans aucun événement ainsi que sam. même si nous nous sommes exercés tout l'après-midi et avons été trempés plusieurs fois et que nos fusils se sont salis et ont pris beaucoup de temps à nettoyer par la suite. J'ai passé la plupart du reste de ces jours à lire à l'intérieur: j'avais une dissertation à préparer, comme je vous l'avais dit, mais elle n'était pas terminée quand Shakespeare est arrivé et que le (Lieutenant) Thompson1 (très bien et en santé dans son nouvel uniforme) m’ont empêché de travailler durant le Sabbat comme je l’avais proposé…. . Je suis allé à St-Aloysius pour la grand messe – ce que j’ai plutôt apprécié – ça faisait si longtemps que j’ai entendu celle du Fr. F.2 m’a empêché d’y aller quand j’étais à l’oratoire la semaine dernière.
J’ai dû faire une visite de politesse au Recteur3 durant l’après midi ce qui était très ennuyant. Sa femme est épouvantable! Je suis parti dès que j’ai pu et j’ai fui sous la pluie me réfugier auprès de mes livres. Puis je suis sorti et j’ai vu M. Sisam4 à qui j’ai dit ne pas pouvoir terminer ma dissertation avant merc., je suis resté à parler avec lui pendant quelques temps, puis j’ai eu un entretien intéressant avec ce bizarre de Earp.5 Je vous en ai parlé et et je l’ai présenté (pour sa plus grande joie) au « Kâlevalâ », la ballade finnoise.
Parmi d’autres travaux, j’essaie de transformer une des histoires – qui est véritablement une très grande histoire, et des plus tragiques – en un court récit dans le style des romances de Morris, avec des morceaux de poésies insérés…6
Je dois maintenant aller à la bibliothèque du collège et me salir parmi les livres poussiéreux – puis je devrai traîner pour voir le Boursier. …. R.7
Note :
- Un certain Shakespeare et L.L.H. Thompson du Collège Exeter.
- Father Francis Morgan (1857-1934) de l’Oratoire de Birmingham, le prêtre catholique qui est devenu le gardien de Tolkien à la mort de sa mère en 1904.
- L.R. Farnell, Recteur (i.e. chef) du Collège Exeter de 1913 à 1928.
- Kenneth Sisam (1887-1971), qui en 1914 était un étudiant recherchiste et l’assistant du professeur A.S. Napier. Il agissait en tant que tuteur de Tolkien; voir no.318.
- Thomas Wade Earp, alors étudiant au Collège Exeter; plus tard, il s’est fait connaître en tant qu’écrivain pour la peinture moderne. Voir no.83 pour une référence de Tolkien concernant « T.W.Earp, l’original Twerp »; puisque le dictionnaire de jargon Partridge (Dictionary of Slang) a indiqué que le premier usage du terme « twerp » aux alentours de 1910, il est possible que les initiales et le nom de ce Earp aient donné naissance à ce mot. Earp fut l’un des éditeurs de Oxford Poetry 1915 où l’un des premiers poèmes de Tolkien, « Pieds de Gobelins », fut publié.
- Le travail de Tolkien sur l’une des histories de Kalevala, “l’Histoire de Kullervo”, ne fut jamais terminé, mais il a été prouvé qu’il fut le point de départ de l’histoire de Túrin Turambar dans Le Silmarillion. Voir le no. 163 pour avoir plus de précision de la part de Tolkien.
- Habituellement, Tolkien signait les lettres qu’il écrivait pour Édith Bratt par “Ronald” ou “R” même s’il utilisait quelquefois son premier prénom, John.
Dernière édition par Celebrian le 09 Juin 2004 20:05; édité 1 fois |
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Olivia
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Sexe: Inscrit le: 07 Nov 2003 Messages: 3298 Localisation: En haut de mon Eva
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Posté le: 10 Juin 2004 12:23 Sujet du message: |
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2 - Pour Edith Bratt, 27 Novembre 1914
J'ai travaillé pendant environ 4 heures de 9h20 à 13h ou à peu près ce matin, me suis entraîné tout l'après midi, je suis allé à une conférence de 17h00 à 18h00, puis, après le dîner (avec un dénommé Earp) j'ai dû aller à une réunion du Essay Club - une sorte informelle de dernier sursaut. Il y avait un mauvais article mais une discussion intéressante. C'était également une réunion pour lire des compositions personnelles, et j'ai lu "Earendel" qui a été bien critiqué.
Note :
[1] Tolkien a écrit un poème intitulé '' Le voyage d'Earendel, l'étoile du soir '' en Septembre 1914. La première strophe est citée dans '' La Bibliographie '' p. 71.
Dernière édition par Olivia le 04 Avr 2005 7:17; édité 1 fois |
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Olivia
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Sexe: Inscrit le: 07 Nov 2003 Messages: 3298 Localisation: En haut de mon Eva
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Posté le: 11 Juin 2004 12:23 Sujet du message: |
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3 - Pour Edith Bratt, 26 Novembre 1915
[Après avoir obtenu une mention en anglais à Oxford, Tolkien fut envoyé dans le Lancashire Fusiliers. Cette lettre a été écrite du Rugeley Camp à Staffordshire, où il s'entraînait. Au même moment il travaillait sur un poème intitulé "Kortirion parmi les Arbres" inspiré par Warwick, où Edith Bratt vivait. Le poème décrit une " ville pâlissante sur une petite colline" où " s'attardent encore les Compagnies Solitaires [...] les fées bénies et les elfes immortels." Pour le T.C.B.S. , se référer à la lettre 5.]
Une matinée habituelle, traînant et gelant puis trottant pour se réchauffer pour geler à nouveau ensuite. Nous avons fini par une heure de simulation de lancers de bombes. Repas après un après midi gelé. Durant les chaudes journées d'été nous redoublons les exercices, à toute vitesse et en sueur, et là nous restons à parler en plein air par groupes glacés. Thé puis une autre ruée. Je me suis battu pour avoir une place près de la cuisinière et j'ai grillé une tranche de pain sur la pointe d'un couteau: quelles journées! J'ai fait une version manuelle de "Kortirion". J'espère que ça ne te gênera pas que je l'envoie au T.C.B.S. Je veux leur envoyer quelque chose: je leur dois de longues lettres à tous. Je vais commencer une copie bien propre à l'encre pour toi et je l'enverrai demain soir, puisque je pense que je ne pourrai pas avoir plus d'une copie dactylographiée (c'est si long à faire). Non à bien y réfléchir je t'envoie la copie manuelle (qui est très nette) et ferai attendre le T.C.B.S. ,jusqu'à ce que je puisse en faire une autre.
Dernière édition par Olivia le 04 Avr 2005 11:36; édité 1 fois |
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Olivia
Modératrice des forums généraux


Sexe: Inscrit le: 07 Nov 2003 Messages: 3298 Localisation: En haut de mon Eva
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Posté le: 12 Juin 2004 13:48 Sujet du message: |
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4 - Pour Edith Bratt, 2 mars 1916
Durant cet après-midi misérable et pluvieux, j'ai relu de vieilles notes prises lors de conférences militaires; après une heure et demie, elles m'ennuyaient. J'ai apporté quelques retouches à mon absurde langage elfique, ce qui l'a amélioré.
Je désire souvent y travailler mais je ne me le permets pas parce que même si je l'aime beaucoup, cela semble être un passe-temps de fou!
[Apparemment, une référence à une forme précoce de la Langue Elfique Quenya, dont Tolkien commença probablement l'élaboration pendant ses années d'étudiant. Pour un exemple d'une strophe en ce langage, et datée de "Novembre 1915, Mars 1916", voir Biography page 76.] |
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Celebrian
Membre en quarantaine


Sexe: Inscrit le: 29 Mai 2004 Messages: 107 Localisation: Valinor jusqu'à ce que je ressuscite...
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Posté le: 14 Juin 2004 20:35 Sujet du message: |
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5 - To G. B. Smith
[Pendant qu'ils se trouvaient à l'école King Edward's à Birmingham en 1911, Tolkien et trois de ses amis, Rob Gilson, Geoffrey Smith et Christopher Wiseman, ont formés une société non-officielle et semi-secrète appelée la "T.C.B.S.", initiales pour le "Tea Club and Barrovian Society" (Club de Thé et Société Barovienne *), en raison de leur plaisir à prendre du thé, clandestinement, à la bibliothèque de l'école, et au magasin Barrow's près de l'école. Depuis qu'ils avaient quitté King Edward's, les membres du T.C.B.S. avait conservé des liens étroits entre eux et tenu un "Conseil" en décembre 1914 à la résidence de Londres de Wiseman suivant lequel Tolkien avait commencé à vouer davantage d'énergie à écrire de la poésie - résultat, croyait-il, des idéaux partagés et de l'encouragement mutuel de la C.T.S.B. Wiseman était maintenant dans la Marine, Gilson et Smith avaient été envoyé à la Somme, et Tolkien arriva sur ce champ de bataille en tant qu'Officier de Signalisation du Bataillon du 11e Fusilier Lancashire, tout comme l'offensive des Alliés du 1er juillet commençait. Ce jour-là, Rob Gilson fut tué sur le champ d'honneur, mais les nouvelles de sa mort n'atteignirent pas les autres membres du C.T.S.B. avant quelques semaines. Geoffrey Smith avait envoyé une note à Tolkien et lui avait fait parvenir une lettre de Christopher Wiseman.]
11e Fusiliers Lancashire, B.E.F., France
12 août 1916
Mon cher vieux Geoffrey,
Je te remercie vivement pour la lettre de Christopher. J'ai réfléchi à de nombreuses choses depuis, la plupart de ces pensées étant incommunicables jusqu'à ce que Dieu nous rassemble à nouveau, ne serait-ce que pour un instant.
Je ne suis pas d'accord avec Chris, même s'il dit peu de chose. Pourtant, je suis tout à fait d'accord avec la pensée que vous avez soulignée, mais étrangement plus du tout avec la partie que j'ai marquée et commentée. Je suis allé dans les bois (nous sommes de retour au camp après une deuxième attaque de tranchées, toujours au même endroit où je vous ai vu) la nuit dernière ainsi que la précédente pour m'asseoir et penser.
Je ne peux m'empêcher d'affirmer qu'il est mal de confondre la grandeur que Rob a gagnée avec celle dont il doutait lui-même. Il sait que je suis parfaitement sincère et que je ne suis pas infidèle à l'amour que j'ai pour lui - que je ne fais que réaliser, maintenant qu'il a quitté les quatre, de jour en jour davantage – quand je dis maintenant croire que si la grandeur dont nous parlions signifiait sûrement (et signifiait plus que la sainteté et la noblesse seulement) est véritablement la part de la CTSB, alors la mort de n’importe quel de ses membres n’est qu’une amère sélection de ceux qui ne devaient pas devenir grands, du moins, directement. Que Dieu m’accorde que ceci ne semble pas être de l’arrogance – en réalité, je me sens maintenant plus humble et immensément plus faible et piteux. Ce que je voulais dire par cette grandeur était celle d’un grand instrument dans les mains de Dieu, un moteur, un ouvrier, un réalisateur de grandes choses, du moins, un initiateur de grandes choses.
La grandeur que Rob a trouvée n’est en aucune façon plus petite, car la grandeur dont je parlais et espérais pour nous en tremblant est sans valeur à moins d’être trempée dans la même sainteté de courage, de souffrance et de sacrifice – mais elle est différente. Sa grandeur est en d'autres termes un fait qui nous concerne personnellement, de telle sorte que le premier Juillet restera un jour particulier durant toutes les années que Dieu voudra bien nous accorder, mais touche uniquement le CTSB en cet aspect précis qui est peut-être, c'est envisageable, le seul que Rob ressentait vraiment, à savoir "L'amitié à la puissance N". Ce que je voulais dire, et croyais que Christ voulait dire et je suis presque certain que c’était aussi votre pensée, était que le CTSB a reçu un genre d’étincelle, très certainement en tant qu’organisme si ce n’est pas individuel – et elle était destinée à allumer une nouvelle lumière, ou, ce qui est la même chose, raviver une ancienne flamme dans le monde; que le CTSB était destiné à rendre témoignage pour Dieu et la Vérité d’une manière encore plus directe encore que d’abandonner ses nombreuses vies à cette guerre (qui en ce qui concerne le mal de notre propre côté avec une large vue entre le bien et le mal).
Jusqu’à présent, mon impression principale est que quelque chose s’est déréglé. Je ressens la même chose envers vous deux – plus près si cela se pouvait, et j’ai grand besoin de vous – il est certain que je suis affamé et que je me sens seul, mais maintenant, je ne me sens pas comme un membre d’un petit groupe complet. Très honnêtement, je crois que le TCBS en est à sa fin, mais je ne suis absolument pas certain que ce n’est pas un sentiment incertain qui disparaîtra – comme par magie, peut-être, lorsque nous serons à nouveau réunis. Pourtant, je me sens comme un simple individu, avec des sentiments intenses plus que des pensées, mais dénué de tout pouvoir.
Bien sûr, le CTSB a pu être notre seul rêve – et son œuvre, à la fin, ne sera fait que par trois, ou deux, ou un seul survivant et la part des autres être confiée par Dieu pour celle de l’inspiration que nous savons tous avoir reçu et recevons toujours l’un de l’autre. À ceci, je voudrais y attacher mes espérances et je prie Dieu pour que les personnes choisies pour continuer le TCBS ne soient pas moins que nous trois. ….
Je crains pourtant, et m’en désole – mis à part mes propres désirs – parce que je ne peux pas encore abandonner l’espérance et les ambitions (rudimentaires et nébuleuses je l’admets) qui sont devenues conscientes pour la première fois au Conseil de Londres. Ce Conseil fut, comme vous le savez, suivi dans mon cas de ma découverte d’une expression pour toutes sortes de choses retenues, cachées, et une immense ouverture pour tout ce qui me concernait : j’en ai toujours laissé le crédit à l’inspiration que même quelques heures passées ensemble tous les quatre nous ont toujours apportée.
Voilà – je me suis assis avec révérence et j’ai essayé de vous dire sèchement exactement ce que je pensais. J’ai présenté le tout froidement et avec détachement – et si cela semble incohérent, c’est dû au fait de l’avoir écrit par à coup, à différentes périodes, entouré du bruit d’un mess d’une Compagnie très ennuyante.
Transmettez ceci à Chris si vous le jugez à propos. Je ne sais pas où nous irons ensuite ou ce qui nous est réservé. La rumeur est aussi grouillante que la fatigue universelle de toute cette guerre lui permet d’être. Comme je voudrais savoir où vous êtes! J’imagine, bien sûr.
Je pourrais écrire une très longue lettre mais j’ai plein de travaux en chantier. Le Bde. Sig. Offr. me poursuit pour un entretien et j’ai deux rangs 10 ai avec le QM et une détestable parade à 6 :30 p.m. pour un Sabbat ensoleillé.
Écrivez-moi dès que vous avez l’ombre d’une chance.
Bien à vous,
John Ronald
Dernière édition par Celebrian le 16 Aoû 2004 14:01; édité 1 fois |
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Curumo
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Sexe: Inscrit le: 21 Avr 2003 Messages: 5336 Localisation: Orthanc en Isengard
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Posté le: 16 Juin 2004 9:32 Sujet du message: |
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D'après les traductions parallèles d' Olivia et Celebrian. Le tout étant remixé à la sauce Dior pour harmoniser le tout (et retraduire certains passages)
Lettre no. 6 A Madame E.M.Wright
En 1920, Tolkien fut nommé Lecteur en langue anglaise à l'université de Leeds, un poste qui se vit convertir en chaire: voir la no.46 pour un compte-rendu de l'interview qui mena à cette nomination. Tolkien était à présent marié à Edith Bratt, et en 1923, avait déjà deux enfants, John et Michael. En 1922, il avait publié un glossaire pour un Lecteur de moyen anglais qui fut édité par son ancien tuteur, Kenneth Sisam. Il commença également à travailler avec E.V.Gordon sur une édition de Sir Gawain and the Green Knight [ndtr : Sire Gawain et le Chevalier Vert]. La lettre qui suit, reconnaissant la parution d'un article sur ce poème, est adressée à l'épouse de Joseph Wright, l'éditeur de English Dialect Dictionary ("E.D.D.") [ndtr : Dictionnaire de Dialecte anglais]. Tolkien avait étudié la philologie avec Wright à Oxford.
Université de Leeds
13 février 1923
Chère Madame Wright,
Je vous suis très reconnaissant pour la copie dactylographiée ainsi que pour vos aimables remarques au sujet du glossaire. J'y ai certainement passé une énorme quantité de temps qu'il m'est terrible de me remémorer, et j'ai longtemps reporté le Lecteur accumulant des malédictions sur ma tête, mais ce fut instructif.
Je n'ai pas besoin de vous dire que je suis convaincu par votre article et ravi d'être assuré qu'une autre partie grossière de "Sir G." est maintenant définitivement améliorée par vos soins.
Nous venons tout juste de traverser un Noël quelque peu désastreux car les enfants ont choisi ce moment pour avoir la rougeole. Au début janvier, j'étais le seul épargné dans la maison, les patients incluant l'épouse et l'infirmière. Le travail que je devais faire durant les vacances était fichu, mais ils (non pas le travail) vont tous mieux maintenant et ce n'est pas plus mal. J'y ai échappé. J'espère que vous vous portez bien ainsi que le professeur Wright. Je n'ai reçu aucune nouvelle de lui dernièrement, ce que j'ai interprété favorablement.
Le moyen anglais est un champ très intéressant et je commence à croire qu'il a été peu travaillé parce qu'aussitôt qu'on tourne un regard personnel et attentif vers l'une quelconque de ses petites parties, tout semble s'effriter et tomber en pièces - pour ce qui en est de la langue en tout cas. E.D.D. est certainement indispensable, ou "unentbehrlich" comme il est réellement plus naturel à un esprit philologique de le dire, et j'encourage les gens à l'explorer.
Mon épouse souhaite se rappeler à votre bon souvenir et joint ses salutations aux miennes.
Sincèrement vôtre,
J.R.R.Tolkien
La philologie progresse vraiment ici. La proportion d'étudiants en langue est très élevée, et il n'y a aucune trace d'enrôlement forcé ! J.R.R.T.
Dernière édition par Curumo le 09 Mai 2005 9:39; édité 1 fois |
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Celebrian
Membre en quarantaine


Sexe: Inscrit le: 29 Mai 2004 Messages: 107 Localisation: Valinor jusqu'à ce que je ressuscite...
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Posté le: 19 Juin 2004 21:11 Sujet du message: |
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7 - Aux électeurs de la Chaire d'Anglo-Saxon de Rawlinson et Bosworth, Université d'Oxford.
[Durant l'été 1925, on annonça que la chaire d'Anglo-Saxon d'Oxford était vacante suite à la démission de W.A.Craigie. Tolkien décida de postuler même s'il n'avait que trente-trois ans. Voici sa lettre de candidature officielle, datée du 27 juin 1925.]
Messieurs,
Je désire offrir mes services pour le poste de professeur d'Anglo-Saxon à Rawlinson et Bosworth.
Une chaire qui permet de telles opportunités pour exprimer et communiquer un enthousiasme éclairé pour les études d'Anglo-Saxon ainsi que l'étude des autres langues anciennes Germaniques m'attire d'une manière tout à fait naturelle, et je ne pourrais désirer quoi que ce soit de mieux que d'être associé à nouveau, de cette façon, à l'école d'Anglais d'Oxford. Je fus membre de cette école en tant qu'étudiant, puis tuteur et pendant mes cinq années d'absence résidant à Leeds, je suis heureux d'être resté en contact, plus spécialement durant les deux dernières années en tant que Jury pour les épreuves finales.
Je suis premièrement arrivé au Collège d'Exeter comme boursier de Stapledon en 1911. Après avoir suivi des études Classiques en 1913 (où je me suis spécialisé en philologie Grecque), je fus diplômé avec haute distinction en Anglais en 1915 ayant comme principal sujet, l'ancien Islandais. Jusqu'à la fin de 1918, j'ai servi en tant qu'officier dans les Fusiliers du Lancashire et, cette année-là, je suis entré dans l'équipe du Oxford English Dictionary (Dictionnaire Anglais d'Oxford). Je fus l'un des assistants du Dr. Bradley1 jusqu'au printemps de 1920 lorsque mon propre travail et les charges croissantes de tuteur m'empêchèrent de continuer.
En octobre 1920, je partis à Leeds en tant que Lecteur en Langue Anglaise ayant comme mandat de développer l'aile linguistique d'une école d'Anglais en plein essor et pour laquelle aucun budget régulier n'avait encore été déterminé pour le spécialiste en linguistique. J'ai commencé avec cinq pionniers hésitants (uniquement de première année) parmi une école de soixante membres. Aujourd'hui, les proportions sont de 43 étudiants en littérature pour 20 en linguistique. Les linguistes ne sont nullement isolés ou coupés de la vie et du travail général du département et partagent plusieurs cours en littérature et les activités de l'école, mais depuis 1922, leur travail purement linguistique a été mené dans des classes particulières, et ils ont été testé au moyen de différents textes sur des attitudes et des sujets spéciaux. L'instruction offerte fut graduellement élargie et maintenant nous couvrons une grande part du champ de philologie Anglaise et Germanique. Des cours sont dispensés sur la poésie épique d'ancien Anglais, l'histoire de l'Anglais*, textes variés en Anglais ancien et du Moyen-Age*, philologie de l'ancien Anglais et celui du Moyen-Age*, Introduction à la philologie Germanique*, le Gothique, l'ancien Islandais (des cours de deuxième année* et de troisième), et le Wallon médiéval*. J'ai donné tous ces cours et j'ai présenté personnellement ceux marqués d'un *. Durant cette dernière session, un cours de lectures volontaires de textes qui ne sont pas spécialement considérées dans le programme courant a attiré plus de quinze étudiants qui n'étaient pas tous de l'aile linguistique du département.
La philologie semble en effet avoir perdu, pour ces étudiants du moins, ses connotations de terreur, sinon de mystère. Un débat de groupe, plus fréquent dans les classes de littérature que dans celles de langue, a été conduit et a porté ses fruits en créant une rivalité amicale et en permettant d'ouvrir les discussions avec le rassemblement équivalent chez les littéraires. Un Club Viking a même été formé par d'anciens étudiants ainsi que des nouveaux, en vieil Islandais. Ils promettent de continuer le même genre d'activité indépendamment des enseignants. L'ancien Islandais est une matière qui s'est particulièrement développée et atteint habituellement un plus haut niveau que les autres sujets spéciaux puisqu'il est étudié pendant deux ans et quasiment avec la même profondeur que l'Anglo-Saxon....
La grande part d'enseignement et de direction que mon poste a jusqu'ici exigée, augmentée par le partage de l'administration générale d'un département en pleine expansion, et dernièrement par les taches d'un Sénateur durant un temps particulièrement difficile dans la politique de l'Université, a profondément entravé mes travaux destinés à la publication mais je joins une note sur le travail que j'ai pu faire. Si je suis élu à la chair de Rawlinson et Bosworth, je m'efforcerai d'utiliser les opportunités qu'elle offre pour la recherche; je travaillerai, au meilleur de mes capacités, à l'accroissement du voisinage des études de linguistiques et littéraires qui ne peuvent jamais être ennemis à moins qu'on ne les comprenne pas ou sans perdre des deux; je continuerai, dans un champ plus large et plus fertile à encourager l'enthousiasme pour la philologie parmi les jeunes.
Je demeure, Messieurs, votre humble serviteur,
J.R.R.Tolkien
Note :
- Henry Bradley (1845-1923) était responsable du Dictionnaire Oxford alors que Tolkien y travaillait.
Dernière édition par Celebrian le 23 Aoû 2004 22:37; édité 3 fois |
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Celebrian
Membre en quarantaine


Sexe: Inscrit le: 29 Mai 2004 Messages: 107 Localisation: Valinor jusqu'à ce que je ressuscite...
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Posté le: 25 Juin 2004 21:37 Sujet du message: |
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8 - Tiré d'une lettre au Vice-chancelier de l'université de Leeds
22 juillet 1925
Mon élection à la chaire de Rawlinson & Bosworth à Oxford vient de m'être annoncée et je l'ai acceptée avec seulement un grand regret dû face à cette soudaine séparation, en dépit de ce tournant soudain et inespéré pour moi. Ce poste prendra effet à compter du 1er octobre prochain.
Seule la résignation soudaine de mon prédécesseur me l'a imposé si tôt - je la convoitais vaguement comme une chose lointaine possible dans les années à venir, mais maintenant, après la gentillesse de l'université, et la grande joie ressentie durant ma courte période de travail ici, je me sens ingrat en demandant d'être libéré de mon engagement si tôt. Je demande votre pardon.
Dernière édition par Celebrian le 26 Juin 2004 13:52; édité 1 fois |
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Olivia
Modératrice des forums généraux


Sexe: Inscrit le: 07 Nov 2003 Messages: 3298 Localisation: En haut de mon Eva
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Posté le: 16 Aoû 2004 12:59 Sujet du message: |
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9 - A Susan Dagnall, George Allen & Unwin Ltd
[Tolkien écrivit la majeure partie du Hobbit au cours de ses sept premières années en tant que Professeur d'Anglo-Saxon à Oxford. Un texte existait aux environs de l'hiver 1932, période à laquelle il fut lu par C.S. Lewis, bien qu'à ce stade
manquassent apparemment les derniers chapitres, et s'arrêtait peu avant la mort du dragon Smaug. Cet imprimé fut par hasard vu par Susan Dagnall, une diplômée d'Oxford travaillant pour la maison d'édition Allen & Unwin, et elle encouragea Tolkien à terminer l'histoire et à en permettre la publication. Voir n°s 163, 257, et 294 pour le compte rendu de Tolkien sur son investissement dans le livre, même si deux de ces lettres suggèrent par erreur que Susan Dagnall était toujours étudiante à Oxford quand elle lut le manuscrit. Voir plus loin Biography p 180. Ce fut le 3 octobre 1936 que Tolkien envoya le texte entièrement tapé à Allen & Unwin. Stanley Unwin, fondateur et dirigeant de l'entreprise, répondit le 5 octobre qu'ils donneraient leur "considération immédiate et attentive" au livre. Il ne subsiste pas de correspondance plus approfondie jusqu'à la lettre suivante. Vers le moment où Tolkien l'écrivit, la publication du livre avait été acceptée, et il préparait déjà cartes et illustrations.]
20 rue Northmoor à Oxford
Le 4 janvier 1937
Chère Mademoiselle Dagnall
Cartes & illustrations pour "Le Hobbit".
Je suis navré de ce long retard. Je fus indisposé pendant quelque temps, puis préoccupé par une famille tout entière affaiblie par la grippe, ramenée de l'école pour la ruine totale de Noël. Je succombai moi-même le soir du Nouvel An. C'était difficile de faire quoi que ce soit, et ce que j'ai accompli est, je le crains, assez insignifiant. J'ai redessiné deux illustrations : le plan, qui doit être intégré au récit (au Chapitre 1), ainsi que la carte générale. Je puis seulement espérer - attendu que j'ai peu de talent, et aucune expérience en la préparation de pareilles choses pour la reproduction - qu'ils puissent peut-être servir. J'ai décidé que les autres cartes n'étaient pas souhaitables.
J'ai redessiné (autant que j'en suis capable) une ou deux illustrations d'amateur du "manuscrit père", concevant qu'elles pourraient servir comme feuilles de fin, couverture ou je ne sais quoi. Je pense à toutes ces choses qui, si elles étaient meilleures, pourraient constituer un embellissement. Mais cela peut être impossible à ce stade, et en tous cas elles ne sont pas très bonnes et pourraient être techniquement inadaptées. Ce serait aimable de me retourner les rejetées. |
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Olivia
Modératrice des forums généraux


Sexe: Inscrit le: 07 Nov 2003 Messages: 3298 Localisation: En haut de mon Eva
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Posté le: 16 Aoû 2004 17:09 Sujet du message: |
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10 - A C.A. Furth, Allen & Unwin
[Entre 1932 et 1937, Tolkien écrivit et illustra un court livre pour enfants intitulé Mr Bliss. Pour une description, voir Biography p. 163. Il fut montré à Allen & Unwin en même temps que Le Hobbit leur était soumis. Les éditeurs dirent qu'ils seraient heureux de l'accepter, à condition que Tolkien puisse réduire le nombre de couleurs des dessins.]
20 rue Northmoor à Oxford
Cher Monsieur,
"Mr Bliss" est revenu en bon état. Je ne peux que dire que j'ai été surpris de recevoir votre aimable lettre le matin suivant. Je n'imaginais pas qu'il valait tant de dérangement. Les images me semblent essentiellement prouver que l'auteur ne sait pas dessiner. Mais si votre entreprise pense réellement qu'il vaut la peine d’être publié, j'essaierai de rendre les illustrations plus faciles à reproduire. Ce serait certainement une grande aide, si vous vouliez être aimable au point de m'appeler, comme vous l'avez suggéré, pour me donner quelques conseils. Actuellement je m'efforce d'obtenir une bourse pour la "recherche 1", en plus de mes activités habituelles, mais je peux trouver du temps libre dans un proche futur, d'autant plus que je suis libéré pour deux ans du fardeau des examens.
Je suis aussi reconnaissant et agréablement surpris que les dessins pour "le Hobbit" puissent être utilisés. Je vous laisse déterminer la meilleure façon de les utiliser et de les reproduire. En fait le plan - la carte avec les runes - était destinée à être insérée dans le Chapitre I, en face de la première référence qui lui est faite : "un morceau de parchemin ayant l'air d'une carte", vers la fin du chapitre. L'autre carte dans le "home MS." venait à la fin, et le long et étroit dessin de « Mirkwood 2» était au début. La 'porte du roi des elfes' venait à la fin du Chapitre VIII, 'la cité du lac' dans le Ch X, 'la porte de devant' dans le Ch XI après la description du premier aperçu qu'en ont les aventuriers : 'ils pouvaient voir les sombres cavernes s'ouvrir en un grand mur à pic'. En considérant le problème de plus près je vois que ceci concentre toutes les cartes et images, en place ou référence, vers la fin. Ce n'est dû à aucun plan, mais survient simplement parce que j'ai échoué à ramener les autres illustrations à une forme passable. On m'a aussi assuré que celles ayant un contenu géographique ou panoramique étaient les plus adaptées - même hors considération de mon incapacité à dessiner quoi que ce soit d'autre.
J'en joins maintenant "6 de plus 3". Elles sont toutes évidemment déficientes, et en dehors de cela peuvent, toutes ou certaines, présenter des difficultés de reproduction. Aussi vous pourriez être assez réticent à considérer si tard toute complication supplémentaire, ainsi qu’un changement de plan. Par conséquent je ne serai ni offensé ni surpris si vous les retourniez, toutes ou n'importe laquelle. ...
Sincèrement votre,
J.R.R.Tolkien
Note :
- Tolkien était à ce moment titulaire d'une bourse de recherche Leverhulme
- Il y avait un dessin en noir et blanc dans la première édition anglaise et américaine de « The Hobbit », comme celui du chapitre 8, mais il n’a pas été utilisé dans les impressions suivantes. Cette illustration était présente tout au long des notes, et ce, jusqu’au numéro 37 dans « Images »
- Tout comme les cartes, Tolkien offrit au début seulement, les deux dessins dont il parle un peu après dans la lettre, lesquels étaient en noir et blanc. Les "six de plus"maintenant soumis représentaient vraisemblablement les dessins monochromes les plus délaissés qui furent utilisés dans la première édition.
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Dior
Modérateur général


Sexe: Inscrit le: 10 Aoû 2004 Messages: 3475 Localisation: Menegroth, deep under the sea
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Posté le: 08 Avr 2005 15:25 Sujet du message: |
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11 - Extrait d'une lettre à Allen & Unwin, 5 février 1937
[Au sujet de la reproduction d'illustrations dans Le Hobbit]
J'approuve les épreuves. La réduction les a toutes améliorées sauf 'les Trolls'. Sur celle-là, il y a un ou deux défauts, probablement simplement dus à l'impression. Je les ai marqués : le fin contour blanc des arbres à l'arrière-plan est légèrement rompu; certains des petits points traçant le contour d'une flamme n'ont pas réussi à apparaître; le point après 'Trolls.' non plus.
Dans le 'Hall à Cul-de-Sac", j'ai malencontreusement mis une ombre pâle atteignant à droite la poutre latérale. Cela est évidemment apparu en noir (avec disparition de la clef) bien que pas à droite jusqu'à la poutre. Mais l'imprimé est, je pense, aussi bon que l'original le permet. S'il vous plaît, notez - ce ne sont pas des critiques sérieuses ! Je suis toujours
étonné que ces dessins quelconques aient été seulement acceptés, et que vous ayez affronté autant de problèmes avec eux - spécialement à l'encontre des facteurs économiques (que je n'avais pas oubliés, et qui sont la source de mes illustrations originellement abandonnées). |
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Dior
Modérateur général


Sexe: Inscrit le: 10 Aoû 2004 Messages: 3475 Localisation: Menegroth, deep under the sea
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Posté le: 08 Avr 2005 23:39 Sujet du message: |
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12 - A Allen & Unwin
[A la mi-mars, Tolkien retourna les épreuves de The Hobbit à Allen & Unwin, les ayant annotées d'un très grand nombre de changements par rapport au texte original. Il lui fut répondu qu'en conséquence, il pourrait avoir à payer une partie des coûts de correction, bien que les éditeurs aient écrit que ces révisions prendraient le même espace que le texte original. Avec la lettre suivante, il soumit un dessin pour la couverture, incluant une inscription en runes.]
20, route de Northmoor, Oxford
13 avril 1937
Chers Messieurs,
Je vous renvoie sous enveloppe séparée les révisions corrigées complètes de The Hobbit ... Je prends note de ce que vous avez si gentiment dit au sujet du coût des corrections. Je dois payer ce qui est juste, si nécessaire; bien que je serai naturellement reconnaissant de votre clémence. Merci de vos souci & considération ...
Vous trouverez avec les épreuves révisées un projet de couverture, soumis à vos critiques. J'ai découvert (comme je m'y attendais) que cela dépassait plutôt mon habileté et mon expérience. Mais peut-être le design général conviendrait-il ?
Je prévois les principales objections.
Il y a trop de couleurs : bleu, vert, rouge, noir. (Les deux rouges sont un accident; les deux verts non essentiels.) Cela pourrait s'arranger, avec une possible amélioration, en substituant le blanc au rouge; et en omettant le soleil, ou en dessinant une ligne autour. La présence conjointe du soleil et de la lune dans le ciel se réfère à la magie fixant la porte.
Il est trop compliqué, et nécessite simplification, par exemple en réduisant les montagnes à une seule couleur, et par simplification des sapins dentelés.
En la redessinant, la chose entière pourrait être réduite - si vous pensez que les runes sont attractives. Bien qu'en apparence magiques, elles disent : The Hobbit ou There and Back Again, compte-rendu d'un voyage d'un an effectué par Bilbon Sacquet; compilé d'après ses mémoires par J.R.R. Tolkien et publié par George Allen & Unwin ...
Sincèrement vôtre.
J.R.R. Tolkien |
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Dior
Modérateur général


Sexe: Inscrit le: 10 Aoû 2004 Messages: 3475 Localisation: Menegroth, deep under the sea
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Posté le: 03 Mai 2005 0:58 Sujet du message: |
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29 - D´après une lettre à Stanley Unwin, 25 juillet 1938
[Allen & Unwin avaient négocié la publication d'une édition allemande de "Le Hobbit" avec Rütten & Loening de Potsdam. Cette société écrivit à Tolkien, lui demandant s'il était "arish" (aryen) d´origine.]
Je dois avouer que la lettre ci-joint, de Rütten and Loening, est quelque peu rude. Souffré-je cette impertinence de par la possession d'un nom allemand, ou bien leurs extravagantes lois requièrent-elles un certificat d'origine "arish" de toutes les personnes de tous les pays ?
Personnellement je devrais être enclin à refuser de fournir un quelconque Bestätigung1 (bien qu'il se fasse que je le puisse), et laisser une édition allemande de côté. Dans tous les cas, je devrais fortement objecter à ce qu´une telle déclaration soit imprimée. Je ne considère pas la (probable) absence de la moindre goutte de sang juif comme nécessairement honorable; et j'ai beaucoup d'amis juifs, et devrais regretter de donner le moindre soupçon à l'idée que je puisse souscrire à l'entièrement malsaine et non scientifique théorie des races.
Vous êtes concerné en premier chef, et je ne puis hypothéquer les chances d'une édition allemande sans votre approbation. Dès lors, je vous soumets deux projets de réponses possibles.
Note :
- Allemand "confirmation"
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